Repartir par un autre chemin - édito de "Notre Eglise" de février 2017

Le temps de Noël s'est achevé cette année avec la solennité de l'Epiphanie, c'est-à-dire avec la première manifestation de Jésus Sauveur aux nations païennes, représentées à la crèche par les Mages venus d'Orient. La tradition liturgique associe à l'adoration des Mages deux autres signes : le baptême de Jésus au Jourdain et les noces de Cana. 

 

À la première manifestation de Jésus au tout début de sa vie terrestre, font écho ces deux manifestations placées respectivement par les synoptiques et saint Jean au début de son ministère public, alors qu'il inaugurait sa mission de Salut. Ces signes annoncent que le Mystère du Salut continue de se manifester dans nos vies à travers les sacrements, principalement de baptême et d'Eucharistie, mystérieusement préfigurés par les événements du Jourdain et de Cana.

Nous retournons au temps ordinaire, c'est-à-dire à notre vie quotidienne, confortés par les sacrements : dans l'Eucharistie, nous reconnaissons et adorons celui qui a le pouvoir de nous transformer au plus intime de nous-mêmes. Dans le sacrement de Réconciliation, nous sommes renouvelés dans la grâce du baptême et disposés à participer de manière toujours plus active, consciente et fructueuse à l'Eucharistie, jusqu'à donner à toute notre vie une forme eucharistique.

Nous sommes aussi invités à quitter la crèche, rendue présente dans la mangeoire eucharistique de chacune de nos messes, "par un autre chemin", à l'instar des Mages.

Tout laisse à penser que ces Mages, venus mettre leur or, leur savoir et leur personne au service de ce grand Roi qui venait de naître et dont ils attendaient qu'il remette de l'ordre dans le chaos du monde, ont été transformés intérieurement par le nouveau-né de la crèche.

En retournant dans leur pays lointain, la tradition atteste qu'ils ont été les premiers missionnaires, les premiers témoins, et même les premiers martyrs de l'Evangile.

L'Epiphanie est une fête éminemment missionnaire. Nous aussi, nous sommes appelés à une conversion missionnaire urgente, en ayant le courage de quitter nos sentiers battus.

Quand le malaise exprimé par un groupe de prêtres, et qui sera ressaisi par le Conseil presbytéral (c'est même l'ordre du jour de sa prochaine séance), sera surmonté, nous reviendrons tous, prêtres et laïcs, au cœur de cible de notre mission : une Église recentrée sur le Christ en sortie missionnaire !

Car nous ne saurions nous accommoder de la situation présente, dans une société, y compris au Béarn et au Pays basque, où la culture n'échappe pas à des "colonisations idéologiques" ( Pape Francois) particulièrement préoccupantes : les jeunes ne se marient plus, la foi peine à être transmise dans les familles, le nombre d'enfants catéchisés est en constante diminution, les jeunes désertent nos assemblées, malgré quelque sursaut d'espérance les vocations sacerdotales et religieuses ont bien du mal à éclore dans nos communautés locales, les noviciats de nos congrégations religieuses sont souvent fermés, et l'immense majorité des habitants de notre département ne se sentent pas concernés par ce que nous vivons au sein de nos communautés. Même s'il faut saluer l'engagement de nombreux chrétiens dans l'associatif et le caritatif qui demeure une belle présence de l'Eglise dans la société.

Le défi et l'urgence de la mission, c'est le défi d'une nouvelle fécondité que nous demanderons au Seigneur en ce début d'année.

Puisse notre projet de jumelage avec le diocèse de Kara au Togo nous stimuler dans ce sens.