Avec l’Hospitalité Basco-Béarnaise : malades et hospitaliers tous pèlerins à Rome

Cent quatre-vingts pèlerins, dont soixante malades ou handicapés, ont participé du 9 au 14 décembre au pèlerinage organisé par l’Hospitalité Basco-Béarnaise (HBB). Pour la première fois, l’HBB a amené des malades et handicapés hors de France.

Par des membres de l'Hospitalité Basco-Béarnaise, pour la revue diocésaine Notre Eglise n°45, février 2014

Chacun a financé de ses deniers transport et hébergement. Il a fallu deux ans pour collecter d’autres fonds et prévoir tout ce qui était nécessaire pour vivre le mieux possible ces six jours : affrètement d’un avion au départ de Pau, logement à la Maison Jean-Paul II située à 3 km du Vatican, participation à l’audience pontificale en présence de Monseigneur Aillet…

 

Tout n’a pas été simple !

Les déplacements de pèlerins en fauteuil roulant ou marchant avec difficulté ont été «  moltissimo moderato » comme on dit (à peu près) à Rome. Accéder à sa place dans l’avion, monter et descendre des bus avec l’aide des hospitaliers, plier et ranger les fauteuils dans les soutes,  attendre l’ascenseur à l’hébergement, tout cela demande temps et patience. Accompagner des pèlerins malades, c’est accepter ces  «  difficultés » : embarquements plus fastidieux, fauteuils à pousser sur les rues pavées et les trottoirs étroits de Rome, franchissement d’escaliers, circulation intense de motos et d’autos lors de la traversée d’avenues.

 

Vivre ensemble, malades et hospitaliers

Des binômes ou trinômes - soit un malade et un ou deux hospitaliers - ont été constitués pour la durée du pèlerinage. Un hospitalier partageait toujours la chambre d’un malade. Toilettes, repas à la même table, nuits, cette cohabitation a permis de tisser des liens. Il fallait partir le matin avec les médicaments nécessaires pour toute la journée. Cette proximité a constitué pour tous une nouveauté, car à Lourdes les malades mangent et logent à l’accueil Notre-Dame, et les hospitaliers dans d’autres lieux.

Dans les rues pavées de Rome, l’attention des hospitaliers était grande, tant pour éviter les trous dans la chaussée que pour rester groupés et profiter des explications des guides.

 

« Pèleriner » et visiter ensemble

Dans l’avion, nous avons tous loué et chanté la Vierge en ce jour de l’Immaculée Conception. A Rome, nous étions répartis en quatre bus et nous avons découvert la basilique Saint-Pierre, les sites de la Rome antique, le berceau des premiers chrétiens, la chapelle Sixtine, les quatre basiliques majeures… Beaucoup d’édifices comportent des marches et les hospitaliers devaient « avoir l’œil » pour repérer à l’avance les plans inclinés permettant le passage des fauteuils roulants. Au théâtre antique d’Ostie, tous, séparés par un fossé car les fauteuils ne pouvaient atteindre la scène, nous avons prié et chanté Marie. Notre évêque nous a rejoints à la basilique Saint-Pierre pour y célébrer la messe. Il nous a dit que « la coupole évoquait l’Amour de Dieu qui nous enveloppe ».

 

Audience pontificale en plein air

Nous nous sommes levés tôt pour être à la place Saint-Pierre dès 7 heures. Les fidèles arrivaient de partout ! « Nos » malades en fauteuil étaient à la place d’honneur, au pied même de l’estrade pontificale. L’accompagnement était limité à un seul hospitalier par malade. L’attente, dans le froid, a été remplie de prières, de chants et de recueillement. La catéchèse du pape portait sur le Jugement dernier. A l’issue, accompagné de Mgr Aillet, il s’est dirigé vers les malades, a salué chacun avec un mot de réconfort et leur a remis un chapelet en leur demandant de « prier pour lui ». Pendant ce temps, derrière nous, la foule scandait « Papa Francesco ! »

 

Témoignages

Une hospitalière : ‘’Lors d’une réunion de préparation à Os-Marsillon, j’ai fait connaissance, avec une autre hospitalière, de « notre » malade. Dans l’avion, nous étions côte à côte et nous ne nous sommes pas quittées de la semaine. Nous avons passé des moments formidables, à table ou lors des visites. Souvent réveillée la première, notre malade ne voulait pas arriver en retard, et même un peu fatiguée, elle a voulu participer à tout. Elle suivait attentivement le programme du carnet du pèlerin. A l’arrivée à Pau,  elle nous a remerciées longuement et nous a demandé de rester en contact. ’’ 

Un malade: ‘’Ce pèlerinage n’est que du bonheur. Merci aux organisateurs. Le mercredi, le pape est descendu vers nous. Arrivé en face de moi, aucun mot ne sortait de ma bouche. Il m’a pris la main et m’a dit ‘’Priez pour moi’’. Il m’a remis un chapelet, les larmes coulaient sur mes joues. La jeune infirmière qui m’accompagnait était toute bouleversée.  Quelle émotion mais quelle joie.’’

 

Les moments les plus intenses et les plus émouvants ont été ceux passés au Vatican, à Saint-Pierre et à l’audience pontificale. Ce pèlerinage a été un havre de lumière…

Que dire des basiliques qui ne sont que flamboiement de couleurs et de lumière.

Que dire des binômes malades-hospitaliers où ne régnaient qu’attention et délicatesse.

Que dire de plus que la joie et le bonheur qui brillaient dans les yeux des pèlerins.