La méditation du jour de Mgr Aillet - Mercredi 18 mars 2020

La méditation du jour de Mgr Aillet - Mercredi 18 mars 2020

« Qu’as-tu fait des promesses de ton baptême »

Nous faisons mémoire aujourd’hui de Saint Cyrille de Jérusalem, dont on connaît les fameuses catéchèses baptismales qui rendent compte, au IV° siècle, de la préparation des catéchumènes au baptême, à la confirmation et à l’Eucharistie. Le Rituel de l’Initiation Chrétienne des Adultes (RICA) en a retrouvé les accents. C’est l’occasion pour nous de prier pour nos catéchumènes, pour qui nous avons célébré les appels décisifs, le premier dimanche de Carême. Dans les circonstances actuelles, leur ultime préparation est chamboulée et la célébration des sacrements de leur initiation chrétienne, lors de la prochaine Vigile pascale, incertaine. Nous prions le Seigneur de les assister particulièrement dans ces moments de combat spirituel.

La liturgie de la Parole de ce jour nous rappelle l’importance que Jésus accorde aux dix paroles de l’Alliance que Dieu a instaurée avec son Peuple. Il n’est pas venu pour abolir la Loi ou les Prophètes, mais accomplir (Mt 5, 17-19), c’est-à-dire porter à leur accomplissement des exigences de justice que nous ne saurions mettre en pratique dans notre vie, sans le don de l’Esprit Saint qu’il promet à ceux qui croient en lui.

Pour autant les dix paroles de l’Alliance, promulguées par Moïse sur le Mont Sinaï, demeurent toujours d’actualité. Elles sont même présentées, dans le livre du Deutéronome, comme constitutives de l’identité du Peuple de Dieu : « Ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces décrets, ils s’écrieront : ‘Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation !’ Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous, chaque fois que nous l’invoquons ? » (Dt 4, 6-7).

Permettez-moi d’appliquer ces paroles à notre pays, la France, dont l’histoire nous confirme l’élection et la mission célestes. Combien de fois le Seigneur est-il intervenu pour la sauver, aux heures les plus sombres de son histoire ? Et j’entends résonner, à 40 ans de distance, l’interpellation de saint Jean Paul II, lors de sa première visite apostolique dans notre pays : « Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger : France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, Fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit » (Homélie du Bourget – 1er juin 1980).

Le fléau qui s’est abattu sur notre pays et qui se propage dans le monde entier pourrait bien être pour nous une occasion providentielle de revenir à l’essentiel de notre alliance avec la Sagesse éternelle, celle de notre baptême personnel et collectif. Le temps du Carême n’est-il pas par excellence le temps de la conversion. Ecoutons encore ces paroles du livre du Deutéronome : « Mais prends garde à toi : garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu ; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils » (Dt 4, 9).

Que la Vierge Marie, en ce deuxième jour de notre neuvaine de prière à l’Immaculée Conception, nous accompagne dans notre chemin de conversion.