La méditation du jour de Mgr Aillet - Vendredi 3 avril 2020

La méditation du jour de Mgr Aillet - Vendredi 3 avril 2020

« Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes »

Aujourd’hui, nous faisons mémoire du Professeur Jérôme Lejeune, décédé le 3 avril 1994. Grand savant généticien et découvreur de la Trisomie 21 et autres anomalies génétiques, il a été avant tout un médecin dévoué à soigner les personnes trisomiques et un défenseur courageux et éloquent de la dignité inviolable de la vie humaine depuis sa conception. Le Pape Saint Jean Paul II, qui était son ami personnel, l’avait nommé quelques mois avant sa mort, premier Président de l’Académie pontificale pour la Vie, en 1994. Son procès de béatification est en cours : la phase romaine de cette enquête s’achèvera prochainement par la réunion des Cardinaux appelés à statuer sur l’héroïcité de ses vertus. Alors, il ne manquera plus que la reconnaissance d’un miracle, obtenu par son intercession, pour ouvrir la voie à sa béatification. Nous pouvons confier aujourd’hui à sa prière les victimes de cette épidémie, les malades et les mourants, mais aussi les chercheurs pour qu’ils trouvent les moyens de soigner et de guérir cette redoutable maladie.

En ce 5ème vendredi de Carême, la figure de Jérémie nous oriente, de manière prophétique, vers le Christ souffrant : « Moi, Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : ‘Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Epouvante-de-tous-côtés’ » (Jr 20, 10). Et dans l’Evangile, on cherche à lapider Jésus (cf. Jn 10, 31). Jérémie nous donne deux indications, riches d’enseignement pour nous : « Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable » (Jr 20, 11) et « Seigneur, c’est à toi que j’ai remis ma cause » (Jr 20, 12). Si nous remettons au Seigneur notre cause, dans les détresses qui s’abattent sur nous, alors nous ferons nous aussi l’expérience que le Seigneur est toujours avec nous pour nous donner la victoire. Jérémie annonce en effet non seulement la Passion de Jésus mais aussi sa Résurrection, vue comme la « revanche de Dieu » sur les forces de mort et tous ceux qui en sont les instruments, à savoir le diable et ses suppôts. Par sa Résurrection au matin de Pâques, Jésus triomphera du péché qui conduit à la souffrance et à la mort. D’ailleurs Jérémie proclame cette victoire par ces mots : « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur » (Jr 20, 13), l’exacte traduction de notre « Alléluia » qui reviendra dans la liturgie, précisément lors de la prochaine Vigile pascale. Le psaume de cette messe s’en fait l’écho : « Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de tous mes ennemis » (Ps 17, 4).

C’est aussi le 1er vendredi du mois où nous vénérons particulièrement le Sacré-Cœur de Jésus, apparu en ces termes à sainte Marguerite-Marie Alacoque, dans son monastère de la Visitation de Paray le Monial : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes … et qui n’en reçoit qu’ingratitude, surtout de la part de ceux qui me sont consacrés ». Laissons résonner ces paroles dans notre cœur et la demande qu’il formulait à l’intention de la voyante : « Veux-tu être mon amie ? », c’est-à-dire : « veux-tu te consacrer à mon amour, en esprit de réparation pour tes péchés et ceux du monde entier ? Alors, tu pourras recevoir les flots de ma tendresse et de ma miséricorde, jaillis de mon Cœur transpercé sur la Croix » ! A la fin de la Messe, en cette journée de jeûne, nous prolongerons notre communion sacramentelle ou spirituelle par un temps d’adoration et nous pourrons refaire un acte de consécration personnelle au Sacré-Cœur de Jésus. Nous demanderons au Seigneur l’intervention de sa Miséricorde pour arrêter cette pandémie qui afflige notre humanité d’aujourd’hui.