15 août: fêtons l'Assomption de la Vierge Marie !

15 août: fêtons l'Assomption de la Vierge Marie !

   Le 15 août, l'Eglise catholique célèbre l'Assomtion de la très sainte Vierge Marie.

 Cette fête manifeste solennellement qu'au terme de sa vie terrestre, « la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort » (Pie XII le 1er novembre 1950).

 

D’où vient cette fête ?

     Le 1er novembre 1950 le vénérable pape Pie XII proclamait le dogme de l’Assomption de Marie en ces termes : « (…) Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie, toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ».

     Contrairement à une opinion répandue, ce n’est pas une originalité issue de l’imagination du pape ou d’une « commission » irresponsable extrapolant la révélation contenue dans les saintes Ecritures. En fait, depuis deux millénaires, la foi chrétienne avait intégré cette vérité et, comme le précise le pape, « tous ces arguments et considérations des saints Pères et théologiens reposent sur l’Ecriture comme sur leur dernier fondement. (…) Comme la glorieuse résurrection du Christ fut une partie essentielle et le dernier trophée de la victoire, ainsi fallait-il que le combat livré par la Vierge Marie unie à son Fils se terminât par la glorification de son corps virginal ».

     L’Orient, dès le Ve siècle à Jérusalem, et l’Occident, un siècle plus tard, célébraient l’Assomption de Marie soit le 15 août pour le premier soit début janvier pour le second. Le mot « assomption » apparait pour la première fois dans le sacramentaire d’Adrien composé en 770. Il remplace peu à peu en Occident le mot « dormition » qui sera conservé par l’Orient chrétien.

     Nous devons à un roi, Louis XIII, dont la piété mariale était très vive, le développement de cette fête dans notre pays, et, d’une certaine manière, au-delà. Le 10 décembre 1637 il décide de consacrer sa personne et son royaume à la Vierge. Une procession est prescrite dans toutes les églises. Cette consécration est renouvelée par Louis XIV en 1656 et par Louis XV en 1736. « Nous déclarons que, prenant la Très Sainte et Très Glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et nos sujets, la suppliant de vouloir nous inspirer une sainte conduite à défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de ses ennemis que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte pas des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire » (extrait de la consécration de Louis XIII).

     En mars 1922, le pape Pie XI désigne la Vierge Marie dans son Assomption comme patronne principale de la France.

 

Pourquoi fêter l’Assomption ?

« Une femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Cette évocation du livre de l’Apocalypse (12,1) nous dit l’essentiel de cette fête de l’Assomption. Nous célébrons dans la joie les merveilles que Dieu a accomplies dans le corps, l’âme et toute la vie d’une femme pleinement femme : Marie.  En elle s’unissent le ciel et la terre ; en elle Dieu se fait homme et son « Fiat », le oui de tout son être à la volonté du Seigneur ouvre un chemin de lumière pour toute l’humanité. Elle est à la fois en avant, la première à entrer dans la gloire de son Fils Ressuscité et aussi la plus proche de notre humanité, de chacun de nous. C’est ce qui explique son extraordinaire succès. Partout elle est invoquée, partout elle est vénérée. Peut-on penser un instant qu’elle soit un obstacle entre le Christ et nous ? C’est tout le contraire. Jésus envoie sa Mère régulièrement pour avertir le monde. Il n’y a rien d’étonnant à ce que la Vierge apparaisse en divers endroits, rappelant sans cesse l’essentiel du message de Foi : charité, conversion, prière. Jésus sait, d’une expérience personnelle unique, que le Cœur Immaculé maternel de Marie est à même de conduire le genre humain sur des chemins plus conformes à l’Evangile. Au commencement, Dieu a voulu avoir besoin de Marie pour réaliser l’Incarnation de Son Fils. Aujourd’hui, Il a encore besoin d’elle pour que s’accomplisse et s’amplifie l’œuvre rédemptrice du Sauveur.

     En deux mille ans, à de multiples occasions, les papes, les conciles, les grands théologiens et spirituels de l’Eglise, les saints, ont unanimement exalté les vertus de Marie et son rôle éminent dans la réalisation du Salut s’accomplissant en Jésus-Christ. La servante du Seigneur que tous les âges diront bienheureuse n’est pas un souvenir du passé que l’on aime évoquer par nostalgie. Elle est bien plutôt, parce qu’elle a cru, promesse d’avenir, promesse de vie. Entrée dans l’éternité glorieuse avec son corps, elle franchit ainsi l’étape définitive du processus de régénération de toute l’humanité. Le corps ressuscité de Jésus, le corps préservé de Marie et notre propre corps appelé à la Résurrection de la chair. Quand nous mourrons, nous ne serons pas perdus dans l’infini. Mais en Jésus et Marie nous serons totalement nous-mêmes sans peine ni entrave, pleinement réalisés, pleinement accomplis... et alors seulement nous pourrons goûter la force invincible du véritable amour divin. 

 

                                                           Abbé Pierre Boyer, "Notre Eglise" d'août-septembre 2011