Visite pastorale à la paroisse Notre-Dame de l'Assomption - Bayonne du 22 au 26 janvier 2014

A Bayonne il est courant de croiser Monseigneur Aillet lors de cérémonies célébrées en la cathédrale ou autres églises ou de l’apercevoir dans la rue, étant donné qu’il réside en notre ville. Mais il est vrai que nous les Bayonnais nous oublions que Notre-Dame de l’Assomption n’est qu’une des 69 paroisses du diocèse. Mais cette fois-ci, c’était notre tour. Nous allions recevoir Monseigneur lors de sa 44° visite pastorale. C’était à notre tour de lui montrer ce que nous faisions, qui nous étions et d’établir un lien encore plus proche lors des rencontres qui allaient rythmer cette semaine.

 Comme pour les autres paroisses Monseigneur nous a consacré cinq jours, du 22 au 26 janvier, toujours accompagné de M. le Curé François de Mesmay, en tant qu’hôte  qui lui montrait sa paroisse et sa ville. Notre évêque est allé à la rencontre de divers mouvements de service et de catéchèse, aumôneries d’étudiants et de jeunes travailleurs, secteurs d’activités de notre cité. Il a rencontré des élus, des bénévoles de notre paroisse et a fini par une célébration en l’église Saint-André suivie d’un moment de convivialité autour d’un pique-nique. Ces quelques jours avec Monseigneur Aillet ont été marqués par l’échange, la convivialité, son désir de découvrir ce qu’est vraiment Bayonne et sa population, ce que nous y faisons en tant qu’habitants, en tant que chrétiens. Nous pourrions dire qu’au-delà de la fraternité, cette semaine fut un moment marqué par l’envie de découvrir et de partager de sa part et d’accueil et d’enseignement pour nous.

Nous allons faire quelques focus sur certaines visites, non pas que certaines sont plus intéressantes que d’autres mais simplement parce que nous ne pouvions pas être partout.

La visite a démarré par les enfants du catéchisme le mercredi à l’aumônerie Arditeya. Les nombreux enfants010 présents ont pu participer à cette rencontre à travers des chants, la prière et des questions réponses à Monseigneur. Celui-ci leur a rappelé la définition d’un disciple et a insisté sur le fait « qu’eux aussi étaient des disciples» : « celui qui aime son prochain, celui qui aime Dieu, voilà ce qu’est un disciple ». Il a aussi souligné le rôle de leurs parents qui sont les premiers catéchistes et dont la mission est d’apprendre à connaître Jésus, à aimer Dieu et son prochain.  Puis les enfants ont posé leurs questions. Il est amusant de voir que ce sont souvent les mêmes : « Est-ce difficile d’être évêque ?, Est-ce que vous avez demandé de l’être ?» A ces questions Monseigneur a répondu que comme dans la vie de tout homme et de toute femme, il y a des joies et des difficultés. Il a raconté son parcours d’homme d’église et a résumé sa désignation en tant qu’évêque de notre Diocèse par l’expression : « c’est un appel » et « on a droit de refuser ? » à répondu l’enfant. Comme d’habitude, les enfants en sont venus aux symboles : la croix de Monseigneur : « Parce que la Croix de Jésus c’est le rappel de sa mort et de sa résurrection. Il est mort par amour pour nous », le col blanc de l’habit de clergyman ? « il est source de lumière car il rappelle l’eucharistie qui est le sommet de la vie chrétienne et l’essentiel de la vie d’un prêtre parce qu’elle est source de tout ministère ». Puis cette première visite s’est terminée par un repas organisé par les animatrices de l’aumônerie Arditeya. Monseigneur a terminé cette première journée de sa visite par une rencontre avec le SEM et le Conseil Pastoral et Economique.

 

Chambres des métiers 010Le jeudi a commencé par la messe des mamans qui a traditionnellement lieu ce jour là puis une visite à la Chambre des Métiers où`Monseigneur a été reçu par le président M. Legourgue et directeur de celle-ci, M. Gueucier. Monseigneur et les personnes qui l’accompagnaient ont été très intéressés par cette rencontre car cette structure a pour vocation, d’une part,  de représenter les intérêts de l’artisanat local, ce qui représente près de 1300 entreprises mais aussi de former les jeunes. Son directeur a parlé d’une double démarche d’accompagnement : des entreprises et des jeunes. Nous étions là au cœur de l’activité professionnelle de Bayonne et de sa région. C’est ainsi que nous avons pu voir que Monseigneur est intéressé par tous les aspects de la vie d’une paroisse et donc d’une ville. Il ne se limite pas aux seuls aspects liés à notre religion mais aussi à toutes les composantes qui font la vie d’une cité, d’une région.  Puis cette rencontre a été suivie par la visite du bâtiment, des salles et laboratoires de formation dont un sembla retenir plus particulièrement l’attention de certains visiteurs…l’atelier du chocolat… mais nous ne donnerons pas de noms !!!

 

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Puis la journée a abordé un autre visage de la réalité bayonnaise avec l’enseignement grâce à la rencontre avec les directeurs des écoles et lycées. Ce fut le moment de rappeler quel est le rôle de ces écoles en tant que lieu de formation chrétien.Elus 004

Le vendredi commença par une rencontre avec les élus de la ville. 7 d’entre eux avaient répondu à
l’invitation dont certains très engagés au sein de notre paroisse, leurs concitoyens étaient aussi invités à partager cette rencontre. Le lendemain, Monseigneur évoquera ce moment en parlant « d’une rencontre conviviale, avec des échanges très profonds ». Le dialogue s’est établi, très rapidement et facilement,  non seulement entre notre évêque et les élus mais aussi avec les Bayonnais présents. Tout le monde a pu s’exprimer,  les élus ont parlé des défis qu’ils ont à relever en tant qu’élus mais aussi en tant que chrétiens. Ces derniers ont trouvé ces échanges riches, profonds dans une atmosphère sereine. Il nous a été démontré que quand il y a écoute et respect, la politique et la religion peuvent faire bon ménage au  contraire de ce que certains veulent nous faire croire.

Le vendredi se poursuivit dans le monde de l’art par la visite de la nouvelle Cité des Arts. Il n’est pas surprenant que Monseigneur s’intéresse à ce secteur car Eglise et Art sont toujours allés de paire dans l’histoire à travers la musique sacrée, la construction des cathédrales et la peinture. Notre évêque, le Père de Mesmay et Maylis Tachon du Conseil Pastoral furent accueillis par M. Gavazzi directeur du Conservatoire Maurice Ravel et de l’Orchestre régional Bayonne Côte Basque et M. Duprat, directeur de l’Ecole d’Art. Ils étaient accompagnés par des élus ayant des responsabilités dans le monde de la culture Mesdames Contraires et Castel. La visite a commencé tout naturellement par l’ancienne chapelle car il ne faut pas oublier que la Cité des Arts été installée dans l’ancien séminaire, ce dont se souviennent les vieux bayonnais. Cet ancien lieu de culte a été transformé en auditorium car son acoustique est particulièrement remarquable. Ce moment a permis d’évoquer l’Orchestre Bayonne Côte Basque qui est une formation de 35 musiciens d’origine différente auquel peut se joindre un ensemble vocal mixte. Puis la visite s’est poursuivie par les salles de musique qui servent à la formation aux différents instruments. Monseigneur a eu droit à une démonstration, à sa demande. Le jeune joueur de batterie, quoique un peu intimidé, a accepté et ce fut pour le plus grand plaisir de tous.

Puis le groupe de visiteurs est monté au premier étage qui est réservé à l’art pictural, à la sculpture. Nous avons croisé autant d’enfants que d’adultes et  étudiants. Monseigneur a été très intéressé par le fait qu’ici le but n’est pas de faire de chacun des grands artistes mais plutôt de travailler sur le potentiel, de faire découvrir les diverses techniques afin que tous trouvent leur chemin, ce qui les motive plus, ce qui leur permet de mieux s’exprimer. Son attention a été attirée par un autre aspect de l’approche de cette école, ces cours sont ouverts à tous les publics de même que ceux qui concernent l’histoire de l’art de la fin du XIX° siècle à nos jours. Puis la visite s’est terminée par une petite rétrospective des différents moyens pédagogiques proposés aujourd’hui par la Cité des Arts.

La soirée se termina chez les jeunes. En effet, Monseigneur est allé à la rencontre des étudiants et des jeunes travailleurs à l’Aumônerie des étudiants. Nous savons tous que les jeunes occupent une place importante dans le ministère de notre évêque et peut-être dans son cœur. Il les accompagne tout le temps par le biais de rencontres, de rassemblements ou comme cet été aux JMJ de Rio de Janeiro. Peut-être a-t-il fait sienne cette phrase du Bienheureux Jean Paul II lors des JMJ de Toronto : « Vous êtes les sentinelles du XIXI° siècle ». Ainsi donc, le vendredi soir fut leur soirée. Les jeunes accompagnés des membres de Palavra Viva ainsi que des Pères Fabas et Mehrkens attendaient leur évêque accompagné de leur curé pour une rencontre autour d’un apéritif et d’un repas. Rien n’avait été oublié même le ménage fait par les premiers arrivés. C’est donc autour d’un pot que la soirée commença. Un côté convivial se dégageait du moment car une quinzaine de jeunes et leurs animateurs se trouvaient autour de Monseigneur. Certains n’étaient jamais venus, ils venaient par « curiosité », apparemment sans a priori. Après s’être tous présentés, Monseigneur les invita à DSC06774poser des questions, le démarrage fut un peu difficile, les jeunes étant impressionnés par la présence de leur évêque tout souriant, mais à cet âge là on n’a plus la spontanéité des enfants du catéchisme. Puis les premières interrogations se concentrèrent sur la semaine bayonnaise : quels moments l’avaient le plus marqué ? : « tous, je ne peux pas dire que j’en ai préféré un. Toutes, sont des rencontres différentes mais importantes ». Combien y-a-t-il de paroisses et à quel rythme vous les visitez ? : « une par mois mais cette fois ci c’est un peu différent, je retrouve mon lit tous les soirs, mais toutes les paroisses du diocèse sont importantes à mes yeux ». Puis ce fut notre évêque qui les interpella sur leur vie, leur vécu en tant que chrétien. A nouveau, comme pour les enfants le mercredi, il leur rappela qu’ils sont tous des témoins, des apôtres et qu’il n’y a pas à avoir peur d’assumer sa croyance, de revendiquer que l’on est catholique même dans une société dans laquelle on peut être montré du doigt. Monseigneur leur a parlé de notre monde, de notre société, des changements mais parallèlement de la nécessité de l’enracinement de notre croyance et que notre foi est au-dessus de tout et nous donne la force pour tout. Il a aussi parlé de la nécessité de prier pour nous et pour les autres et a cité en exemple , plein de fierté, l’adoration perpétuelle en l’église Saint-André : « vous vous rendez compte… est-ce que vous vous rendez compte qu’il y a des gens qui se relaient sans cesse tous les jours de l’année pour prier pour nous, c’est incroyable ! » A un moment, une jeune a abordé la question de l’avortement dans des cas extrêmes. LaDSC06786 voix de Monseigneur  était à la fois douce mais ferme, en parlant de l’enfant, il a répondu : « il s’agit d’un être humain », il a ponctué sa réponse de cette phrase plusieurs fois rendant son argumentation encore plus forte. Même sur un sujet aussi brûlant les échanges étaient respectueux de l’autre et il n’est pas dit que cette jeune fille ne se soit pas rangée aux arguments de Monseigneur, car elle opinait de la tête comme pour dire « je vous ai compris ». Puis, le temps du repas est arrivé et les échanges ont continué de manière conviviale comme le reste de la soirée.

Malheureusement, le samedi s’est levé sur un temps pluvieux comme on les connaît ici. Qui est bayonnais sait que ces samedis là il n’y a pas grand monde au marché sur les bords de la Nive. Mais la pluie n’a pas arrêté notre évêque qui n’a pas fait ses courses mais le tour des commerçants et de leurs clients. Certes, un matin ensoleillé, il aurait vu plus de personnes et les terrasses remplies de Bayonnais prenant leur café mais depuis qu’il habite dans son diocèse Monseigneur sait que nous pouvons avoir les 4 saisons dans une journée. C’est ainsi qu’il n’avait qu’à descendre la rue pour aller vers cette nouvelle rencontre. Les commerçants et les badauds furent réceptifs à la venue de ce « non habitué ». Certains étaient surpris mais conviviaux, d’autres très heureux de cette visite, certains mêmes très fiers comme cette vieille marchande du carreau : » et bien, c’est rare qu’on ait la visite de quelqu’un d’important ». Enfin tout se passa pour le mieux si on oublie les nuages et la pluie.

Le dimanche était le point d’orgue avec la célébration de deux messes. Monseigneur a tout d’abord célébré la messe en Basque. Il y avait les habitués et d’autres. Les chants toujours aussi beaux étaient là pour accompagner l’assemblée et l’aider à prier.
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Puis la messe de 11 heures. On peut dire que Monseigneur a « fait le plein ». Il y avait les habitués… et ceux d’autres relais qui voulaient partager ce moment en tant que paroisse. On peut parler de célébration intergénérationnelle, depuis le bébé en poussette jusqu’à nos aînés. Non seulement il y avait du monde mais l’assemblée était unie au nom de la paroisse et très priante. Lors de son homélie, Monseigneur a tout d’abord exprimé sa joie d’être parmi nous « beaucoup de servants, beaucoup de familles, beaucoup de jeunes... toutesDSC06833 les générations, une belle Eglise ». Il a rappelé qu’à travers sa visite qu’il préfère appeler Visitation, « c’est le Seigneur lui –même qui vient visiter son peuple ».  Durant son homélie, il n’a cessé de faire des parallèles avec les textes du jour mais le plus important pour nous qui le recevions fut les « deux défis à relever», les deux missions qu’ils nous a confiés : » le défi de la communion, le défi de l’unité…une communauté paroissiale UNIE », certes, il a évoqué nos relais avec leurs histoires différentes mais « l’originalité de chaque relais fait la richesse de la paroisse ». Puis il s’est référé aux paroles du Christ : « C’est dans la manière dont vous vous aimez les uns les autres que tous vous reconnaîtront mes disciples ». Il a souligné que : « vous êtes appelés à être des disciples missionnaires de l’Evangile ».

Le deuxième défi s’est ancré dans les paroles du Pape François : « L’Evangile ne peut se passer du poumon de la prière ». Il nous a rappelé que nous avons l’adoration perpétuelle, le Carmel près de nous et que la prière doit faire partie intégrante de nos vies de catholiques ». Puis il a terminé sur ces mots : « ce sont les 2 défis que je vous confie ».

Vue du presbytère, la sortie de la messe fut comme une nuée de moineaux multicolore autour de notre évêque. Bien sûr, il tenait à saluer tout le monde, serrant les mains, embrassant les enfants, ayant un mot pour tous. Mais vu d’en haut, on ressentait un moment de partage, une envie de dire aux autres, on est là, on est heureux, on est ensemble.

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Il y a toujours une fin à tout et pour cette visite ce fut le pique-nique ; des grandes tables dans la salle de Saint-Amand : un monde de partage à tous les sens du terme. On se retrouvait entre amis, par affinités mais aussi on parlait avec le voisin, les enfants couraient dehors et dedans et Monseigneur passait de l’un à l’autre. Chacun se devait de l’inviter qui à une tranche de saucisson ou de jambon, ou un peu de salade ou un morceau de fromage ou de gâteau. Nous nous sommes posés à ce moment là une question. Certes notre évêque nous a parlé de son rôle mais a-t-il oublié de dire qu’au-delà de toutes ses missions, il fallait aussi avoir un bon estomac ? car chacun voulait qu’il goûte son pique-nique. Ce fut un moment de partage. Un moment non pas comme une kermesse mais plutôt une réunion de famille. Dans les banlieues ont parle souvent des « grands frères », celui qui rappelle ce qu’on a besoin d’entendre, celui qui nous guide, et bien c’est ce que nous avons ressenti : un moment de partage avec un grand frère et que Monseigneur ne nous en veule pas pour cette comparaison car elle est pleine de respect et d’affection.

Puis ce fut le temps de tout ranger et nous sommes repartis vers notre quotidien avec plein de mots de défi que nous essayerons de relever et aussi pleins de rencontres pendant 5 jours avec notre évêque.

Que dire de cette visite ou visitation ? Un moment de joie, de partage, de convivialité. Alors, merci Monseigneur d’être venu, d’être d’avoir partagé notre quotidien et nos questionnements. Merci de nous avoir rappelé certaines choses , de nous avoir enseigné.

Merci tout simplement d’être venu. Sachez que les bayonnais vont relever les défis que vous leurs avez lancés et qu’ils vous accueilleront à nouveau avec plaisir dès que vous le souhaiterez.

 

source: http://www.paroisseassomption-bayonne.com/index.php/component/content/article/30-news-accueil/185-visite-pastorale-nous-etions-ca-44eme-paroisse-retour-sur-l-evenement