L'annonce de l'Évangile est une oeuvre de miséricorde

L'annonce de l'Évangile est une oeuvre de miséricorde

Editorial de la revue Notre Eglise de février 2016 - n°67, par Mgr Marc Aillet

 

Nous sommes à peine sortis du temps de la Nativité, après la célébration du Baptême du Seigneur, que nous nous apprêtons déjà à entrer dans le temps fort du Carême, pour nous préparer à célébrer le Mystère pascal de Jésus, la victoire du Ressuscité sur le péché et la mort.

À vrai dire, passée la consolation légitime apportée par un spectacle aussi attendrissant, le nouveau-né de la crèche nous a déjà introduits dans le mystère de la passion et de la mort de Jésus, lui qui est venu chez les siens et que les siens n’ont pas accueilli, comme saint Jean le proclamait au matin de Noël dans le prologue de son Évangile. À l’instar des bergers, en attente d’un libérateur qui les délivrerait de leur condition de servitude, et à l’instar des mages venus d’Orient, espérant avoir trouvé le grand Roi dont ils avaient vu se lever l’étoile et qui remettrait de l’ordre dans le chaos du monde, nous sommes venus nous aussi à la crèche avec nos attentes et nos espérances : qui nous libérera du péché et de la mort ? Qui nous rejoindra dans les épreuves parfois insolubles de notre vie ? Qui apportera une solution durable aux menaces et aux tragédies qui affligent notre pays et le monde ? Si nous sommes venus humblement et avec foi à la crèche, acceptant de reconnaître nos impasses dans les limites du nouveau-né, prisonnier de ses langes et couché dans une mangeoire, alors celui qui est la lumière qui éclaire tout homme en venant dans ce monde nous aura illuminés Et, à condition de ne pas revendiquer nos solutions trop humaines, il nous aura donné la clé pour ouvrir la porte de la miséricorde et de l’espérance. Les bergers ne sont pas retournés à leurs troupeaux avec la certitude que leur situation peu enviable allait changer, mais leur cœur était profondément transformé ; de même les mages « s’en retournèrent dans leur pays par un autre chemin », et s’ils avaient cru naïvement que leurs richesses, leur pouvoir et leur savoir auraient pu contribuer à résoudre les problèmes sociaux, économiques et politiques du monde, ils s’en allèrent chez eux témoigner de Jésus et même, ils moururent martyrs, comme nous l’enseigne la tradition ! Croyons-nous le nouveau-né de la crèche et le crucifié du Golgotha assez puissant pour changer et guérir le cœur de l’homme et l’associer ainsi à la transformation de l’histoire ?

En cette année sainte, le Carême sera un moment particulièrement favorable pour approfondir le mystère de la Miséricorde, ultime limite imposée par Dieu au mal, en particulier par le moyen des œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde. Chaque mercredi, je proposerai une catéchèse sur les sacrements, signes efficaces de la Miséricorde du Père, à travers les ondes de Radio Lapurdi et disponible en vidéo sur le site diocésain. Des pro- positions à vivre en diocèse, en doyenné ou en paroisse vous seront faites et je vous invite à leur faire bon accueil. D’ores et déjà, je vous informe que le dimanche 13 mars à la Cathédrale de Bayonne, où nous célébrerons la fête de Saint-Léon, nous accueillerons deux évêques d’Orient, l’archevêque chaldéen de Kirkuk en Irak et l’évêque grec-melchite de Khabab en Syrie : ils viendront témoigner auprès de nous du sort tragique des chrétiens d’Orient qui méritent bien que nous continuions à nous mobiliser.

Je tiens aussi à vous annoncer que le « forum communion et évangélisation », sorte de plateforme d’initiatives missionnaires, se tiendra à Pau du vendredi soir 20 mai au dimanche après-midi 22 mai. C’est une belle opportunité à ne pas manquer qui est ainsi offerte aux prêtres et aux acteurs pastoraux de nos communautés chrétiennes pour échanger des idées et partager des expériences en vue de relever ensemble le grand défi de la mission : comment attester de notre foi dans un monde qui ne demande rien à l'Église ? L’avenir de nos communautés dépend de la réponse que nous saurons donner à cette question. Comme l’écrit le pape François dans La joie de l'Évangile : « Parfois, nous perdons l’enthousiasme pour la mission en oubliant que l’Évangile répond aux nécessités les plus profondes des personnes, parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Évangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel. [... ] L’enthousiasme dans l’évangélisation se fonde sur cette conviction » (n. 265).

† Mgr Marc Aillet

Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron