Retour sur la Messe d'ouverture du Synode du 17 octobre à Bayonne

Retour sur la Messe d'ouverture du Synode du 17 octobre à Bayonne

 

 

 

 Dimanche 17 octobre, Monseigneur Marc Aillet a présidé la Messe d'ouverture du parcours synodal dans le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron en présence de nombreux prêtres et de fidèles du Pays Basque comme du Béarn. Nous mettons à votre disposition le texte et l'enregistrement de son homélie.

 

 

Pour écouter l'homélie:  

 

 

Calendrier du Synode dans le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron:

-Samedi 9 octobre 2021 : Assemblée du Conseil pastoral diocésain – Récollection et travail sur le questionnaire

-Mardi 12 et mercredi 13 octobre 2021 : Assemblée du Conseil presbytéral – Récollection et travail sur le questionnaire

-Dimanche 17 octobre 2021 : Messe d’ouverture en la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne à 16 h – Définition des modalités de la démarche synodale

-Samedi 13 novembre 2021 : Première assemblée synodale – Eucharistie et travail sur le questionnaire

-Novembre 2021 – mars 2022 : consultation de tout le peuple de Dieu (conseils pastoraux paroissiaux, mouvements et associations de fidèles, services diocésains dont l’Enseignement catholique, communautés religieuses, Séminaires)

-Samedi 19 mars 2022 : Assemblée synodale de conclusion – Retour de la consultation en vue du Rapport de synthèse.

 

 

Homélie de Monseigneur Marc Aillet

 

Chers frères et soeurs,

Merci d'être venus cet après-midi dans cette cathédrale, et vous aussi peut-être qui nous rejoignez par les ondes de Radio Lapurdi, pour inaugurer ce temps spirituel qui nous est donné pendant quelques mois et qui est cette démarche synodale, diocésaine, dans notre diocèse comme dans les diocèses du monde entier, pour préparer un Synode ordinaire des évêques qui se tiendra en octobre 2023 à Rome sur le thème "Pour une église synodale : communion, participation et mission".

Merci aux prêtres qui sont venus nombreux, quelquefois de très loin, et à vous tous, même si vous n'êtes pas une assemblée pléthorique, mais je pense que la foire au jambon a dû, non pas faire concurrence, mais encombrer suffisamment notre ville de Bayonne et rendre son accès plus difficile. Mais vous représentez aujourd'hui l'ensemble du diocèse dans toutes ses composantes; évêque, prêtres, diacres, consacrés et fidèles du Christ laïcs engagés dans nos communautés paroissiales, nos services diocésains, nos mouvements ou associations de fidèles, jeunes, j'allais dire vieux, non, ceux qui sont jeunes depuis un peu plus longtemps…

Un synode, comme vous le savez, c'est un temps privilégié que nous donne le Seigneur, à la demande du pape François pour marcher ensemble. Comme dit Peguy, c'est cela l'Église, c'est marcher tous ensemble pour aller au paradis, car il ne faut pas oublier le terme de notre marche qui est bien le Royaume des cieux que sans doute nous devons anticiper sur la terre par l'amour de Dieu et la charité fraternelle. Car nous avons un Grand Prêtre, comme nous l'avons entendu dans la deuxième lecture tirée de l'épître aux Hébreux, qui a traversé les cieux et qui nous précède dans le Royaume des cieux et qui nous conduit tous ensemble, pas un par un, chacun pour soi, parce qu'il n'a pas plu à Dieu de nous sauver un par un, mais à travers un peuple. Le peuple qu'il s'est acquis par le sang de son fils, c'est-à-dire l'Église. L'Église qui est d'abord, c'est sa nature même, communion et mission. Les deux mots extrêmes du thème de ce Synode sur la synodalité «Pour une Église synodale, communion, participation et mission». C'est un exercice de communion un synode, ce n'est pas le moment où nous allons nous opposer jusqu'à nous taper dessus les uns sur les autres, mais le moment de reconnaître que nous avons une égale dignité, que nous soyons évêques, prêtres, diacres, consacrés, fidèles du Christ laïcs. Égale dignité qui est fondée dans le baptême. C'est en souvenir de notre baptême, précisément au début de cette célébration, que nous avons été aspergés d'eau pour nous rappeler qu’il n'y a pas de plus grande dignité dans l'Église que celle du baptême, lorsque nous avons été plongés dans le sang du Christ pour être purifiés du péché originel et pour être incorporé au Christ le Fils bien-aimé du Père, pour devenir les fils et les filles de Dieu. Le baptême, qui est un appel à être configuré toujours plus au Christ, au Christ "Serviteur souffrant" comme nous l'avons entendu dans le livre d'Isaïe. Celui qui a offert un sacrifice d'expiation, de pardon pour les péchés des hommes, celui qui a pris sur lui nos fautes pour justifier les multitudes. Est-ce que vous êtes conscients de cela, chers frères et sœurs? Qu'un baptisé, ce n'est pas d'abord quelqu'un qui dit "j'ai droit à", "il faut que je fasse ceci", "on m'empêche de faire cela". Un baptisé, c'est quelqu'un qui est configuré au Christ et qui prend sur lui les péchés du monde entier, des membres de l'Église, les plus grands pécheurs et ceux de l'humanité tout entière pour justifier les multitudes, car Dieu a ouvert un chemin de rémission et de rédemption pour tous. Notre communion est fondée sur ce sacrifice du Christ auquel nous communions précisément dans l'Eucharistie et c'est par l'Eucharistie, qui rassemble les fidèles du Christ dans la communion au corps eucharistique du Christ, pour que nous devenions ce que nous recevons, c'est-à-dire le Corps mystique du Christ.

Chers frères et sœurs, c'est tellement important, en ces temps troublés que nous traversons, où l'on entend toutes sortes de voix qui disent "il faudrait faire ceci"," il faudrait réformer l'Église, sa hiérarchie" face aux scandales qui salissent le visage de l'Église. Ce pour quoi Jésus était d'une si extrême et rare sévérité quand il disait : " Malheur à ceux qui scandalisent les petits qui croient en moi, mieux vaudrait leur attacher une meule que tourne les ânes autour du cou, et que l'on précipite dans la mer". Le moment est de faire corps, chers frères et sœurs, de ne pas montrer du doigt tel ou tel qui aurait failli. Oui les evêques, sans doute, dans ces 70 ans, ont failli. Nous avons tous failli parce que nous sommes tous pécheurs, que nous constituons l'unique corps du Christ, que nous sommes les membres les uns des autres. Un membre souffre t-il, tous les membres souffrent. Un membre est-il à l'honneur, tous les membres se réjouissent. Nous voulons constituer ce Corps du Christ, le rendre efficient, fécond, visible, montrer le vrai visage du Christ. C'est la grâce que nous demandons aujourd'hui pour grandir dans la communion, que seul l'Esprit Saint peut réaliser.

Et le deuxième mot qui définit la nature de l'Église, c'est la mission. Nous entrons aujourd'hui dans la Semaine missionnaire mondiale. Le souci de la mission d'annoncer l'évangile du salut à toute la Création. Combien y a-t-il de personnes autour de vous, dans vos familles, dans vos lieux de vie et de travail, dans vos lieux de loisir, d'engagement associatif, caritatif, culturel, social, politique, qui ne connaissent pas Jésus-Christ ? Qui n'ont pas la grâce du Salut qu'il veut donner à tous ? Sommes-nous inquiets au fond de nous-mêmes qu'il y ait des hommes et des femmes qui ne connaissent pas Jésus-Christ ? "L'Église existe pour évangéliser", disait Saint Paul VI dans l'exhortation apostolique sur l'évangélisation dans le monde moderne. C'est la nature de l'Église que d'être missionnaire. Saint Jean-Paul II disait : "l'Église est un mystère de communion missionnaire".

Le but du Synode, c'est de nous faire prendre conscience à tous, vous m'entendez bien, tout les membres du peuple de Dieu, que nous avons à participer, le troisième mot : participation, à la construction de la communion de l'Église en un seul corps, même s'il faut exercer la charité fraternelle à travers ce que Jésus appelle la correction fraternelle. Il n'est pas interdit que l'Esprit Saint suggère au plus petit de corriger le plus grand, mais de manière fraternelle, avec le désir au cœur de gagner son frère et non pas de le dénoncer sur la place publique et de le traiter de publicain et de pécheur. Cela n'appartient qu'à l'Église dans son magistère quand tout a été essayé pour gagner son frère. La participation de tous, en vertu du baptême qui nous est commun, même si nous avons des ministères et des charismes qui sont diversifiés dans l'Église. Comme le dit le Pape François dans son discours inaugural du 9 octobre dernier :" Le Synode n'est pas un parlement, le Synode n'est pas une enquête d'opinion, c'est un temps spirituel, et spirituel vient de l'Esprit Saint". Si l'Esprit Saint n'est pas présent, il n'y a pas de Synode. Nous n'arrivons pas avec nos idées préconçues, ce que nous avons puisé dans notre raison ou dans le monde qui nous entoure et qui fait tellement pression pour obtenir que l'Église se réforme selon ses intentions. Nous arrivons avec un cœur ouvert pour accueillir ensemble l'Esprit Saint car le peuple de Dieu tout entier a reçu l'onction de l'Esprit Saint. Le peuple de Dieu tout entier est un peuple de prophètes, de prêtres et de rois par le don de l'Esprit Saint reçu au baptême, à la confirmation ou, pour nous, dans le sacrement de l'Ordre. C'est pourquoi l'exercice du Synode, qui sera bref pour nous, puisqu'il faut que nous rendions notre rapport avant la fin du mois d'avril, consistera en trois mots qui ont été déclinés par le pape François dans son homélie dimanche dernier en introduisant cette démarche synodale qui s'achèvera à Rome en octobre 2023 : se rencontrer, s'écouter et discerner.

Il y aura des temps pour se rencontrer au niveau diocésain; deux assemblées synodales. Une qui aura lieu le samedi 13 novembre à l'Immaculée Conception de Pau et qui rassemblera des représentants de tous les membres du peuple de Dieu; le Conseil épiscopal, le Conseil presbytéral, le Conseil pastoral diocésain, les curés et responsables des Conseils pastoraux paroissiaux les diacres permanents, les services diocésain, les mouvements et les associations de fidèles, les communautés religieuses, les consacrés… Tous seront représentés dans cette première assemblée synodale qui sera d'abord faite pour se rencontrer. Puis ensuite, cette première rencontre se déclinera dans les communautés paroissiales, dans les communautés religieuses, dans les mouvements, dans les services, dans les associations de fidèles. Pour quoi faire ? Pour écouter, écouter d'abord le Seigneur, sa Parole, écouter l'Esprit Saint car ce que les pasteurs veulent en consultant l'ensemble du peuple de Dieu, c'est discerner, c'est le troisième mot, ce que l'Esprit dit à l' Église. Ce ne sont pas des avis calqués sur les opinions du monde que nous solliciterons, chers frères et sœurs, chez vous tous, mais c'est le sens "surnaturel de la foi", éveillé, soutenue par l'Esprit Saint sous la conduite du magistère, pour peu qu'on lui obéisse fidèlement, qui nous donne d'accueillir la Parole de Dieu non pas comme une parole humaine, mais comme ce qu'elle est : la Parole de Dieu. Ce sens surnaturel de la foi, par lequel l'ensemble du peuple de Dieu, des évêques aux derniers des fidèles laïcs, apporte à toutes les vérités concernant la foi et la morale, un consentement universel. C'est l'à priori de départ qui nous rassemble dans la communion et qui nous permettra de le dire, car l'Esprit Saint parle par la bouche de tous, à commencer par les plus petits, comme saint Benoît le dit dans sa Règle: il faut que le Père Abbé écoute tous les frères à commencer par le plus jeune parce que l'Esprit-Saint parle parfois et souvent par le plus jeune. Être à l'écoute de ce que l'Esprit Saint dit à travers chacun, et à nous pasteurs de retenir ce qui plaît à Dieu et ce qui permettra de faire grandir la communion dans notre diocèse en vue d'être toujours plus efficace ou fécond dans la mission qui nous est confiée d'annoncer l'évangile du Salut. Et c'est ainsi que nous nous retrouverons pour une assemblée synodale conclusive sous le signe de Saint-Joseph le samedi 19 mars 2022, pour récolter les perles que nous espérons de l'Esprit Saint qui aura inspiré les uns et les autres, chacun, prêtre, diacre, fidèle laïc, consacré, pour la part qu'il a reçue, afin de l'envoyer ensuite au siège de la Conférence des évêques de France et de continuer ce chemin synodal qui se poursuivra par un Synode continental, et qui aboutira finalement à l'Assemblée générale ordinaire des évêques en octobre 2023. 

Comme je disais hier à une communauté religieuse, c'est vrai qu'à vue humaine, un Synode pourrait ressembler à une « usine à gaz ». À nous, chers frères et soeurs, d'en faire une « chaudière de l'Esprit Saint » ! Apportons nos charismes, l'Esprit Saint qui parle dans nos vies de baptisés, pour que nous puissions réchauffer l' Église qui en a tant besoin et réchauffer le monde avec l'évangile du Salut . Amen.  

      + Marc Aillet

 

 

 

 

 

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