Au nom de Dieu et des religions… quels messages aujourd’hui ?

Au nom de Dieu et des religions… quels messages aujourd’hui ?

Retour sur la conférence organisée par Pax Christi – Bayonne sous la présidence du Cardinal Roger Etchegaray le 16 août 2016 en l'église saint Laurent de Cambo-les-Bains.

Écouter les interventions enregistrées par Radio Lapurdi Irratia :

- Mot d’accueil de Vincent Bru, maire de Cambo-les-Bains et conseiller général.

- Communiqué de Jean-Claude Petit, président de  l’association « Chrétiens de la Méditerranée » (lu par l’abbé François Esponde).

- « Jérusalem, cœur blessé de la descendance d'Abraham » par le Père Jean-Jacques Pérennès, dominicain, directeur de l’Ecole Biblique et Archéologique de Jérusalem.

- « Comment percevoir le discours des religions aujourd’hui ? » par Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, professeur à Sciences Politiques.

 

Compte rendu :

Placée sous la présidence du cardinal Roger Etchegaray et en sa présence, la conférence et les témoignages de Jean-Louis Schlegel et de Jean-Jacques Pérennès ont porté sur le fait religieux autour du bassin méditerranéen aujourd’hui.

Accueillis par le maire Vincent Bru et le curé Joakim Jauregui de saint Laurent de Cambo-les-Bains, le public est venu nombreux pour partager les témoignages de deux spécialistes internationaux des religions de la paix et des dialogues entre religions et cultures.

- Jean-Jacques Pérennès a rapporté plus de trente ans en terre arabe et musulmane, de l’Algérie, par le Caire en Egypte, en Irak et désormais à Jérusalem pour quatre ans à venir :

“Depuis 2001 et la guerre en Irak, l’actualité dramatique de ce pays a engendré la violence et la mort.

La référence au religieux au moyen orient subit une confusion, et un amalgame simplificatrice rendant l’actualité agressive.

Occident, Orient sont en situation obligée de s’apprendre entre eux dans une altérité positive fondée sur une humanité plurielle irréductible.

Ayant passé la majorité de ma vie hors de France et de ma culture originelle je crois souhaiter le rejet d’une vision universaliste de surface qui me rend confiant dans les autres mais pas optimiste par nature.

Aucun simplisme sur l’Islam ne peut répondre à notre conception de cette religion qui demeure encore pour beaucoup rivée à la conception du XIVème siècle par un déficit de connaissance que nous partageons à son sujet. Rencontrer les autres fut pour les dominicains présents en Orient depuis 800 ans une priorité de leur condition religieuse sur les pas de Massignon un auteur et un témoin modèle de cette adhésion a l’islam par une empathie de souffrance et de joie partagée avec des croyants fidèles au prophète Mahomet.

 La menace et la haine engendrées par l’islam politique et ses visages divers obligent à bien user du vocabulaire et du sens des mots.

Musulman, islamiste, salafiste et djihadiste ne sont pas de même connaissance et si le dialogue interreligieux se passait il y a trente ans sur un rapport euphorique, la relation inter religieuse a changé de profil aujourd’hui. La religion est malade de la post modernité car les mots pour se faire comprendre et dialoguer manquent. Ce défi reste commun entre les religions qui appellent une réelle attente de fraternité spirituelle bâtie sur le respect et la compréhension mutuelle !”

- Le professeur Schlegel évoque le texte ambitieux ajouté à Vatican II « Nostra Aetate, Notre Temps » :

« Les esprits ont évolué au cours de ces dernières décennies à propos des religions, jugées positives ou négatives et suspectes d’engendrer la violence ou l’hostilité.

Parfois la critique se fixe en opposition frontale.

D’autres jugent que les religions ne parviennent pas à se réconcilier avec le monde moderne, ses mœurs, sa morale et ses pratiques.

La liberté des modèles pluriels actuels génère une multitude de pratiques autonomes et personnelles déconnectées des hiérarchies spécifiques des communautés, au nom d’une liberté totale de croire ou de refuser de croire.

Cependant la violence de Daech a changé le rapport de chacun au fait religieux suivant une grille politique nouvelle  et rend la recherche religieuse de plus en plus actuelle chez des sujets peu versés jusque là dans ce débat.

Si tragédie et mort touchent des victimes non musulmanes, les crimes au nom de dieu blessent les musulmans dans leur grande majorité et trouvent parmi ces derniers les plus farouches opposants à ces actes inqualifiables et génocidaires...»

- Le Cardinal Etchegaray observateur attentionné au cours de cette rencontre a remercié les conférenciers et les autorités locales par quelques mots :

« Seul Dieu bénit l’homme et ses œuvres, seul Dieu partage notre condition quotidienne, il nous demande de témoigner par nos vies », et d’un geste affectueux à chacun a dit : « A Dieu et merci ».

« Le plus jeune d’entre nous » a souligné le Professeur Schlegel en fixant le nonagénaire : « Heureux de partager ce rendez-vous ! »

Abbé François Esponde.

Contact : esponde-latsaa@orange.fr

 

 

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