Des « moments de bonheur »

Une pèlerine handicapée nous raconte son pèlerinage diocésain avec l’Hospitalité Basco-Béarnaise.

par Germaine Seyllan, résidente à la maison de retraite d’Osteys à Bayonne

Totalement dépendante du personnel soignant pour tous les actes de la vie depuis mon accident (1), j’ai longuement hésité avant d’accepter l’invitation d’un membre de l’Hospitalité Basco-Béarnaise à participer au pèlerinage diocésain.

 

L’accueil. Ce 20 septembre, après un trajet en car-ambulance, me voilà à l’Accueil Notre-Dame, lieu de notre logement à Lourdes, et là, en quelques minutes, je suis complètement rassurée et même « sidérée » par cette organisation.

 

Les hospitaliers qui me mettaient au lit ou sur mon fauteuil, celles qui me faisaient ma toilette ou les jeunes qui venaient me voir ou m’aidaient pour mon repas, tous prenaient le temps : j’ai pu parler, être écoutée.

 

Tout au long de ces quatre jours, j’ai eu la sensation que cette «  Année de la foi », que j’avais essayé de vivre seule à Osteys ou avec quelques amis ou parents, j’avais la chance de la vivre en Eglise diocésaine, avec des jeunes, des moins jeunes, des malades, des bien-portants : en Eglise.

 

Ce moment où nous sommes passés sous la Porte, les processions mariale et eucharistique, la messe diocésaine ont été des moments de bonheur. Pour une fois, à Lourdes et avec les hospitaliers, les malades ont une bonne place, ils y voient, ils sont devant.

 

Les rencontres. Celles avec les jeunes qui ont été au centre de ma vie professionnelle dans l’enseignement. Avec eux, j’ai parlé de tout, de leur avenir : pour l’une, devenir médecin, pour l’autre, l’incertitude encore. Mais tous, heureux d’être écoutés et de bavarder. Les rencontres avec les hospitaliers ou les hospitalières, les rencontres le dimanche avec ceux de ma paroisse qui étaient eux aussi en pèlerinage ou avec ceux, nombreux qui m’avaient rencontrée au cours de ma vie professionnelle et qui m’ont reconnue. Ce furent chaque fois des moments de bonheur.

 

Les moments de détente. Merci aux acteurs de la veillée du dimanche soir dans les étages de l’Accueil et aux jeunes qui l’ont si bien animée. Depuis longtemps, je ne m’étais pas couchée aussi tard.

 

J’ai apprécié au cours de ce pèlerinage la place faite à ceux qui débutent ou aux jeunes. Depuis les fillettes du « Pélé sourire » (2) qui méritaient bien leur nom, aux lycéens aimables, serviables et amusants, aux nouveaux hospitaliers qui ont prononcé leur engagement le dimanche (moment très émouvant), l’Hospitalité semble se soucier de demain.

 

Revenue à Osteys, pas fatiguée, et la tête pleine d’images, je voudrais bien que d’autres se décident et viennent en 2014 partager ces moments magnifiques.

 

(1) Après une chute qui a occasionné des fractures aux cervicales, elle ne peut bouger que la tête et un peu la main droite.

(2) Nouveauté cette année : six jeunes de 7 à 10 ans, enfants ou petits-enfants d’hospitaliers, ont participé au pèlerinage durant quatre jours avec leurs parents. Ces enfants, voyant leurs parents partir chaque année à Lourdes, ont manifesté le désir de les suivre.