Un cimetière de sable au Refuge à Anglet!


Au Refuge à Anglet, se trouve un cimetière de sable. Ce nom "cimetière de sable" est assez surprenant, d'autant qu'il est unique en France. C'est pour cela que nous avons décidé de le découvrir.

Ce reportage a été réalisé par Emma Laval, élève de 3ème au collège Saint-Bernard de Bayonne, en stage au service communication du Diocèse.

 

 

Lorsque nous entrons dans ce cimetière, on ne l'imagine pas ainsi. Il étonne par l'originalité de ses tombes de sable décorées de coquille Saint-Jacques, et par sa taille.

 

vue du cimetière de sable, au Refuge à Anglet

 

détail d'une tombe en sable

 

Accompagnés de sœur Maryse, la mère supérieure du couvent des Bernardines,  nous avons pu découvrir l'origine de ce lieu, le Refuge, et en savoir plus sur l'intriguant cimetière de sable.

C'est le père Cestac qui fonde la communauté des servantes de Marie. Ce sont des jeunes filles abandonnées, qui ici, veulent vivre une vie de consacrées.

En 1854, le cimetière a  été construit à la demande d'Elise Cestac, la sœur du fondateur de la Communauté, qui voulait être enterrée sur place, et à même le sable en signe de dépouillement. Depuis ce moment-là, ce sont des sœurs Bernardines ou les Servantes de Marie qui y reposent. Tous les ans,  pendant le temps du carême, les tombes sont remodelées par les jeunes des aumôneries de la région, perdurant ainsi la mémoire de ses religieuses et de ce lieu étonnant.

 

interview de soeur Maryse par Emma

 

Nous sommes ensuite allés visiter la chapelle de sable. C'est une chapelle avec un toit en paille de jonc dont le sol est en sable fin; comme il l'était à la création de cette petite chapelle.

 

La chapelle en jonc et sable

 

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Emma Laval, pour le site www.diocese64.org

 

Site web de la communauté: http://notredamerefuge.over-blog.com/

 

LE PERE CESTAC:

Famille, enfance

Louis-Édouard Cestac est né à Bayonne (France) le 6 janvier 1801, au numéro 45 de la rue Mayou (aujourd'hui 57 rue d'Espagne). Son père était chirurgien de la ville et des prisons, après avoir servi sur les bateaux. A trois ans l'enfant est terrassé par une maladie devant laquelle les médecins s'avouent incompétents. Sa mère prend son enfant inanimé et l'apporte devant la statue de la Vierge du Boucau au sanctuaire de Saint-Bernard dans l'ancien couvent des Cisterciens, où il se trouve guéri miraculeusement. Louis-Édouard fréquente la pension établie par l'Abbé Dargagnarats au lendemain de la Révolution française. Il y développe sa piété, son amour de l'étude et manifeste une ouverture aux disciplines les plus diverses. Et fut alors qui’il fait part à son père de sa décision de devenir prêtre.

Au Séminaire

"Viens, suis-moi". Cette voix qui l'appelle, Louis-Édouard l'a identifiée peu à peu dans le climat familial, les leçons, les exemples de ses maîtres. Il entre au Petit Séminaire d'Aire sur Adour. Les mathématiques et les sciences l'attirent et occupent ses loisirs. Ses talents de musicien font la joie de ses camarades. En 1820, il est choisi pour terminer ses études au Séminaire St Sulpice, à Paris. Malheureusement, il ne peut supporter la vie et le climat de Paris et rentre à Bayonne malade, pour la Noël 1821. En 1822, il est envoyé au Séminaire fondé à Bayonne en 1733 et pour Louis-Édouard débutent neuf années d'expérience exceptionnelle: le 17 décembre 1825 il est ordonné prêtre dans la chapelle du Séminaire et pendant les suivants six années il est économe de la maison, professeur de musique, de mathématiques, enfin professeur de philosophie. Le 31 août 1831 il est nommé vicaire de la cathédrale de Bayonne.

Vicaire à la cathédrale de Bayonne

Père Cestac est logé dans sa famille, rue Mayou qui va devenir très vite la maison des pauvres qui s'échelonnent dans l'escalier. L'Abbé leur donne ce qu'il a, veillant à ne décourager personne. Il a vite compris la nécessité de trouver une solution au problème de la misère et de la dégradation qu'elle entraîne. Père Cestac est particulièrement sensible à la détresse des fillettes qu'il rencontre, vêtues de haillons, un panier sous le bras. Pour elles, il va créer un foyer le 11 juin 1836, dans une cuisine en terre battue et une chambre que lui offre Monsieur Dubrocq, ancien maire de Bayonne, au quartier des Arènes. Des jeunes filles viennent seconder l'Abbé dans son projet d'éducation et partager les difficultés de l'œuvre. La propre sœur de l'Abbé Cestac, Élise, va se joindre à l'équipe. Elle sera la vraie mère des orphelines, toujours prête à aimer, à donner, à se donner. Un autre problème obsède l'Abbé Cestac: ces jeunes filles sans expérience, venu de la campagne pour échapper à leur condition misérable et qui sombrent dans la prostitution et le crime. "Devant ce cadavre d'une prostituée de 20 ans, au milieu des cris et des sanglots de ses compagnes épouvantées - écrit-il - je promis au Seigneur de travailler tous les jours de ma vie à préserver les jeunes innocentes et à retirer celles qui s'étaient perdues".

Notre-Dame du Refuge

Après avoir acheminé les jeunes filles qui viennent lui confier leur désarroi vers les Refuges de Toulouse, Bordeaux et Montauban, l'Abbé se trouve contraint de chercher une autre solution : toutes les portes se ferment, les recrues étant assez nombreuses dans ces lieux. L'heure de la décision sonne lorsque, un soir, il voit arriver deux jeunes filles qui lui demandent de les accueillir. Décision audacieuse et qui va provoquer un "tollé" dans la ville : il offre à ces "Repenties" un logement dans le grenier de la maison des orphelines, grenier où l'on accède par une trappe. Un nouveau plan de rééducation a été inspiré à l'Abbé Cestac dans la chapelle d'Hasparren : l'œuvre sera établie, non pas en ville, mais à la campagne, en plein air. Au milieu des critiques, quelques voix encourageantes, comme celle de la Mère Élisabeth Bichier des Ages, fondatrice des Filles de la Croix l'engagent à poursuivre son inspiration. Il a surtout cette assurance que la Vierge a mise tout au fond de son cœur : "Moi, je les garderai". Les circonstances amènent l'Abbé Cestac à acheter à Anglet (Basses-Pyrénées) la maison Châteauneuf, le 24 novembre 1838. Il l'appelle Notre-Dame du Refuge.

Les Servantes de Marie

En 1841, une perspective nouvelle s'ouvre à l'Abbé Cestac. On lui demande quelques-unes de ses auxiliaires pour le service du Lycée de Toulouse. Monseigneur Lacroix l'encourage à répondre à l'appel et lui propose de créer une Congrégation religieuse. Ce sont les Servantes de Marie. L'Abbé a écrit leur Règle de Vie à Bétharram, auprès de son ami Michel Garicoïtz. La nouvelle famille religieuse naît dans l'Église le 6 janvier 1842. Elles sont quatorze à recevoir la consécration. Les Servantes de Marie vont poursuivre à travers le monde l'aventure du "vicaire descendu dans la rue".

Les Silencieuses de Marie ou Bernardines

L'Abbé Cestac devient propriétaire d'une cabane et d'un lopin de terre par testament de M. Arnaud Larrieu. C'est là que quelques jeunes filles peuvent, selon leur aspiration, vivre dans le silence et la solitude, à la manière des Trappistes. Le 12 décembre 1851, une nouvelle branche s'ajoute à la Congrégation des Servantes de Marie : les Bernardines ou Silencieuses de Marie, vouées à la mortification perpétuelle des yeux et de la langue. Celles que le monde rejetait comme indignes de vivre sont placées comme signe de l'Amour de Dieu pour indiquer à tous la tendresse du Père qui rend la vie et la dignité au fils perdu.

L'enseignement

L'Abbé Cestac va lancer les religieuses dans l'enseignement au moment où intervient la loi Falloux, en 1850. Il devient maître et formateur dès que la Congrégation a obtenu la reconnaissance légale par Décret de Napoléon III, en date du 14 décembre 1852. Et les Servantes de Marie essaiment au Béarn, au Pays Basque, les Landes, la Haute Garonne, vers l'Ain, la Charente, le Nord, le Pas-de-Calais, l'Île de Ré, l'Espagne,...

La poursuite de son oeuvre

En 1860, la Congrégation est devenue autonome, avec une Supérieure Générale et un Conseil. En 1862 a été signé le Décret qui remet à la Congrégation tous les biens acquis au nom du Père Cestac, lorsque l'Institut n'avait pas d'existence légale. Les Servantes de Marie continuent à répondre à la "clameur des pauvres" en France, en Espagne, en Amérique Latine, en Afrique, en Inde. Le 13 janvier 1863, dans la chapelle de N.D. du Refuge le Vénérable père Cestac, eut, aux pieds de l’image de la Mère de Dieu, la perception de la multitude des démons répandus sur la terre et en même temps la vision de la Sainte Vierge que lui dicta la supplique “Auguste Reine”. Le 27 mars 1868, le vénérable père arrive au bout du voyage.

"Ma vie s'est passée au milieu des pauvres et des petits ; je les aime et je sens tout ce qu'on leur doit d'intérêt et d'amour".

Le sépulcre du Vénérable père Louis-Édouard Cestac se trouve à Notre-Dame du Refuge à Anglet.