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900 ans de service auprès de « nos Seigneurs les malades »

En 1113, l’Ordre de Malte était reconnu comme un ordre religieux laïc, placé sous la tutelle directe du Saint-Siège. 901 ans plus tard, l’ordre de Malte agit toujours en France et dans le monde, fidèle à ses valeurs chrétiennes, auprès des lépreux mais aussi plus généralement auprès des plus pauvres et des malades. Entretien avec le nouveau délégué des Pyrénées Atlantiques : M. Michel Germain.

 

Notre Eglise : Quelle est la mission de l’Ordre de Malte ?

M. Germain : C’est un ordre chrétien, reconnu mondialement qui, outre un poste d’observateur à l’ONU, a plus de 120 ambassadeurs dépendant du Siège à Rome. Il est composé de 13 000 chevaliers et dames de l’ordre, et de 120 000 bénévoles. C'est l’une des plus importantes organisations caritatives internationales. Sa mission est la même depuis sa fondation : être au service des plus pauvres et des malades, en s’appuyant sur trois notions : l’accueil de toutes les personnes en détresse, le soin des blessés et des malades, l’exercice de la charité. Le principe suivi depuis la fondation de l’Ordre est de rechercher le mieux pour les plus pauvres et pour « nos Seigneurs les malades ».

Comment se déploie cette mission en France ?

En France, l’ordre de Malte développe sa mission à travers plusieurs volets : la solidarité, la santé (en lien avec l’international), les secours, les formations. On croit souvent que l’Ordre de Malte ne s’occupe que de la lèpre, mais ce n’est qu’un des volets de son action.

-Concernant la solidarité : il est engagé dans la lutte contre la précarité (accueil, hébergement, soins et réinsertion des personnes sans-abris) ; l’aide aux migrants ; l’accompagnement tutélaire des personnes confiées par décision judiciaire.

-Il mène aussi des actions de secours pour venir en aide aux victimes lors de catastrophes naturelles ou humanitaires, tant sur le territoire qu’à l’international 

-En ce qui concerne la santé, l’Ordre de Malte a toujours développé des initiatives novatrices dans le domaine médical et les soins. En France, 16 établissements accueillent des personnes handicapées, âgées dépendantes et autistes. A l’international, avec 14 établissements en gestion directe (6 hôpitaux et 8 centres de santé) et 166 centres de santé soutenus, son action est consacrée à la lutte contre les grandes endémies, les soins aux malades et l’envoi de produits de santé et à sa participation active à un programme mondial de lutte contre la lèpre.

-Enfin, l’ordre de Malte France couvre trois domaines de formations, en lien avec ses activités hospitalières, médico-sociales, de secourisme et de secours aux victimes.

Et dans notre département ?

Nous allons créer une Unité départementale d’intervention de l’Ordre de Malte (UDIOM64), qui sera composée de bénévoles formés aux gestes d’urgence, pour les grandes manifestations ou les entreprises qui en ont besoin.

Nous allons également lancer des actions en faveur des hôpitaux avec lesquels nous sommes en lien à l’international. L’idée est de créer de vrais liens de solidarité entre le donateur et le récepteur.

Quel est votre rôle ?

Depuis juin 2014, la responsabilité de la délégation départementale m’a été confiée. Mon objectif est de créer, avec l’aide de bénévoles actuels et à venir, un maillage dans tout le département pour mieux structurer, organiser les actions de l’Ordre et lui donner une plus grande visibilité.

Comment êtes-vous arrivé à l’Ordre de Malte ?

Après 25 ans de vie militaire, j’ai travaillé dans les ressources humaines, tout d’abord pour un groupe d’armement, puis pour France Champignon, enfin pour Michelin. Durant ma carrière, j’ai eu l’occasion de connaître l’Afrique et ceci m’a amené, une fois le temps de la retraite arrivé, à diriger, pendant ces deux dernières années, l’hôpital de l’Ordre de Malte à Dakar, au Sénégal. Il y avait 50 lits dont 20 dédiés aux lépreux. J’y ai vécu, avec ma femme, une expérience tout aussi gratifiante qu’enthousiasmante au service des plus démunis et j’ai souhaité continuer comme bénévole au service d’Ordre de Malte France au Pays basque.

Quels sont vos projets ?

Concrètement, il y a l’organisation de la quête pour les lépreux la dernière semaine de janvier, la semaine pour les personnes handicapées en mars, les petits-déjeuners en Carême (les enfants des écoles servent des petits-déjeuners aux plus démunis), la visite des prisons, et le développement du lien avec les pays d’Afrique… Je souhaite tout particulièrement faire un effort pour recruter le plus grand nombre de bénévoles afin d’amplifier sans limite nos actions. Je fais une très grande confiance à l’esprit du don de soi et de générosité que chacun d’entre nous possède au fond de son cœur.  C’est un chantier passionnant.

 

 

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