Béarnais de coeur, évêque du monde

Béarnais de coeur, évêque du monde

Le 11 janvier 2015, Mgr Robert Sarrabère fêtait ses 40 ans d’ordination épiscopale. Ancien évêque d’Aire et Dax, il a vécu les années délicates d’après concile et n’a eu de cesse de remplir sa mission d’évangélisation.

photo prise chez lui à Billère en janvier 2015

 

Le pic du Midi d’Ossau, et la constellation de la Croix du Sud. Ces deux symboles qui figurent sur son blason résument bien Mgr Sarrabère : béarnais « cap e tot », né à Argagnon près d’Orthez et attaché à son pays, mais le cœur ouvert au monde. Ce sont sans doute ses premières années de vie au Vietnam et en Algérie –son père était officier de la Légion étrangère- qui lui ont donné ce goût pour la mission. « L’évangélisation dans le monde est constitutive du ministère épiscopal, explique-t-il. C’est ce qui donne du sens à un ministère dans un diocèse ».  De fait, sa devise : « Pour le service de l’Evangile »,  l’a accompagné durant ses vingt-sept années à l’évêché de Dax, un diocèse qu’il a voulu missionnaire avec de nombreux prêtres ordonnés pour la mission, et qu’il est allé soutenir aux quatre coins du monde, gardant des liens avec les évêques sur place, et un attachement particulier au Vietnam.

Parallèlement à sa charge d’évêque, Mgr Sarrabère a en effet été responsable de la pastorale du tourisme en France, et membre du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants pendant dix ans, avant d’être évêque accompagnateur pour la Délégation catholique pour la coopération.

Ordonné prêtre en 1950 à la cathédrale de Bayonne, il a été vicaire à Nay et à Pau (avec son oncle le chanoine Jean-Marie Rocq, archiprêtre de Saint-Martin de Pau, une figure qui l’a marqué dans sa vocation), puis curé de Nay  (« une paroisse chère à mon cœur ! ») avant d’être vicaire général du diocèse de Bayonne sous Mgr Vincent jusqu’en 1975.

Affermi par des liens familiaux très forts, proche des jeunes -il a lancé la JIC (Jeunesse Indépendante Chrétienne)en Béarn et a accompagné de nombreux groupes aux différentes JMJ-, Mgr Sarrabère a été en charge de mettre en musique l’après-concile, avec tout ce que cela a pu avoir de difficile et de passionnant, s’appuyant sur l’exhortation apostolique  de Paul VI « Evangelii nuntiandi » qui lui a appris à aimer le monde te qu’il est. L’évêque s’est attelé à plusieurs chantiers durant ses années à la tête du diocèse des Landes : évangéliser en rejoignant les gens là où ils sont, former les prêtres et les laïcs, recomposer les paroisses, et encourager les vocations, « pas seulement sacerdotales : la vocation c’est l’appel du Seigneur pour chacun ». Sur la sienne, née alors qu’il était enfant, il n’a jamais eu de doute. « Je ne me suis pas trompé de route car le Seigneur ne m’a pas trompé » analyse-t-il.C’est sans doute ce qui a fait dire à Jean-Paul II, qu’il a bien connu, s’adressant à la délégation landaise qu’il accompagnait en 1980 : « Vous avez un évêque heureux ! ».

 

Violaine Ricour-Dumas, article paru dans Notre Eglise n°56 de février 2015