La méditation du jour de Mgr Aillet - Jeudi 23 avril 2020

La méditation du jour de Mgr Aillet - Jeudi 23 avril 2020

Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés

J’ai voulu faire mémoire aujourd’hui de saint Georges, même s’il ne s’agit que d’une mémoire facultative, parce que c’est la fête patronale du Pape François dont le prénom de Baptême est Georges Marie. C’est l’occasion pour nous de manifester notre communion affective et effective avec le Successeur de Pierre et de prier pour lui. En tant qu’il est appelé, dans les épreuves présentes, à conduire l’Eglise, « qui poursuit son pèlerinage terrestre entre les consolations de Dieu et les persécutions du monde », comme dit saint Augustin, il a besoin de la prière de tous les fidèles. Nous lui souhaitons donc une bonne fête et nous le confions à l’intercession de son saint patron. Saint Georges était un officier de l’armée romaine, né en Cappadoce, qui devint Préfet auprès de l’Empereur Dioclétien et qui, après avoir démissionné de sa charge en raison de la reprise des persécutions contre les chrétiens par Dioclétien qui impose un culte solaire, mourra martyr pour la foi chrétienne en 303. Ses reliques ont été conservées à Lod, ville de Palestine proche de Tel Aviv, parce qu’il y avait terrassé un bandit dont le nom signifiait « Dragon », d’où la représentation traditionnelle. Il est devenu le champion du combat contre l’Esprit du Mal.

Nous concluons notre catéchèse mystagogique sur le Baptême, avec la fin du chapitre 3 de saint Jean, qui fait manifestement suite à l’entretien de Jésus avec Nicodème, même s’il est précédé par l’ultime témoignage de Jean-Baptiste qui se définit comme l’Ami de l’Epoux, avec cette merveilleuse déclaration : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue » (Jn 3, 30).

Cette dernière partie nous fait comprendre ce que nous professons à la fin du Credo de Nicée : « Je reconnais un seul baptême pour la Rémission des péchés ». Cela en dit long sur la nécessité du baptême pour le Salut, comme Jésus l’a déjà précisé : « Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3, 5). Cela repose sur l’unicité et l’exclusivité du Christ dans l’ordre du Salut : « En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12). Et l’apôtre Paul l’écrit à Timothée : « Un seul médiateur entre Dieu et les hommes, un homme Jésus-Christ » (1 Tm 2, 5). Jésus l’affirme avec beaucoup d’autorité : « Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage » (Jn 3, 31-32). On se rappelle qu’il avait dit précédemment à Nicodème que s’il ne comprenait pas quand il parle des choses de la terre, à savoir l’action de l’Esprit Saint dans les âmes par le baptême, comment comprendrait-il quand il parlera des choses du Ciel ? Et nous y voilà : Jésus lève le voile sur le Mystère de Dieu en lui-même dont il est le témoin, comme Fils « monogène », unique-engendré du Père. Il évoque déjà le Mystère de la Sainte Trinité : l’Esprit Saint que Dieu lui donne « sans mesure » (Jn 3, 34), et il ajoute : « Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main » (Jn 3, 35). Aussi n’y a-t-il pas d’autre alternative que de croire en lui ou de ne pas croire : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jn 3, 36).

C’est important de préciser tout cela, en cette période de relativisme et d’indifférentisme où toutes les religions se valent ! Il est sans doute très important d’instaurer des relations de courtoisie et de confiance avec tous, et on doit le respect à toute personne, quelle que soit sa religion, mais toutes les religions ne se valent pas : il n’y a qu’un seul Sauveur, Jésus-Christ. Et c’est le devoir impérieux de l’Eglise que de l’annoncer à tous, comme les Apôtres, dans la puissance de l’Esprit de Pentecôte, l’ont bien compris. Devant le Sanhédrin qui cherche par tous les moyens à les faire taire, ils répondent avec audace : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous aviez exécuté … pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés. Quant à nous, nous sommes témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent » (Ac 5, 29-32). C’est le témoignage des martyrs de tous les temps, à commencer par saint Georges que nous célébrons aujourd’hui, y compris en notre temps où, dans nos pays dits libres, les persécutions peuvent être plus subtiles et larvées. Il ne s’agit certes pas de faire, ni de généralisation ni de théorie du complot, mais nous voyons poindre certaines atteintes à la liberté religieuse sous prétexte de crise sanitaire, comme lorsque, trois policiers en armes, hors la loi, font irruption dans une église parisienne pour interrompre la célébration d’une messe, où le prêtre célèbre avec deux autre prêtres et trois fidèles. Soyons vigilants pour que le déconfinement nous permette de donner à nouveau aux fidèles accès aux sacrements.