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La méditation du jour de Mgr Aillet - Mercredi 1er avril 2020

La méditation du jour de Mgr Aillet - Mercredi 1er avril 2020

L’efficacité de notre supplication passe par la confiance et la conversion

Nous célébrons aujourd’hui une messe, dont le formulaire est prévu par le Missel, « Pour toute détresse ». Il s’agit pour nous de supplier le Seigneur de nous porter secours dans l’épreuve que nous traversons. Nous avons bien conscience qu’il faudra attendre quelques jours ou quelques semaines avant de voir les premiers effets positifs du confinement que nous vivons. Pour l’heure, nous sentons bien monter l’inquiétude, voire l’angoisse de beaucoup, les décès se multiplient dans certaines régions de France, comme chez nos voisins en Italie ou en Espagne, les personnels soignants, qui se dévouent avec une générosité admirable, sont au bord de l’épuisement dans des services de réanimation parfois saturés. Il est donc permis de se tourner vers le Seigneur et de le supplier de nous venir en aide et de nous délivrer de ce fléau : « Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Lève-toi ! Pourquoi détourner ta face, oublier notre malheur, notre misère ? Viens à notre aide ! » (Ps 43, 24-27), avons-nous dit avec le psalmiste dans l’antienne d’entrée de cette messe. Comme les trois enfants des Hébreux du livre de Daniel, qui ont été libérés par le Seigneur de la fournaise ardente, nous croyons que Dieu n’abandonne pas son peuple et qu’il prend un soin jaloux de ses enfants.

Il y a deux attitudes qui donnent encore plus de poids à notre prière. La première, c’est la confiance que nous mettons dans le Seigneur, l’adhésion de notre foi en Jésus. Devant la délivrance des trois enfants, Nabuchodonosor s’écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui » (Dn 3, 95). C’est la même confiance que Jésus demande aux juifs dans l’Evangile : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mais disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 31-32). De plus, la confiance que le Seigneur attend de nous doit être inconditionnelle, comme celle des trois enfants : « Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main, ô roi. Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux » (Dn 3, 17-18). Quoiqu’il arrive, nous savons que le Seigneur nous portera secours, ou bien en nous délivrant de la Pandémie ou bien en nous délivrant de nos peurs, de nos inquiétudes et en nous donnant la force et l’assurance paisible de sa présence. Comme nous l’avons dit dans la prière d’ouverture : « Allège leur épreuve, renforce leur foi, afin qu’ils ne puissent pas douter que tu les aimes comme un père ».

La seconde attitude, c’est notre conversion. Jésus, dans cette controverse usante avec ses détracteurs, cherche de manière ultime à les convaincre de le reconnaître comme l’Envoyé du Père. Devant leur obstination, il les démasque devant la foule : « Je sais bien que vous êtes de la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas de place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi vous faites ce que vous avez entendu chez votre père » (Jn 8, 37-38). Vous vous prétendez libres, parce que vous êtes extérieurement restés fidèles à l’Alliance, tout en ayant perdu la liberté politique, mais vous êtes esclaves du péché : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché » (Jn 8, 34). Jésus nous invite de manière claire à nous détourner du péché, sans quoi notre prière risque de ne pas être crédible. Nous sommes appelés au repentir, condition de la sincérité de notre supplication. D’où l’importance aussi de nous unir au sacrifice eucharistique, où Jésus s’offre en expiation pour nos péchés. Comme nous l’avons dit dans la prière sur les offrandes : « Seigneur, si nous étions dans un monde sans péché, nous ne subirions pas cette épreuve ; pour que nous en sortions, accueille nos prières et cette offrande ». Et dans la prière après la communion : « Oublie nos péchés contre toi, souviens-toi plutôt de la Passion de ton Fils ».

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