La Fraternité chrétienne des personnes malades et handicapées

La Fraternité chrétienne des personnes malades et handicapées

C'est en 1952 que l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France a reconnu officiellement  la Fraternité catholique des malades comme mouvement d’évangélisation. Histoire de ce mouvement où « les malades soignent les malades ». Par l’abbé Bertrand Laborde

Tout était parti, quelques années plus tôt, de l'intuition d'un prêtre du diocèse de Verdun, le père Henri François.

L'abbé François avait été ordonné dans des circonstances très particulières puisque son évêque avait déclaré : « On va l'ordonner tout de suite pour qu'il puisse célébrer quelques messes avant de mourir ». Le jeune homme était atteint de tuberculose. On comprend, dans ces conditions, la tournure de la nomination qui a suivi : « Rentrez chez vous et soignez-vous ! »

Les soins, constitués surtout de repos et de repas corrects ont été efficaces, le convalescent s'est vite lassé de tant de repos forcé : il a demandé à son curé de lui confier une tâche : « Vous êtes malade, visitez donc des malades ! » L'abbé François se donne de tout son cœur à ce ministère. C'est l'après Première Guerre mondiale, les malades et handicapés (surtout amputés) sont nombreux : le visiteur se double vite d'un assistant social. Il n'y a pas encore de sécurité sociale, la misère arrive dans les familles très vite après la  maladie.

Après la convalescence, c'est, heureusement, la guérison : le Père François peut recevoir une nomination « normale » : vicaire, curé, aumônier d'hôpital : on reste avec des malades, mais à l'intérieur de l'institution. Les infirmes qui étaient visités chez eux se sentent un peu abandonnés et se plaignent. C'est alors que naît une intuition : quelques années avant la Première Guerre mondiale un jeune prêtre Bruxellois, vicaire en banlieue ouvrière, avait fondé la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) en invitant les jeunes ouvriers à devenir les apôtres des jeunes ouvriers. Henri François recopie la formule : «  les malades deviendront les apôtres des malades ». Quelques femmes prennent leurs béquilles, vont visiter d'autres infirmes, les réunissent en présence de l'Abbé qui aide à réfléchir et à prier en rappelant la consigne évangélique : « Lève-toi et marche ! ».

Invité à clôturer une retraite qui a réuni 150 personnes, l'évêque de Verdun  est enthousiaste : « ça sent bon l'Evangile ». Le prélat est heureux de parler de l'expérience à son archevêque : Henri François est appelé pour témoigner dans d'autres diocèses. Ses premières collaboratrices demandent à vivre ensemble : le diocèse prête une maison qui devient foyer. Plus tard ces premières responsables demanderont à vivre en consacrées et l'institut « Notre-Dame de l'offrande » sera fondé.

La Fraternité chrétienne des personnes malades et handicapées est un mouvement d'apostolat basé sur la réflexion et l'action. Comme un grand nombre de mouvements d'Action catholique il propose  une campagne d'année qui permet à des équipes de réfléchir, de prier, de témoigner : rejoindre les frères et sœurs en situation de handicap physique et les aider à prendre leur place dans la cité comme dans l'Église.  Le comité national propose la campagne d'année et publie un bulletin trimestriel « De tous à Tous » pour permettre l'information. Les équipes diocésaines organisent des récollections, des journées d'approfondissement parfois (à Bayonne en particulier) des séjours  - vacances.

 

Depuis 1945 le monde a changé : Les Etats, les collectivités locales, les entreprises et les administrations ont facilité la vie des personnes malades et handicapées : véhicules et logements aménagés, accès au travail et aux loisirs. Des associations et organismes plus laïcs poursuivent les mêmes buts que la Fraternité, souvent avec des moyens financiers plus importants. La « Frat » n'est plus mouvement de masse, il retrouve et approfondit l'intuition du fondateur : rejoindre les isolés (il y en a encore beaucoup), leur proposer l'écoute d'un frère ou d'une sœur qui assume les mêmes difficultés, proposer la prière et la célébration. Cette tâche est une mission d'Église : autant que nous le pouvons, nous la vivons en collaboration et communion avec la Pastorale de la santé promue dans les diocèses. Nous apprécions les actions de la PPH mise en place dans nos diocèses pour rejoindre et relier les personnes portant les handicaps les plus variés.

La Fraternité est présente dans notre diocèse : équipes de réflexion à Bayonne et à Mauléon, points de rencontre et de partage à Pau, à Navarrenx, à Orthez. Nous vivons tous les ans une récollection de carême, organisons une « fête de l'amitié » au mois de mai, participons au pèlerinage diocésain à Lourdes. Nous parvenons encore à organiser un séjour-vacances d'une semaine au mois de septembre. Le bulletin « Amitié » constitue un lien précieux entre les uns et les autres.

On peut toujours joindre :

 

Michèle Mesples, notre présidente 0559276748

Colette Perez, responsable du séjour-vacances 0559035040

Irène Agoutborde,  secrétaire  0559660114

Dominique Jaureguy, trésorier 0559658771

L'abbé Bertrand Laborde, aumônier diocésain 0612365323