La méditation du jour de Mgr Aillet - Samedi 4 avril 2020

La méditation du jour de Mgr Aillet - Samedi 4 avril 2020

La Messe en temps de pandémie...

Aujourd’hui j’ai choisi de célébrer la Messe « En temps de pandémie » que le Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, a instituée, au nom du Saint-Père François, par décret du 30 mars 2020. Le décret stipule : « ‘Tu ne craindras pas la peste qui rôde dans le noir’ (cf. Ps 90, 5-6). Ces paroles du psalmiste nous invitent à avoir une grande confiance dans l’amour fidèle de Dieu qui n’abandonne jamais son peuple au temps de l’épreuve. En ces jours, où le monde entier est gravement touché par le virus Covid-19, de nombreuses demandes ont été envoyées à ce Dicastère pour pouvoir célébrer une messe spécifique pour implorer de Dieu la fin de cette pandémie ». Nous supplions le Seigneur de mettre fin à cette pandémie planétaire. Nous lui confions les malades et les mourants, mais aussi très spécialement les personnels soignants qui luttent, avec un dévouement admirable, mais avec un manque cruel de moyens. Nous prions pour les décideurs politiques, pour qu’ils prennent les bonnes décisions, avec un vrai souci de protéger les populations, et en particulier les plus vulnérables.

Nous voulons supplier le Seigneur, en ce premier samedi du mois, en passant par la Vierge Marie. A Fatima, elle a demandé à Lucie de répandre la dévotion à son Cœur Immaculé, par une consécration personnelle, mais aussi nationale et internationale, comme un moyen privilégié pour arrêter les fléaux qui s’abattent sur l’humanité. Elle a promis qu’à la fin, son Cœur Immaculé triomphera ! Elle y a ajouté la dévotion à la communion réparatrice du premier samedi du mois pour obtenir la Miséricorde du Seigneur. Je vous invite à faire une communion spirituelle réparatrice : unissez, par cette communion au Sacrifice de Jésus, quelque offrande de vous-même, de quelque chose qui vous pèse, qui vous contrarie, qui vous fait souffrir, en réparation de vos péchés et de ceux du monde entier. Puisez la force de cette communion dans une confession, ou à défaut, dans les circonstances actuelles, d’un bel examen de conscience et d’un bel acte de contrition.

 Notre supplication doit pouvoir s’appuyer sur une foi inébranlable dans la victoire définitive du Christ sur la mort et le péché. C’est le sens de la liturgie de la Parole de ce 5ème samedi de Carême, avant d’entrer dans la grande semaine de Jésus, la Semaine sainte de sa Passion. Le prophète Ezéchiel, dans la première lecture nous donne un avant-goût de cette victoire, en annonçant le rassemblement de tous les fils d’Israël dispersés : « Je vais prendre les fils d’Israël parmi les nations où ils sont allés. Je les rassemblerai de partout et les ramènerai sur leur terre. […] Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle » (Ez 37, 21. 26). Dans l’Evangile, nous retrouvons Jésus juste après la Résurrection de Lazare. Saint Jean note qu’à cause de ce miracle, « beaucoup de juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui » (Jn 11, 45). Mais d’autres allèrent le dénoncer auprès des Pharisiens et des grands Prêtres qui réunirent le Sanhédrin pour décider de le tuer. C’est là que l’on trouve la curieuse prophétie de Caïphe, le Grand Prêtre : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas » (Jn 11, 50). Comme le commente Saint Jean Chrysostome : « Vois combien est grande la puissance de l’Esprit : d’une pensée mauvaise, il a pu faire sortir des mots d’une admirable prophétie » (Homélie 65 sur Jean). Et saint Jean conclut : « Il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 51-52). Jésus se retire à l’écart avec ses disciples pour échapper à leurs mains, car l’Heure du Père n’est pas encore venue. Alors que la fête de la Pâque est proche, tous se demandent s’il viendra pour la fête. Et en effet, demain, nous commémorerons l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, non pas pour lever une armée afin de libérer Israël de l’occupation romaine, mais pour se livrer aux mains des pécheurs et y vivre sa Pâque, afin de nous libérer de l’esclavage du péché et de la mort. Prions, confiants dans la Victoire du crucifié.