Visite pastorale à la paroisse St-Jean-Baptiste de Basse-Soule - Mauléon Du 16 au 20 Octobre 2013

Du 16 au 20 octobre 2013, Monseigneur Marc Aillet était en visite pastorale à la paroisse St-Jean-Baptiste de Basse-SouleMauléon

 

Un programme dense et varié.

 

Comment pouvait-il en être autrement dans cette paroisse aux 32 clochers ? Si le mercredi fut consacré à la rencontre des nombreux enfants catéchisés, nous poussions jusqu’à Esquiule pour admirer le remarquable travail de restauration des peintures intérieures de l’église. L’après midi place au monde de la santé avec l’eucharistie célébrée à la maison de retraite. Le goûter fut l’occasion de saluer chacun et de faire connaissance avec le nouveau directeur de l’Hôpital et le grand projet de restructuration du futur pôle de santé de Soule .

Le soir la rencontre avec les élus donna à notre Evêque une vision d’ensemble du territoire  avec ses atouts et ses faiblesses, ses inquiétudes et ses espoirs.

La prière du matin et un temps de méditation à l’église de Mauléon inauguraient chacune des journées où l’occasion fut donnée aussi à Mgr de découvrir trois églises à caractère dans la paroisse pour les concélébrations des messes : l’église Notre Dame de la Haute Ville à Mauléon qui fut cathédrale lorsque Mgr Salet de 1378 à 1419 puis Mgr Regin de 1562 à 1599 devant fuir Oloron s’y réfugièrent quelques années, l’église romane d’Ordiarp, et l’église St Martin d’Espès « notre Sixtine de Soule » et son magnifique plafond récemment retrouvé.

 

Richesse des visites et des rencontres.

 

Dans ce territoire rural où l’agriculture tient une place importante ce fut la fromagerie des chaumes qui accueillit Mgr et des membres du conseil pastoral pour une visite de ses installations. C’est sur le site de Viodos qu’est d’ailleurs fabriqué le fromage de Belloc avant qu’il ne soit affiné au monastère. Pour ce qui est de la filière ovine et bovine, c’est la coopérative Axuria et les abattoirs qui nous ouvrirent leurs portes.

 

 

 

Mais le monde industriel n’est pas en reste sur Mauléon avec plusieurs unités industrielles qui montrent le dynamisme de ce pays et l’envie des jeunes générations de relever le défi de l’entreprise, comme par exemple le groupe Lophitz (milieu aéronautique) parti de rien voilà 10 ans et qui aujourd’hui emploie 177 personnes…

 

L’enseignement catholique aussi a sa place sur le territoire : école primaire Jeanne d’Arc, collège-lycée St François et Lycée Agricole de Soule « Bixta Eder » ou LARPS. Si ce dernier surfe sur le succès de la filière animalerie et soins à la personne (sur 350 élèves il compte 250 internes venant de toute la région) les autres établissements se battent pour maintenir des effectifs ou attirer de nouveaux élèves dans un paysage démographique peu propice… Il est vrai et cette visite pastorale l’a confirmé, Mgr montre un réel intérêt à la survie de ces établissements et met toute son énergie et celle de ses équipes pour les soutenir. Et pour tout ce petit monde l’Association Pitzgarri est là au service de la pastorale des enfants et des jeunes de Soule, de l’ACE aux Kms Soleil, de l’accompagnement aux sacrements aux aumôneries, des clubs théâtre aux camps en Soule ou avec la pastorale des jeunes du diocèse.

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Grand en étendu, petit par sa population, ce territoire a du cœur et les souletins savent le montrer en n’hésitant pas à mettre leur énergie en commun et accompagner celles ou ceux qui restent sur le bord du chemin. Magnifique aventure de « L’épicerie sociale », œuvre de la collaboration entre la Croix Rouge, le Secours Catholique, les Restos du Cœur, et les services sociaux de la ville et du département…

 

Et si la Soule m’était contée.

 

Mais venant en cette saison automnale, Mgr ne pouvait manquer de découvrir le monde de la chasse et plus particulièrement les filets du Col d’Osquich et son équipe de chasseurs… ce jour là perçant le brouillard quelques oiseaux bleu ont bien frolé ces filets… Autre activité symbole de Mauléon, l’espadrille. Alors certes Mauléon a beaucoup perdu dans les années 70-80, mais Mauléon a su rebondir… elles ne sont plus que six entreprises mais elles ont su se repositionner et aujourd’hui elles tirent leur épingle du jeu et sont confiantes en l’avenir … Histoire, culture et patrimoine, ce fut aussi le thème de cette soirée qui aura marqué cette visite « Vraiment, ce soir, j’ai senti l’âme de la culture basque » dira Mgr Aillet.

Une Eglise au cœur des réalités.

 

Rencontrant les chrétiens engagés dans les divers services de la paroisse, Mgr les encouragera à poursuivre leur mission d’annonce de l’Evangile, soulignant ce sentiment d’être dans un pays où la foi fait encore partie du paysage, où les diverses composantes du tissu humain se croisent. L’Eglise y a sa place, y compris dans les médias locaux, et ne doit donc pas hésiter, dans le respect de chacun, à continuer à proposer de vivre cette rencontre personnelle avec le Christ, y compris dans le sacrement de réconciliation.

 

Au cours de la messe d’action de grâce, Mgr commentait cette phrase de l’hymne à Jean Baptiste écrite à l’occasion de la constitution de la nouvelle paroisse en 1998 « Jondane Johane begir’ezazü aiteen fedia  ( garde la foi transmise par nos ancêtres ) »  pour l’adapter au monde d’aujourd’hui. Il est vrai que cette messe d’envoi correspondait avec le dimanche des Missions dont le thème était « L’Evangile pour tous, j’y crois ». Un dernier moment de convivialité avec les paroissiens et Mgr partait installer le nouveau curé de Navarrenx, alors que beaucoup se retrouvaient au Stade Marius Rodrigo pour encourager la valeureuse et jeune équipe de rugby du SAM qui vit son retour en fédérale 1. Mgr en gardera un souvenir : le maillot du club est arrivé à l’évêché, et a ainsi rejoint les espadrilles « collector » qui lui ont été offertes…

 

Un temps d’encouragement.

 

Par cette visite pastorale notre évêque a honoré le territoire souletin en allant à la rencontre de celles et ceux qui le font vivre et lui donnent son âme aujourd’hui. Des  échanges riches, vrais et francs l’ont habitée. Certes comme partout des défis sont à relever, mais beaucoup se sont sentis encouragés par la « visitation » de leur évêque.

 

A l’issue de ces cinq jours de « classe découverte » , comme lui dit un enfant, voici ce qu’il déclarait « J’ai découvert la richesse et l’homogénéité culturelle de la vallée, l’importance de son réseau associatif, la solidarité et l’esprit d’entreprises de ses habitants. J’y ai beaucoup apprécié les échanges amicaux que nous avons eu durant mon séjour et le langage de vérité des personnes rencontrées ».

 

L’abbé Philippe Haristoy, curé de la paroisse.