Une assemblée plénière riche et sereine

Du 4 au 9 novembre 2014, les évêques de France étaient à Lourdes pour leur Assemblée plénière. De nombreux sujets ont été abordés. Notre évêque est revenu sur quelques-uns lors d’une interview sur Radio Lapurdi. Par Notre Eglise, avec radio Lapurdi

 

 

Dans quel climat s’est déroulé cette Assemblée ?

Mgr Aillet : Le climat a été fraternel –ce qui est toujours le cas-, mais aussi très paisible. Elle avait des allures de session de formation permanente pour les évêques avec des exposés, des ateliers, des forums sur des sujets très variés.

Concernant le retour sur le Synode sur la famille,  y a-t-il eu un débat ?

On a parlé du sujet seulement durant une heure, le 3è jour. Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, est revenu sur l’essentiel du Synode : la bonne nouvelle du mariage et de la famille. Puis le cardinal André Vingt-Trois, invité au Synode comme président délégué,  a rappelé que si certains Pères synodaux ont des solutions pastorales un peu divergentes pour les situations difficiles, ils étaient unanimes sur l’indissolubilité du mariage. Il a relativisé l’importance des sujets sur lesquels les medias se sont focalisés : divorcés remariés et accueil des personnes homosexuelles, par rapport aux préoccupations d’autres pays du monde. Mgr Vingt-Trois a enfin noté que le Secrétariat général du Synode avait eu le souhait louable de la transparence de la communication, mais que cette communication avait manqué un peu d’exhaustivité sur la totalité des interventions des Pères synodaux.

Autre sujet abordé : le monde de l’islam

Nous avons eu l’intervention de M. Gilles Kepel, spécialiste du monde arabe. Il nous a fait part de la radicalisation de l’islam dans plusieurs parties du monde, mais aussi en Europe. Il a parlé de 2000 jeunes de nos banlieues partis faire le djihad en Irak et en Syrie. Il tend à se creuser un fossé entre les anciennes générations « modérées » qui sont chez nous, et cette nouvelle génération de jeunes sans repères, à qui on offre des valeurs républicaines qui ne répondent pas à leurs difficultés, et qui sont des proies faciles pour le prosélytisme musulman radical.

L’éducation affective, relationnelle et sexuelle des jeunes (EARS)

Ségolaine Moog, adjointe du Service national pour l'évangélisation des jeunes et pour les vocations, nous a montré que si tout le monde est d’accord pour dire que l’EARS est importante aujourd’hui, on se sent démuni et des intervenants extérieurs la réduisent à une simple éducation sexuelle et même à une simple prévention, présentant la sexualité sous l’ange des risques.

L’Eglise, avec son enseignement anthropologique et éthique, apporte une lumière sur la sexualité, qu’elle intègre davantage dans la personne. Elle montre combien l’EARS appartient à un projet éducatif et affectif global de la personne. Nous devons former des personnes à la théologie du corps de saint Jean-Paul II.

Denier sujet : comment évangéliser le monde rural et ouvrier.

Nous nous sommes penchés sur les défis pastoraux à relever aujourd’hui dans le monde rural, composé souvent de « rurbains » et qui sont des lieux souvent « dortoirs » où il y a  peu de vie sociale et associative. Nous avons échangé des initiatives pour évangéliser ce monde-là, et pour une présence chrétienne plus attestataire.