L'avortement, un droit ou un drame?

Beaucoup de fidèles laïcs s’étaient déplacés, aussi bien à Bayonne qu’à Pau (au moins 150 personnes), pour entendre la conférence de notre évêque sur : « L’avortement : un droit ou un drame ? ». Compte-rendu du docteur Patrick Theillier, Académie diocésaine pour la Vie 64.

 

 

 

"La seule pensée que des enfants ne pourront jamais voir la lumière,

Victimes de l’avortement,

Nous fait horreur"

Le pape François, le 13 janvier, au corps diplomatique.

 

 

 

Monseigneur Aillet introduisait le thème en soulignant qu’il s’agit d’un sujet grave et délicat, surtout dans les temps qui sont les nôtres. Grave, car il est question du caractère sacré et inviolable de la vie humaine. Délicat, parce que beaucoup de souffrances sont engagées, à commencer par celle de l’enfant. Il précisait aussitôt qu’il n’est pas d’abord un militant : « Je suis un pasteur qui a le souci du plus petit, du plus fragile, du plus sans défense, du plus innocent. Je ne fais que relayer cette grande compassion de Jésus (qui a dit : "Laissez venir à moi les petits enfants"), sollicitude reprise par tous les papes depuis le Concile Vatican II, spécialement par le bienheureux Jean-Paul II dans son Encyclique prophétique du 25 mars 1995, jour de l’Annonciation, "Evangelium vitae", "L’Évangile de la vie" »

           

Dans le contexte précis de notre pays où une loi a été votée  - avec une légèreté injustifiable - supprimant la clause de détresse pour subir une "IVG", l’avortement est devenu un droit, avec pour conséquence la banalisation d’un geste meurtrier qui accroît l’anesthésie des consciences : dans l’inconscient collectif, la loi civile l’emporte sur la morale. Or il n’y a pas de loi supérieure à la loi naturelle.

Il faut tout de même savoir qu’en France, en 2012, sur 828 000 naissances, il a été comptabilisé 222 500 avortements ; que dans notre propre département ce sont plus de 1850 avortements par an qui sont pratiqués ; qu’il est prévu que 40 % des femmes auront recours à l’avortement au cours de leur existence… Et n’oublions pas que depuis 2012, l’IVG est remboursée à 100 % !

            C’est un double drame que d’en faire un droit, drame pour l’enfant, drame pour la mère, droit de la femme contre le droit de l’enfant ;  l’enfant n’appartient pas au corps de la mère (qui, d’après les féministes a "le droit de disposer de son corps"…), il en est distinct dès la conception (avec la moitié des chromosomes qui viennent du père). Dès que l’ovule est fécondé, commence l’aventure de la vie humaine. Que ce soit un embryon ou un fœtus, il s’agit d’un être humain, - sans défense - ! Dans la gestation, il n’y a pas d’autre seuil que la fécondation. C’est scientifique. Ne retournons pas à l’obscurantisme.

            Les premières communautés chrétiennes s’étaient déjà opposées à l’avortement et l’infanticide pratiqués par les païens.

            Mère Teresa a pu dire, en recevant le prix Nobel de la paix : « Le plus grand obstacle à la paix c’est l’avortement » !

            Aujourd’hui, heureusement, une prise de conscience se fait jour en France et en Europe. La réussite de la 9ème édition de "la Marche pour la vie", en janvier, avec deux fois plus de participants qu’en 2012, en est un exemple. Le secteur de la médecine pour pratiquer les IVG est dévalorisé partout. On commence à reconnaître qu’il existe une souffrance post-IVG.

            L’Église de France se mobilise, avec un groupe présidé par l’évêque de Grenoble, un communiqué du Conseil permanent des évêques et son actuel président Mgr Georges Pontier qui a centré ses vœux de Noël et de Nouvel An sur le projet de loi.

            Il faut savoir que l’enseignement de l’Église sur ce sujet est constant. Déjà, dans la Constitution Gaudium et Spes du Concile Vatican II, au N° 51, il est dit en toutes lettres : « L’avortement, comme l’infanticide, est un crime abominable ». Expression reprise dans Evangelium vitae, dans les paragraphes N° 58 à 63 où Jean-Paul II parle de l’avortement. De même le pape François, depuis le début de son pontificat, insiste sur le fait d’avoir soin de la fragilité, en particulier, parmi les plus faibles, les enfants à naître, les plus innocents, auxquels on veut nier la dignité humaine (Evangeli gaudium, "La joie de l’Evangile", N° 213 et 214).

La défense de la vie humaine est liée à la défense de tous les droits humains. Le premier droit à la vie est le droit de naître, c’est la mission prophétique de l’Eglise de le rappeler. Cette dénonciation doit être, bien sûr, assortie d’aide et d’accompagnement de la femme en détresse. C’est le cas de beaucoup d’associations qui ont vu le jour, dont « Naissance et Vie 64 » dans notre diocèse[1].

Monseigneur Aillet concluait son passionnant exposé (qu’il est impossible de reprendre en entier…) en insistant sur le fait qu’il y a une limite à cette idéologie du mal qui supprime l’innocent, mystère d’iniquité qui ne trouvera de rédemption que dans la Miséricorde : « La Victoire est notre point de départ. Nous savons que l’Agneau de Dieu enlève le péché du monde. La culture de vie l’emportera sur la culture de mort, mais il faut se retrousser les manches » !

 

P.S. :Fondées par l’association Mère de Miséricorde, il existe des sessions Stabat pour une écoute et une aide spécifique  des femmes qui souffrent des conséquences d’un avortement ou d’une fausse-couche (également pour les hommes touchés).

Infos sur les quatre sessions Stabat annuelles et sur les actions menées par l’association (antenne téléphonique, La Vigne de Rachel, etc.) sur www.meredemisericorde.org

 

 

Exceptionnel !

Annoncée par notre évêque, une "session Stabat" se tiendra dans le diocèse, du dimanche 30 mars au vendredi 4 avril,à Nay, à la Communauté des Béatitudes.

Ces sessions sont toujours organisées dans le cadre d’une communauté de prière, proposant des temps d’accompagnement personnels quotidiens, des temps de parole et de méditation, des ateliers créatifs et des veillées de prière. L’on peut y exprimer la souffrance ou la culpabilité, liée à ce traumatisme de l’avortement et laisser épancher son chagrin sous le regard de la Miséricorde divine.

Renseignements et inscriptions :
Paule : 06.78.28.52.23
Isabelle : 07.70.70.15.51
session.stabat@gmail.com

 

 


[1] Implantée à Bayonne, association qui a pour but d’informer, d’accompagner, d’accueillir et d’aider toute femme enceinte, en difficulté morale ou matérielle, sans distinction d’âge (mineure ou majeure), de nationalité ni de religion, et ce par tous les moyens adaptés à sa mission (écoute, médias, hébergements…).

Ecoute téléphonique anonyme au 05.47.02.78.97

 

 

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