La méditation du jour de Mgr Aillet - Lundi de Pâques 13 avril 2020

La méditation du jour de Mgr Aillet - Lundi de Pâques 13 avril 2020

Voici le jour que fit le Seigneur

En ce lundi de Pâques et durant toute l’octave, le temps s’est arrêté, nous sommes entrés dans le repos de l’éternité, inauguré par la Résurrection de Jésus, et nous chantons dans la liturgie : « Haec dies », « Voici le jour que fit le Seigneur, jour de fête et de joie » ! Grâce à la liturgie, ce jour se prolongera durant huit jours, et même durant tout le Temps pascal, jusqu’à la Pentecôte. Nous aurons tout loisir d’approfondir le Mystère de la Résurrection de Jésus. Chaque jour de l’Octave, nous proclamerons dans l’Evangile un récit d’apparition de Jésus : aux saintes femmes, à sainte Marie-Madeleine, aux disciples d’Emmaüs, aux apôtres réunis au Cénacle ou en Galilée…

Dimanche, nous avons laissé Jean, alors qu’il était entré dans le tombeau vide, qu’il avait constaté les linges affaissés à leur place, et dont il était dit : « Il vit et il crut ». Il ajoutait cet élément capital pour croire : « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 20, 9). Aujourd’hui, dans la première lecture, nous entendons le discours de Pierre après la Pentecôte qui témoigne de la Résurrection. Il est frappant de voir celui que nous avons laissé après son reniement ou perplexe devant le constat du tombeau vide, parler devant les juifs avec une telle assurance et une assurance paisible. Il leur montre en particulier comment la Résurrection de Jésus avait été annoncée dans toute l’Ecriture sainte. Ici il montre comment David l’avait prophétisée dans le Psaume 15 : « Ma chair elle-même reposera dans l’espérance : tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption » (Ps 15, 9-10). Et d’affirmer : « Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : ‘Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption’. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins » (Ac 2, 31-32).

Et puis dans l’Evangile, nous retrouvons le témoignage de Matthieu, déjà entendu à la Vigile pascale. L’apparition de Jésus aux saintes femmes est furtive, sans artifice, elle tranche avec l’apparition un peu spectaculaire de l’Ange du Seigneur, accompagnée d’un tremblement de terre qui a laissé les gardes, en faction devant le tombeau, terrorisés, et du déplacement de la pierre pour que les saintes femmes, arrivées de bon matin, puissent constater le tombeau vide et recevoir l’annonce de la résurrection. C’est que les juifs sont habitués aux manifestations de l’Ange du Seigneur, comme saint Matthieu en a rapporté maints témoignages ; mais la Résurrection échappe tellement à l’expérience commune, qu’il semble bien malaisé d’en rendre compte.

Par contraste avec la simplicité et la sincérité du témoignage des saintes femmes, saint Matthieu insiste ici sur la mauvaise foi des juifs, quand les gardes viennent leur raconter ce qui s’est passé, avec ce mensonge qu’ils leur commandent de colporter, moyennant une forte somme d’argent : « Voici ce que vous direz : ‘ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions » (Mt 28, 13). Piètres témoins, commentera saint Augustin, qui parlent avec assurance de faits qui se seraient produits pendant qu’ils dormaient ! « Et cette explication s’est propagée chez les juifs jusqu’à aujourd’hui » (Mt 28, 15), conclut l’évangéliste. Par rapport au témoignage des saintes femmes et des apôtres, tout ce qui est dit contre la Résurrection apparaît tellement dérisoire !

Accueillons donc tout simplement la Parole de Dieu, scrutons attentivement l’Ecriture Sainte durant toute cette octave, tant l’Ancien Testament, que ces témoignages de la Résurrection ou ces narrations des apparitions de Jésus ressuscité dans le Nouveau Testament, pour que nos cœurs s’ouvrent toujours plus à la foi et qu’ils soient visités par le Ressuscité.