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"Fratelli tutti": l'encyclique du Pape François sur la fraternité

"Fratelli tutti": l'encyclique du Pape François sur la fraternité

C’est le jour de la fête de Saint François d’Assise que le Pape François a signé cette lettre encyclique qu’il a intitulée « Fratelli tutti »...

Cette expression en italien est tirée d’un écrit du Saint qui s’adressait « à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile ». C’est d’une « fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne… » dont va nous entretenir le Pape dans cette encyclique.

Dans l’introduction à cette lettre, le pape François livre son rêve de fraternité et d’amitié sociale:

« Je livre cette encyclique sociale comme une modeste contribution à la réflexion pour que, face aux manières diverses et actuelles d’éliminer ou d’ignorer les autres, nous soyons capables de réagir par un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots. Bien que je l’aie écrite à partir de mes convictions chrétiennes qui me soutiennent et me nourrissent, j’ai essayé de le faire de telle sorte que la réflexion s’ouvre au dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté (n° 6).»

S’inscrivant dans le contexte de la COVID 19, le Pape François alerte sur ce qu’elle a révélé et sur les mauvaises pistes qui s’ouvriraient.

«…la pandémie de la Covid-19 [qui] amis à nu nos fausses certitudes […] l’incapacité d’agir ensemble a été dévoilée […] on a observé une fragmentation ayant rendu plus difficile la résolution des problèmes qui nous touchent tous. Si quelqu’un croit qu’il ne s’agirait que d’assurer un meilleur fonctionnement de ce que nous faisions auparavant, ou que le seul message est que nous devrions améliorer les systèmes et les règles actuelles, celui-là est dans le déni (n° 7).»

Enfin, par un vœu et un rêve, le Pape nous invite à entrer dans une espérance tout au long de cette lettre qu’il nous adresse.

« Je forme le vœu qu’en cette époque que nous traversons, en reconnaissant la dignité de chaque personne humaine, nous puissions tous ensemble faire renaître un désir universel d’humanité. Tous ensemble. […] Rêvons en tant qu’une seule et même humanité, comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères (n° 8). »

 

Résumé de l'encyclique proposé par le Saint-Siège:

Les ombres d’un monde fermé (Chap. 1) se répandent sur le monde, laissant sur le bord de la route des personnes blessées, qui se trouvent exclues, rejetées. Ces ombres plongent l’humanité dans la confusion, dans la solitude et dans le vide. Nous rencontrons un étranger sur le chemin (Chap. 2) ; il est blessé. Devant cette réalité, deux attitudes sont possibles : passer outre sans compatir ou faire halte auprès de lui ; que nous choisissions de l’inclure ou, au contraire, de l’exclure, c’est là ce qui déterminera la nature de notre personne ou de notre projet politique, social et religieux.

Dieu est amour universel, et tant que nous faisons partie de cet amour et le partageons, nous sommes appelés à la fraternité universelle, qui est ouverture. Il n’y a pas « les autres » ou « eux », il y a seulement « nous ». Nous désirons, avec Dieu et en Dieu, un monde ouvert (Chap. 3) (sans murs, sans frontières, sans exclus et sans étrangers), et pour cela nous avons et nous voulons un cœur ouvert. (Chap.  4) Nous vivons une amitié sociale, nous recherchons un bien moral, une éthique sociale, parce que nous nous savons membres d’une fraternité universelle. Nous sommes appelés à la rencontre, à la solidarité et à la gratuité.

Pour atteindre un monde ouvert avec un cœur ouvert, la meilleure politique (Chap. 5) doit être mise en œuvre. Une politique visant le bien commun et universel, une politique pour le peuple et avec le peuple. Autrement dit, une politique populaire, menée avec une charité sociale qui recherche la dignité humaine, et exécutée, avec un amour politique, par des hommes et des femmes qui intègrent l’économie dans un projet social, culturel et populaire.

Savoir dialoguer est le chemin pour ouvrir le monde et construire l’amitié sociale (Chap. 6) ; et c’est le fondement pour une meilleure politique. Le dialogue respecte, accepte et recherche la vérité. Le dialogue donne naissance à la culture de la rencontre ; autrement dit, la rencontre devient un style de vie, une passion et un désir. Celui qui dialogue est bienveillant, reconnaît et respecte l’autre.

Mais cela ne suffit pas : il nous faut affronter la réalité des blessures de la rencontre qui a échouée, et, à la place, établir et parcourir les chemins d’une rencontre renouvelée. (Chap. 7) Il faut cicatriser les blessures et rétablir la paix. Pour cela, il nous faut être audacieux et partir de la vérité, partir de la reconnaissance de la vérité historique. Cette dernière est la compagne inséparable de la justice et de la miséricorde et est indispensable pour cheminer vers le pardon et la paix. Pardonner ne signifie pas oublier ; le conflit sur le chemin de la paix est inévitable, mais la violence n’est pas acceptable. C’est pourquoi recourir à la guerre est inacceptable et la peine de mort est une pratique à éradiquer.

Les différentes religions du monde reconnaissent l’être humain comme créature de Dieu ; en tant que créatures, nous sommes tous dans une relation de fraternité. Les religions sont appelées à se mettre au service de la fraternité dans le monde (Chap. 8). En nous ouvrant au Père de tous, nous reconnaissons notre condition universelle de frères. Pour les Chrétiens, la source de la dignité humaine et de la fraternité se trouve dans l’Évangile de Jésus Christ, à partir duquel naissent nos actions et nos engagements. Ce chemin de fraternité nous donne aussi une Mère nommée Marie.

Devant les personnes blessées par les ombres d’un monde fermé, qui gisent au bord du chemin, le Pape François nous appelle à faire nôtre et à mettre en œuvre le désir de fraternité du monde, qui commence par la reconnaissance du fait que nous sommes Fratelli tutti, tous frères et sœurs.

 

Pour accéder au texte intégral de l'encyclique, cliquer ICI

PDF disponible en pièce jointe. 

 

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