Précisions au sujet du retour du dais épiscopal dans le choeur de la Cathédrale

Précisions au sujet du retour du dais épiscopal dans le choeur de la Cathédrale

La presse locale s’est fait l’écho du retour du dais épiscopal dans le chœur de la cathédrale de Bayonne. Les faits relatés appellent une réponse, sans polémique.

D’ailleurs « la DRAC[1] n’a pas souhaité commenter l’épisode ». Mais des précisions s’avèrent nécessaires pour donner un juste éclairage à cet épisode.

Cette affaire nous place au cœur des relations entre l’affectataire de la cathédrale (Clergé) et le propriétaire (Etat).  La loi précise clairement : « Le curé affectataire organise librement la disposition des meubles pour les besoins de la liturgie. Cependant, il ne peut déplacer les objets mobiliers classés sans l’accord de la DRAC[2]. »

Le dais épiscopal, n’est pas classé, donc l’évêque peut le déplacer. Ce dernier avait cependant consulté la DRAC.  Les réserves de la DRAC, invoquées dans l’article, pour suspendre son retour dans le chœur, tenaient à la fragilité du dais.

Suite à la réponse de Mr Littardi citée dans l’article, l’évêque a formulé une 2ème demande restée sans réponse. Aussi, usant de son droit d’affectataire, après avoir prévenu les instances de la DRAC Bayonnaise, et avec le soutien de la Commission Diocésaine d’Art Sacré, le retour du dais a été programmé.

Une entreprise de déménagement a réalisé l’opération avec soin, consciente de la valeur et de la fragilité de ce meuble. Son état expertisé vendredi dernier par la DRAC a permis de constater que ce transfert avait été fait avec précaution. On ne peut nier que ce retour dans le chœur protègera le Dais épiscopal de l’humidité dans laquelle il était plongé, depuis des années,  dans la chapelle des prébendés.

Après l’expertise réalisée vendredi, la DRAC envisage même de budgétiser sa restauration.

Il convient ensuite de préciser que ce retour du dais a été pensé dans un plan d’ensemble de réaménagement du chœur. Il se veut en cohérence avec la restauration actuelle du  déambulatoire et des chapelles absidiales, œuvre maitresse du peintre Auguste Steinheil (1814-1885). On s’est appuyé sur le constat établi, il y a quelques années, par la Conservation régionale des Monuments historiques : « Œuvre maitresse de Steinheil, ce décor témoigne, avec le mobilier du chœur, d’un moment important de la résurrection et de la vie du monument, moment qui doit être à tout prix perpétué. »

Déjà, dans l’après-concile, en 1973, le clergé souhaitait réaménager le chœur et envisageait même la disparition du maître-autel, et du ciborium ! La Commission Supérieure des Monuments Historiques consultée, se déclarait pour sa part « favorable au maintien de l’ensemble auquel il faut ajouter le trône épiscopal et le dallage du chœur»

En effet, ce dais est considéré comme « une œuvre d’art remarquable » inspirée - comme le ciborium - des motifs de la Sainte Chapelle à Paris. Signalons aussi en parallèle, quel’actuel Cérémonial des Evêques indique, au sujet de la cathèdre : « On conservera avec soin les véritables œuvres d’art léguées par les siècles. »

Le retour du dais épiscopal s’inscrit donc dans cette volonté de préservation du mobilier néogothique du chœur pour lequel il a été pensé, en parfaite harmonie avec le nouvel écrin du déambulatoire.

En 2004, le dais épiscopal avait cédé la place à la cathèdre actuelle, lorsqu’un mobilier liturgique contemporain, œuvre du sculpteur Dominique Kaeppelin fut installé : cathèdre, ambon, autel, bancs et les sièges des célébrants. Cet ensemble reste en place, seule la cathèdre est remplacée : la cathèdre actuelle deviendra le siège du célébrant.

« L’irritation » présumée de la DRAC, laisse place aux préoccupations communes des Services du Patrimoine et du Clergé pour répondre aux exigences cultuelles et à l’embellissement de notre cathédrale. L’expertise du dais menée vendredi dernier à la cathédrale, a permis de clarifier les positions et de poursuivre la concertation entre la DRAC et le Clergé. Dans ce sens, Mme Adeline Rabate, Conservatrice régionale des Monuments Historiques doit bientôt rencontrer notre évêque, pour le tenir informé de l’ensemble des restaurations entreprises dans la cathédrale.


[1] Direction Régionale des Affaires Culturelles

[2] La police du culte dans les cathédrales, Fiche n°11, 2014. N°3 : l’Aménagement du mobilier pour la liturgie.