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Décès de M. l'abbé Jean-Michel Saint-Esteben

Décès de M. l'abbé Jean-Michel Saint-Esteben

Nous apprenons avec tristesse le décès de l'abbé Jean-Michel Saint-Esteben à l'âge de 65 ans, originaire d'Hasparren et ancien aumônier militaire du 1er RPIMA. Les obsèques auront lieu mardi 21 mars à 15h30 en l'église d'Hasparren.

 

Né le 8 janvier 1952 à Hasparren, il a été ordonné prêtre le 1er juillet 1979. Nommé au sous-secteur de Bayonne Saint-Etienne, diacre de la paroisse Sainte-Croix le 8 avril 1979. Vicaire de la paroisse Sainte-Croix de Bayonne, il a assuré l’aumônerie militaire du 1er RPIMA en 1983. Le 5 juin 1991, il a été autorisé à se mettre au service du diocèse aux Armées françaises. Il est décédé le 17 mars 2017.

 

Voici l'homéile prononcée par M. l'abbé Dominique Cornu lors des obsèques :

"Il y a 4 ans, quand cette terrible maladie dont on a du mal à prononcer le nom a atteint le corps de Jean-Michel, il a mis par écrit quelques directives concernant ses obsèques, notant les deux textes bibliques que nous venons d’entendre et celui qui devait les commenter, en ajoutant « pas de panégyrique ». Et il devait penser « ils ont intérêt à m’obéir ».

Jean Michel a choisi le texte de St Jean qui relate le lavement des pieds des apôtres par Jésus, le soir du jeudi saint… Lui qui a continué jusqu’à bout à approfondir la Bible, en participant avec d’autres prêtres, religieuses laïcs au CAPCO, cycle d’approfondissement, savait que dans l’évangile de Jean le lavement des pieds est à la place de l’institution de l’eucharistie relatée dans les trois autres évangiles. Le Christ serviteur, c’est celui que Jean-Michel a choisi de servir comme prêtre depuis son ordination ici, dans cette église le 1er juillet 1979, en même temps que Michel Cartatéguy actuellement archevêque émérite du Niger et qui se joint à nous par la prière dans l’amitié. Le Christ serviteur : pendant 7 ans dans la paroisse Ste- Croix, Jean-Michel en a été le serviteur fidèle avec l’ACE, la JOC, l’ACO et tous ses liens tissés par l’équipe de trois prêtres originaires d’Hasparren que nous formions ensemble : tant de relations avec d’autres prêtres, les religieuses, les fidèles laïcs de tous âges, de toute race, de toute culture et déjà, grâce à Jean-Michel, tant de familles de militaires, avec les joies et les peines et les deuils causés par les conflits à travers le monde… Jean-Michel homme de la parole de Dieu qu’il commentait toujours d’une manière brève, imagée, avec souvent une allusion à la montagne, lieu de loisirs et, dans la bible, lieu de la rencontre de Dieu. Qu’aujourd’hui, le Seigneur devenu serviteur l’accueille au sommet de la montagne de la vie terrestre, après ces dernières années de souffrance, dont il parlait peu, tellement il était habitué à rester « secret » sur ce qu’il faisait en opération au loin et ici en manœuvre. Un jour d’hiver, avec une religieuse et une catéchiste nous l’avons accompagné sur un terrain de manœuvre et au départ de la place des Gascons, il n’a pas voulu nous dire « où nous allions ». « Tu suis le chemin que je t’indique »… Que le Seigneur qui le connaît dans le « secret » lui révèle pleinement la famille des sauvés où il retrouve tant de militaires, de familles, et aussi les membres de sa famille qu’il aimait tant.

Puis il a choisi le texte de la lettre aux Corinthiens que nous appelons « l’hymne à l’amour. Ce texte est souvent choisi au moment du sacrement de mariage et Dieu sait combien Jean-Michel aimait célébrer le mariage des « gars »… D’ailleurs membre du diocèse aux Armées, il n’avait aucune délégation à demander aux prêtres des paroisses. Un jour nous avions remarqué que dans ce texte, il y a 15 phrases sous la forme identique : sujet et verbe : l’amour prend patience, l’amour rend service, il ne se gonfle pas d’orgueil, etc., l’amour ne passera jamais. On pourrait essayer de vivre chaque jour une phrase, pendant 15 jours et puis recommencer.

Jean-Michel aimait les militaires, leurs familles, il a su aussi les accompagner sur les chemins de la paix dans la justice. Il vous aimait chaque jour. Que d’opérations auxquelles il a participé… Il savait faire le lien avec les églises locales, les chrétiens d’autres cultures, il savait que la vie de chaque personne a du prix aux yeux du Seigneur. Il avait bien intégré ce qu’un général avait dit aux aumôniers : «Il faut respecter les droits de l’homme ».  « Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde ». Il l’avait appris dans sa famille, à Hasparren, où il a travaillé en usine pendant un an, après l’armée. Il l’a vécu avec les mouvements d’action catholique, et surtout dans sa fonction d’aumônier militaire à Bayonne, Castres, Pau, Carcassonne. Il a même eu des responsabilités régionales mais il n’aimait pas beaucoup cette fonction, les grades dans l’armée oui, mais pour les autres ; les médailles, les décorations oui, mais dans la discrétion et jamais pour écraser les autres…

Qu’aujourd’hui le Dieu d’amour l’accueille dans la paix véritable, dans l’amour qui traverse la mort jusqu’à la lumière de la résurrection : c’est notre espérance et notre prière.

Enfin je me rappelle cette homélie prononcée ici un premier janvier où Jean-Michel avait raconté toutes les eucharisties célébrées avec les militaires, dans presque le monde entier : parfois, les fusils braqués sur lui, ; les eucharisties avec les prêtres et les évêques des pays en guerre ; en manœuvre et même dans un trou où il célébrait le Christ et même faisait frire des piments de son jardin, ce qui était aussi une passion communicative : il donnait des conseils, distribuait des plans, greffait des arbres fruitiers, donnait un coup de mains aux personnes âgées… La table ouverte, la table de l’Eucharistie avec des ornements offerts par tant de communautés d’Afrique, particulièrement les religieuses (il a sur lui l’étole brodée dans une communauté de Centre Afrique). L’eucharistie source et sommet de la vie chrétienne et la mission, Jean-Michel l’a vécue. Malheureusement la maladie a livré un combat qui l’a secoué, diminué, et jeté à terre, lui qui a aidé tant de personnes à se relever. Lui qui était si sportif, si fort… Une anecdote : un jour dans l’église Ste-Croix une lampe avait grillé, mais en hauteur et pour la changer il aurait fallu faire entrer une grue dans l’église. Jean-Michel envoie un gros fil qui met en place une corde, Jean-Michel monte en rappel et change l’ampoule… Il paraît que depuis lors on a refait le circuit électrique car les prêtres alpinistes se font rares…

Jean-Michel nous laisse l’image de quelqu’un qui a refusé la maladie. Il avait tout prévu depuis 4 ans, après, on n’en parle plus… « Et toi, qu’est-ce que tu racontes ? » demandait il aux visiteurs.

Que cette eucharistie nous permette à notre tour de recevoir le pain de la route, le Corps du Christ, sauveur de tous les hommes, source de vie, de bonheur et de mission. Jean-Michel laisse un sillon à prolonger. Les plantations vont pousser, la paix refleurira et un jour, la mort sera vaincue pour chacun de nous. Aujourd’hui, entrons dans une nouvelle relation avec Jen-Michel, votre frère, beau-frère, oncle, grand-oncle, cousin, notre compatriote, notre collègue prêtre, « votre padre ».

J.Michel hire biziak ukan ditik gora beharrak, azken urte hautan, osagarriaren gatik ; ez haiz lotsatu, maiz bester pentsatuz, hire burua ahantziz, orai, ago bakean, lur huntako gerlak eta katastak hiretzat bururatuak dituk. Ikus arte, J.Michel Etchechuri, ez adiorik, ikus arte Jauna baitan, ez hautugu ahantziko, kondatuz ixtorio ainitz, otoitzean eta bestekin hartuz esperantza. Goraintzi familiari, lur huntarik joan direneri… Hago betiereko bakean. Amen".

 

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