La Toussaint, fête des vivants !

La Toussaint, fête des vivants !

Quelle est l'origine et quel est le sens de la fête de la Toussaint, que les chrétiens du monde entier célèbrent ce dimanche 1er novembre ?

Longtemps la Toussaint a été célébrée à la suite de Pâques ou de la Pentecôte. En 835 le pape Grégoire IV fixa la fête de tous les saints à la date du 1er novembre. A partir de ce moment, ce qui avait été d’abord une célébration locale à Rome et dans quelques Eglises devint rapidement, dans l’Europe latine, une solennité commune.

Chacun a certainement connu de ces personnes, souvent très humbles, qui ont partagé à leur entourage immédiat le témoignage authentique, admirable et stimulant, de la sainteté. Il est juste et bon de les célébrer en associant leur mémoire à celle des saints inscrits dans les divers calendriers des martyrs et de tous les autres, innombrables, dont aucun registre d’ici-bas ne pourrait contenir les noms, s’ils étaient connus.

La popularité de la fête de la Toussaint a certainement là sa première justification. S’assurer l’intercession de tous les saints, sans en omettre aucun, est aussi légitimement exprimé par la célébration liturgique : « Dieu éternel et tout-puissant… puisqu’une telle multitude intercède pour nous, réponds à nos désirs, accorde-nous largement tes grâces » .

La liturgie célèbre avant tout le Dieu trois fois saint contemplé dans la Jérusalem céleste, entouré de tous les élus sanctifiés par sa grâce. Si chacun d’entre eux est une réussite originale, personnelle, du salut, il ne reflète cependant qu’une part infime de la sainteté infinie de Dieu. Tous ensemble, sans l’épuiser, ils en donnent une image meilleure. Ainsi l’adoration de Dieu est au centre de la célébration de cette fête de la Toussaint. La liturgie de la terre se situe en écho de celle du ciel . Elle est une solennelle action de grâce à Dieu qui, par son Fils et en lui, a fait de nous ses enfants. En même temps, les chrétiens assemblés proclament leur espérance : « ce que nous sommes ne paraît pas encore clairement » ; mais « lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est » . Pour rejoindre les saints et les saintes du ciel qui témoignent de cet avenir, il n’y a qu’une voie ouverte à tous : celle des Béatitudes proclamées par Jésus sur la montagne .

« Joyeux de savoir dans la lumière ces enfants de notre Eglise que Dieu nous donne en exemple » , nous marchons, vers la pleine réalisation du mystère pascal, lorsqu’enfin, dans le Corps mystique rassemblé, « Dieu sera tout en tous » .

La fête de la Toussaint nous invite finalement à célébrer notre communion avec ceux et celles qui déjà sont passés en Dieu et qui appartiennent pourtant à notre Eglise dont ils sont toujours étroitement solidaires. Elle nous invite également à comprendre qu’il y a aujourd’hui sur la terre entre tous les baptisés une communion réelle, une fraternité, qui rend témoignage du salut de Dieu.

 

Frère  Benoît-Marie, o.s.b. (revue diocésaine "Notre Eglise" n° 9, novembre 2010)

 

1- Ap 7, 2-4.9-14 : première lecture de la messe.

2- 1 Jn 3, 2 : deuxième lecture de la messe.

3- Mt 5, 1-12a : Evangile de la messe.