8 décembre : fête de l'Immaculée Conception

8 décembre : fête de l'Immaculée Conception

Le 8 décembre, l'Eglise fête l'Immaculée Conception. Un dogme proclamant que la Vierge Marie a été conçue sans péché, promulgué au XIXè siècle par le pape Pie IX.

Durant plusieurs siècles, on a débattu, dans l’Eglise, sur le fait de savoir si Marie était immaculée dans sa conception. De manière si vive que le Saint Siège avait interdit de continuer la discussion.

Dans le premier tiers du XIXe siècle, le Ciel va éclairer cette question. La Vierge Marie apparaît à Catherine Labouré, le 27 novembre 1830. Elle lui demande de faire frapper et répandre une médaille de l’Immaculée Conception entourée de la prière O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. La médaille, notera Pie XII lors de la canonisation de la voyante, le 28 juillet 1947, a été frappée et répandue par millions dans tous les milieux et sous tous les climats, où elle a été dès lors l'instrument de si nombreuses et extraordinaires faveurs, aussi bien corporelles que spirituelles, de tant de guérisons, de protection, de conversions surtout, que la voix du peuple, sans hésiter, l'a aussitôt appelée « la médaille miraculeuse. Elle a aussi développé dans le peuple chrétien la compréhension, la confiance et l’amour envers Marie dans sa Conception immaculée.

Et le 8 décembre 1854, suite à des demandes réitérées provenant de fidèles et de pasteurs, Pie IX promulguera le dogme en déclarant que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu’elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles.

Quatre ans plus tard, ce seront les apparitions où Notre Dame à Lourdes déclarera dans la langue locale : Que soy era immaculada concepciou-Je suis l’Immaculée Conception et où elle se laissera contempler dans toute sa beauté par Bernadette le 16 juillet 1858. Pie XII, dans son encyclique Le pèlerinage de Lourdes du 2 juillet 1958 commentera : Ce qu'à Rome par son Magistère infaillible le Souverain Pontife définissait, la Vierge Immaculée Mère de Dieu, bénie entre toutes les femmes, voulut, semble-t-il, le confirmer de sa bouche, quand peu après elle se manifesta par une célèbre apparition à la grotte de Massabielle. Certes la parole infaillible du Pontife romain, interprète authentique de la vérité révélée, n'avait besoin d'aucune confirmation céleste pour s'imposer à la foi des fidèles. Mais avec quelle émotion et quelle gratitude le peuple chrétien et ses pasteurs ne recueillirent-ils pas des lèvres de Bernadette cette réponse venue du ciel : « Je suis l'Immaculée Conception » !

Le jésuite Karl Rahner nous propose une réflexion claire et profonde sur le mystère de l’Immaculée dans L’homme au miroir de la vie chrétienne. Il note que la vie de Marie s'est déroulée, tout comme la nôtre, sous le signe de la caducité. Pourtant, sur un point, elle était toute différente. Ce qui donne à notre vie l'aspect douloureux d'une énigme indéchiffrable, c'est moins le caractère obscur de notre destin (là-dessus Marie partageait le sort commun de tous les hommes) que notre condition pécheresse. Un instant de repentir, fruit lui-même de la grâce divine, a beau effacer ce que des heures d'égarement avaient voulu créer de funeste pour l'éternité dans les profondeurs de notre être, rien ne pourra combler le passif qu'elles représentent : elles sont mortes, totalement et pour toujours. Plus jamais ne jaillira de leur sein une éternité de lumière : stériles, elles sont retombées dans le néant du pur passé. Nul ne saurait les en extraire pour les revivre, cette fois sous le signe du bien, et elles sont privées à jamais de cet éclat dont celui-ci devait les marquer comme d'une aurore éternelle.

Il n'y a qu'un être humain, en dehors de Jésus, dont nous savons que la vie a été autre : Marie, la Vierge l'Immaculée, la toujours pure. Pas un moment de sa vie qu’elle ait à renier, pas un qui soit vide et stérile. Aucun de ses actes dont elle puisse rougir, aucun qui soit enveloppé d’ombre, aucun qui soit tombé dans l'abîme du passé sans avoir allumé une lumière éternelle, sans rayonner d’un éclat qui pénétrait tout ce que chaque instant de cette vie contenait en lui de possibilités morales.

C'est ainsi que toute l'existence de Marie est entrée dans l'éternité : chaque jour et chaque heure, chaque pulsation de sa vie profonde, toutes ses joies et toutes ses souffrances, les plus grandes et les plus humbles moments de sa vie. Rien de tout cela n'est perdu, tout cela continue à vivre. Tout est assumé dans la plénitude éternelle de son âme entrée dans la patrie bienheureuse.

Abbé Philippe Beitia, article paru dans la revue Notre Eglise de décembre 2020.

 

Au temps de l’Avent, outre l’occasion de la solennité du 8 décembre – où l’on célèbre conjointement la Conception immaculée de Marie, la préparation fondamentale (cf. Is 11, 1, 10) à la venue du Sauveur et l’heureuse aurore de l’Église sans ride ni tache – la liturgie rappelle fréquemment la figure de la Vierge, surtout aux féries du 17 au 24 décembre, et plus particulièrement le dimanche qui précède Noël, jour où elle fait retentir les voix antiques des prophètes sur la Vierge Mère et sur le Messie et fait lire des passages de l’Évangile relatifs à la naissance imminente du Christ et du Précurseur. De cette façon, les fidèles qui, avec la liturgie, vivent, l’esprit de l’Avent, en considérant l’amour ineffable avec lequel la Vierge Mère attendait le Fils, seront amenés à la prendre comme modèle et à se préparer à aller à la rencontre du Sauveur qui vient, « vigilants dans la prière et remplis d’allégresse ».