Hospitalières à Lourdes avec les jeunes handicapés

“Il est parfois difficile d’être en face d’une personne handicapée qui a le même âge que nous“. Deux jeunes hospitalières du service jeunes handicapés de l’Hospitalité Basco-Béarnaise, nous racontent leur pèlerinage à Lourdes, du 19 au 22 septembre, avec l’association. Par l’Hospitalité Basco-Béarnaise

Cela fait deux ans qu’elles viennent ensemble au pèlerinage organisé à Lourdes par l’Hospitalité Basco-Béarnaise ou « HBB».

Marion Hiriart-Urruty et Maika Irrigaray, 20 ans chacune, effectuent leur troisième pèlerinage avec l’HBB. Venues tout d’abord avec leur lycée du Pays basque, les deux amies ont participé en septembre et pour la première fois à l’aventure avec le « service jeunes handicapés» de l’association. Comme son nom l’indique, ce service accueille des personnes jusqu’à 35-40 ans vivant avec un handicap.

Un jeune âge, mental ou physique, qui facilite le dialogue comme l’explique Marion. “Le contact avec les jeunes est plus facile, les enfants montrant plus d’affection“.

De son côté Maika souligne que l’approche avec les personnes âgées se révèle “plus difficile“, car “on ne sait pas trop comment s’y prendre“.

            Il reste cependant une difficulté pour les deux jeunes filles, celle de “faire face à des personnes handicapées qui ont le même âge qu’elles“.

            Certaines histoires comme les accidents de la vie peuvent être plus durs à accepter lorsqu’ils concernent des personnes dans la force de l’âge.

Vivre dans l’instant présent

Les quatre jours de pèlerinage avec l’Hospitaliténe consistent pas  seulement à apporter une assistance matérielle aux personnes âgées ou handicapées, c’est aussi un moment pour échanger avec elles. Et là aussi pour les deux hospitalières, il existe une vraie différence entre les différents publics auxquels elles ont été confrontées. “Quand on s’occupe des personnes âgées venues avec leur secteur, explique ainsi Maika, nous parlons entre  adultes de nos projets ou de nos familles. Nous nous projetons plus sur notre futur.“ “L’ambiance est plus tranquille“ renchérit Marion.

A l’inverse chez les « jeunes-handis » les hospitalières passent “plus de temps à rigoler“. “On vit plus dans l’instant présent“, soulignent-elles de concert. En revanche, quel que soit le service, les deux jeunes filles soulignent qu’il leur a été “facile“ de trouver leur place notamment au milieu des autres hospitaliers.

La  découverte de Lourdes

Pour les deux hospitalières, le pèlerinage diocésain a aussi rimé avec la découverte de Lourdes. “Je n’y avais jamais mis les pieds avant“ confesse ainsi Marion venue dans la cité mariale avant tout pour aider. “Je ne suis pas arrivée ici pour des raisons religieuses mais pour accompagner les personnes âgées ou handicapées dans leur pèlerinage et vivre une aventure riche en émotions“.

Si elle apprécie Lourdes, la jeune fille, étudiante en école d’infirmières, juge encore plus positivement l’accueil Notre-Dame, où sont hébergées les personnes malades. “Dans ce bâtiment il y a beaucoup de place et les chambres sont très adaptées à tous les besoins. Ce serait bien si les hôpitaux étaient aussi grands et pratiques“ lance-t-elle dans un éclat de rire.

Des personnes en difficulté emmenées à Lourdes

Dans le sillage de la démarche « Diaconia », la paroisse Saint-Michel Garicoïts du Labourd - Cambo a proposé à une vingtaine de personnes en situation de grande précarité de se joindre au pèlerinage diocésain.

C’est une expérience inédite. Alors que la démarche « Diaconia 2013 » se terminait, sensibilisant les chrétiens au service de leurs frères, la paroisse Saint-Michel Garicoïts du Labourd, aidée de la Conférence St-Vincent-de-Paul de Cambo,décidait de prendre des initiatives concrètes pour permettre à des personnes en situation d’isolement de se retrouver. L’idée d’un pèlerinage à Lourdes ayant émergé, un membre du Conseil pastoral avait suggéré d’organiser cette journée dans le cadre du pèlerinage diocésain. C’est ainsi qu’une vingtaine de personnes en situation de précarité ont été emmenées à Lourdes, avec les autres paroissiens, pour une journée vécue dans la fraternité. Un père, une mère de 23 ans et leurs deux enfants, qui ont vécu quelques temps dans leur voiture, ont pu venir à Lourdes et ont exprimé leur bonheur d’avoir vécu cette expérience. Un beau témoignage de l’accueil dans l’Eglise des personnes « aux périphéries », que l’abbé Joachim Jaurégui, curé de la paroisse, espère bien renouveler l’an prochain. « Notre première conversion est celle du regard que nous portons sur ces personnes en difficulté. Réjouissons-nous qu’avec l’effort de bénévoles, l’Eglise continue dans cet esprit Diaconia ».