CRISTEROS: Vive le Christ Roi! Houra!

En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès, qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l’ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les CrisTeros, vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l'Histoire du Mexique, mise en scène dans un film magnifique, à voir absolument.

 

"Cristeros", le "Braveheart Mexicain" est diffusé dans les salles suivantes:

Cristeros est une grande fresque historique, avec un casting prestigieux (Andy Garcia, Eva Longoria, Peter O’Toole et Oscar Isaac), sur une musique de James Horner (Avatar, Titanic et tant d‘autres), réalisée par Dean Wright (plusieurs fois oscarisé pour ses effets spéciaux, réalisateur d’une partie de Narnia et du Seigneur des Anneaux). 

Ce film grandiose nous fait vivre le vaste soulèvement populaire qui secoua le Mexique à la fin des années 20, suite aux lois du président Calles, une page sombre de l’histoire du Mexique et encore bien douloureuse pour les Mexicains.

Liens utiles :

 

 

Revue de presse du film Cristeros:

 

FigaroVox

Les cristeros et la grande peur des bien-pensants

 

FIGAROVOX/OPINION- Le film Cristeros, qui raconte la révolte des catholiques mexicains contre le président Calles et ses lois anticléricales a été jugé sevèrement par certains médias. Jean-Yves Riou prend sa défense sur Figarovox.


Jean-Yves Riou est directeur d'Histoire du christianisme magazine et directeur des éditions CLD.


Plutarco Elias Calles, l'ancien gouverneur du Sonora qui n'aimait ni les Chinois ni les catholiques, devenu président du Mexique en 1924 par la volonté de son prédécesseur, après une purge sanglante et des élections truquées, l'homme qui accepta, en 1927, un don de 10 millions de dollars versé par le Ku Klux Klan pour éradiquer le papisme, l'homme que Mussolini inspirait et que l'ambassadeur américain Morrow traitait de «gangster», vient de trouver de nouveaux alliés dans les milieux des informateurs religieux et des critiques de cinéma. La rencontre s'est tenue dans une salle obscure lors de la projection du film Cristeros.

Selon eux, Cristeros ferait peu de cas de l'histoire. Admettons. Mais, alors, pourquoi font-ils la même chose? Au palmarès de la désinformation majuscule, deux palmes d'or. Le Monde du 13 mai qui benoîtement suggère que l'autre nom de l'anticléricalisme mexicain serait la laïcité. Lisons donc la constitution «laïque» de 1917: les ordres monastiques sont illégaux (article 5), l'Etat est autorisé à confisquer les biens de l'Eglise (art 27), le gouvernement peut fixer le nombre de prêtres dans chaque localité (article 130).

Il y a pire et c'est dans La Croix du 14 mai. L'auteur écrit: «Mais forçant le trait sur la brutalité des soldats de l'armée fédérale, ce film oublie l'interdit évangélique de toute forme de violence, y compris pour défendre le Christ.» Laissons la fin aux théologiens pour appeler le spécialiste à la barre: «Les vétérans des deux camps, la presse de l'époque, les rapports diplomatiques, les interpellations du Parlement disent tous la même litanie d'horreurs, perpétuées par les photographies, prises par l'armée fédérale. On ne fait pas de prisonniers, on décime les populations civiles prises en otages. La torture est systématique, pour obtenir des renseignements mais aussi pour prolonger le supplice, pour obliger les catholiques à renier leur foi, puisque la mort ne suffit pas […].» (La rébellion des Cristeros, page 245, Jean Meyer, CLD) Le contexte de la révolution mexicaine, la nature de la guerre et le recrutement de l'armée expliquent cela.

Cristeros, on l'aura deviné, aseptise largement les crimes fédéraux. Il n'oublie pas de montrer celui commis en 1927 par le général cristero Vega, «Pancho Villa en soutane», lors de l'attaque d'un train. Le seul de ce genre commis en trois ans de guerre par l'armée cristera et de surcroît par un prêtre. Nul manichéisme ici.

Et franchement, jusqu'à quel point demander à un film d'être historique? Bien sûr, les personnages et leurs itinéraires sont recomposés, des choix apparaissent critiquables, des omissions regrettables, mais le cadre général est suffisant pour un public, journalistes compris, qui découvre une page méconnue de l'histoire mexicaine.

Il ne faut pas nier les risques - variés - d'instrumentalisation. Mais quoi de mieux, alors, que les travaux historiques pour les contenir. Si les bien-pensants s'intéressaient aux cristeros, au lieu d'en avoir peur, ils découvriraient que leur cri de ralliement, «vive le Christ-Roi», ne traduit pas un rêve de chrétienté obsolète, que leur dévotion pour Notre-Dame de Guadalupe signe leur appartenance à un Mexique métissé et indien, détesté par Calles. Ils découvriraient que dans les zones «libérées», les cristeros, lassés des excès de la révolution, ont cherché la justice, promu l'égalité et l'éducation, vécu une forme de démocratie participative, découvert les liturgies sans prêtre.

Cristeros offre une formidable occasion de se documenter et de chercher à comprendre une aventure humaine et spirituelle, donc universelle. Pourquoi la bouder?

Parce que, les cristeros n'intéressent pas les journalistes qui poursuivent d'autres buts. Ceux de La Croix sont limpides: il ne faudrait pas que les cristeros viennent gonfler les rangs de La Manif pour tous. Pas moins. Mais ces derniers n'en sont pas encore à défiler. Réfugiés dans les salles obscures, ils se demandent surtout combien de temps ils vont pouvoir y rester.

Au fond, peu importe les regroupements de populations ordonnés par le ministre de la Guerre, le général Amaro, et les souffrances endurées. Peu importe les victimes. Ce qui compte, c'est l'idéologie. Alors, après tout, pourquoi ne pas réhabiliter l'armée fédérale et la politique religieuse de Calles?

Allez, soyons juste, Calles avait la stature d'un homme d'Etat (Meyer) mais reconnaissons aussi que ses fantasmes antireligieux ont conduit son pays dans une impasse. Pour en sortir, il a fallu se débarrasser de lui. C'était en 1935. Il n'y pas si longtemps.

Quant aux cristeros, leur épopée magnifique n'a pas fini de nous inspirer.

 

Famille Chrétienne

Témoignages : ils ont vu Cristeros

L’Église fête le 21 mai saint Christophe Magallanes, joué par Peter O’Toole dans le film Cristeros de Dean Wright. À cette occasion, des spectateurs témoignent de la fécondité spirituelle de l’exemple des Cristeros, telle qu’elle est rapportée dans le film.

Les spectateurs ont apprécié la dimension familiale du film. Laure A. estime avoir « appris beaucoup de choses » et salue la retenue dans la description de la violence : « on ne voit pas d’atrocité, aucune scène de torture, sauf une, mais qui est juste suggérée. »

Charlotte G. souligne aussi « la finesse avec laquelle le scénario a su montrer la dureté de cette lutte mais sans tomber dans le sanguinolent. En sortant de la projection, ma seule question était : "Vais-je emmener ma petite fille de 10 ans voir ce film si beau mais si dur ?" Et finalement la réponse sera oui… car ce film, porte un message très intéressant pour notre jeunesse consommatrice quant au sens que la vie peut avoir… et ce n’est pas de foi qu’il s’agit, c’est de maîtrise de son destin par l’engagement. »

Le scénario a su montrer la dureté de cette lutte mais sans tomber dans le sanguinolent.

Elle ajoute : « Au commencement, il y a la curiosité de découvrir comment un tel sujet a été traité par le cinéma du XXIème siècle. L’envie aussi d’aller voir ce que certains décident de taire… Mais ce qui se passe ensuite vous échappe… Il y a Andy Garcia, habité, si posé et suffisant en même temps, si humble et dominant, un homme quoi, mais un beau, un vrai… Et puis il y a la curiosité de voir Eva Longoria autrement… Et Dieu sait si elle est ici touchante d’élégance et de retenue… Et que dire du jeune José sinon que toutes les mères de France qui auront croisé son regard garderont l’image de ce jeune garçon qu’elles auraient tant aimé élever mais avec une autre fin pour cet enfant. Lima N. a aussi été frappée par « le martyre de José, la croix qu’il trace au sol et remplit de son sang » et par sa mère qui, telle « une Pièta, re[çoit] son fils mort dans ses bras. »

Cristeros est jugé comme un film émouvant qui suscite une réflexion féconde sur l’action du chrétien, et de tout homme de bonne volonté, dans le monde.

Pour Nicolas N., l’histoire des Cristeros, était « totalement inconnue avant la sortie sur les écrans du film de Dean Wright. Le titre original du film est : For Greater Glory (Pour sa plus grande gloire). Et je crois que c’est ce qui m’a le plus touché ! Le fait de réaliser que ces hommes et femmes se sont battus jusqu’au prix du sang afin de retrouver une liberté de culte et une vie de foi qui soit avant tout ordonnée à la plus grande gloire de Dieu ! »

Charlotte G. souligne que le film fait vraiment « vivre une épopée », « peut-être parce qu’on sait que tout cela fut réel et que nous vient la conscience aiguë que tout pourrait recommencer et qu’il nous va falloir témoigner. »
Cette actualité des questions posées par le film, sur le recours à la force pour défendre la liberté, ici de religion, est soulignée par de nombreux spectateurs. « Comme plusieurs des personnages, il me faut faire mon chemin entre non-violence par imitation du Christ doux, offrant sa vie comme l’agneau mené à l’abattoir et combat (voire combat armé) contre l’injustice, pour la Vérité. »

Comme plusieurs des personnages, il me faut faire mon chemin entre non-violence par imitation du Christ doux (...) et combat (voire combat armé) contre l’injustice, pour la Vérité. »

C’est un appel à suivre le Christ, mais aussi un message d’espérance dans l’action de Dieu pour le salut des hommes. Pour Nicolas E., « un aspect du film nourrissant pour la foi, est la conversion progressive du général Valerde. S’engageant dans l’armée Cristeros sans croire en la cause qu’il doit défendre, il meurt confessé et le visage apaisé. »

Virginie M., enfin, y voit un exemple pour sa pratique religieuse en France : « Ce film m’a donné encore plus envie de montrer ma foi, de ne plus avoir peur de me montrer et de me révolter contre les injustices et profanations que nous, les chrétiens subissons sans que le gouvernement lève le petit doigt. »

 

Pauline Quillon

 

Aleteia

Cristeros, 4e des sorties cinéma de la semaine en France

Ce sont finalement 61 salles un peu partout en France qui diffusent la saga des Cristeros, portée par un trio de tars : Andy Garcia, Eva Longoria, et Peter O Toole dans l'un de ses derniers rôles.
 

Pari réussi ! Trois jours après sa sortie, le film Cristeros se place en 4e position des 14 sorties de la semaine ! Un véritable exploit pour un film proposé dans seulement 61 salles, quand Godzilla arrive en tête avec dix fois plus d'écrans. Plus étonnant encore : sur  le site de référence en matière de cinéma, Allociné, où les spectateurs le classent pour l'instant, excusez du peu, "meilleur film de tous les temps" !

L'avant première de Cristeros à Lyon avait déjà été victime de son succès : de très nombreux spectateurs avaient dû être refoulés faute de places...  À Lille et Versailles, elles ont également fait salle comble, rassurant ainsi les exploitants qui hésitaient encore. Résultat : alors qu'une semaine avant la sortie du film, seules 22 salles avaient accepté de le diffuser, le voilà finalement à l'affiche dans 61 salles (cf liste complète à la fin de cet article). UGC a notamment décidé de programmer le film dans quasiment toutes ses salles en province.

Quelle est l'histoire racontée dans Cristeros, au cas où vous l'ignoreriez encore ? En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique, suite aux lois du président Callès, qui interdisent toute pratique religieuse dans l’ensemble du pays. Après un premier temps de protestation pacifique, des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros, vont alors se révolter et risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions...

Pour être allé le voir, il faut être clair : un croyant ne sort pas indemne d'avoir vu ce film. L'histoire, les actes, choquent, blessent, émeuvent, et font se poser des questions de fond sur la liberté de pratiquer sa foi, et la liberté tout court. Des questions toujours d'actualité dans bien des pays, comme l'ont hélas prouvé ces derniers jours l'enlèvement de lycéennes par Boko Haram ou la condamnation à mort d'une jeune chrétienne au Soudan…

Quelques villes importantes ne proposent pas de voir Cristeros pour le moment. Les résultats de la sortie nationale sur les 61 salles programmées les feront peut-être changer d'avis... Une raison de plus, s'il en fallait une, de ne pas attendre pour aller voir ce film. N'attendez pas, et ne regrettez de ne pas y être allé plus tôt, car la plus grande partie des films ne restent qu’une semaine à l’affiche !