L'appel à la sainteté, don de Dieu pour tous et à chacun selon sa grâce

Intervention du frère Paul Stevenson, o.p. (Dominicain de la province de Toulouse) à Salies-de Béarn, le vendredi 10 octobre 2014 à l'occasion de la journée "Catéchèse en fête".

 

 

 

Introduction : La samaritaine


« Si tu savais le don de Dieu ! » Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus fait la rencontre d’une femme, près du puit de Jacob. Et il lui dit : « Si tu savais le don de Dieu ! »(1) Il ne le lui dit pas ça sur un ton monotone. C’est un cri qui vient du plus profond du coeur de Jésus.


Un grand désir de bonheur : Jésus connait cette femme mieux qu’elle ne se connait elle-même et il sait ce qu’il y a dans son coeur. Il sait qu’elle recherche désespérément l’amour et le bonheur. Mais voilà, elle s’est égarée et le cherche là où ce bonheur ne peut pas être. Elle le cherche loin de Dieu, pas contre lui, mais à côté de lui, malgré lui. Si cette femme vit en désaccord avec la Loi de Dieu, c’est qu’elle veut vivre le bonheur.
C’est notre grand drame ! Nous avons bien compris qu’il ne faut pas être l’ennemi de Dieu. Et même, nous voulons l’aimer. Nous ne sommes pas des petits diables !

Le vrai bonheur : Mais nous ne comprenons pas avec notre coeur que notre bonheur ne peut pas se trouver sans Dieu, à côté de lui : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire !... Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. »(2)


Parler de la sainteté, c’est parler du bonheur ; de cette vie divine à laquelle nous sommes appelés. C’est ce que résume très bien le premier numéro du CEC : « Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-même, dans un dessein de pure bonté, a librement créé l’homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse. »(3)
Le chemin de sainteté que nous propose l’Église est un chemin de bonheur et pas du tout une série de choses à faire ou à ne pas faire.


I L’Appel universel à la sainteté


Don de Dieu


Être appelés : Le concile Vatican II insiste énormément sur l’appel universel à la sainteté. Nous sommes tous appelés à être des saints. Que veut dire être appelés ?


Ézéchiel : Dans le livre d’Ézéchiel, le Seigneur parle à son peuple et lui fait cette promesse de salut : « Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures et de toutes vos idoles je vous purifierai. Et je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j'ôterai de votre chair le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes. Vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères. Vous serez mon peuple et moi je serai votre Dieu. »(4) Dans ce texte, Dieu veut le bonheur hommes et pour cela, il change le coeur endurci de son peuple en le purifiant. Autrement dit, c’est Dieu qui sanctifie son peuple.


Appeler à la sainteté = rendre saint : Dire que nous sommes tous appelés à la sainteté c’est donc dire que ce n’est pas nous qui décidons d’être saints. C’est le contraire : Dieu nous rend saints : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis. »(5) Oui, il nous a tous choisis pour être saints. Nous appeler à être saint, pour Dieu, c’est synonyme de nous donner la sainteté.


Dieu n’est pas fou : Dieu connait notre coeur comme il connait celui des israélites, comme il connait celui de la Samaritaine. Il sait très bien qui nous sommes. Il nous connait comme s’il nous avait fait ! Et il nous appelle quand même !!! Il nous fait confiance alors qu’il sait qui nous sommes. Magnifique folie de Dieu !!!


Lévitique ; Matthieu : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. »(6) « Vous serez parfait comme votre Père céleste est parfait. »(7) C’est Dieu qui rend notre sainteté possible. Il est plus fort que notre coeur endurci. Il est capable de changer un coeur de pierre en coeur de chair.
Ce que Dieu demande, il le rend possible par sa grâce. Et donc, si nous sommes appelés à être saints, cela veut aussi dire qui nous avons la réelle possibilité de l’être, avec la grâce de Dieu.


Être appelé à la sainteté, c’est donc Dieu qui me rend saint. C’est un cadeau qui vient de Dieu. On ne refuse pas un cadeau !!!


Un talent


Un talent : L’appel à la sainteté est aussi un talent. C’est-à-dire que nous avons la responsabilité de faire grandir cette sainteté.


Travailler à notre propre sainteté : Dans la parabole des talents, le maitre ne demande pas que les ouvriers lui rendent son argent ou lui donnent le fruit de leur travail. Il leur demande simplement des comptes. Il leur demande s’ils ont travaillé. Dieu veut que nous travaillions à notre propre sainteté. Dieu a voulu nous donner la responsabilité de faire grandir ce qu’il a semé en nous. Il ne nous sauve pas sans nous mais veut notre collaboration. Il respecte trop notre liberté pour nous sauver sans que nous y participions.


Lego : C’est comme un père de famille qui offre une boîte de lego à son fils. Il ne lui offre pas un jouet tout fait. Il faut le construire. Dieu nous donne ce cadeau que nous devons construire avec lui.


II Quelle sainteté ?


Introduction


Nous sommes tous appelés à la sainteté sommes-nous tous appelés à être canonisés ? Certainement pas. Heureusement. Sommes-nous tous appelés à faire des miracles, à prêcher des choses extraordinaires, à supporter des souffrances incroyables ? Certainement pas, et heureusement, il y aurait bien peu de saints.


Alors à quelle sainteté sommes-nous appelés ? Que veut dire être saint ?

- Esprit d’enfance

- Suite de Jésus


L’esprit d’enfance


« En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. »(8)


Enfant ? Le Seigneur nous demande d’être comme des petits enfants pour entrer dans le Royaume. Qu’est-ce que cela veut dire. Sommes-nous appelés à être des irresponsables? Je ne le crois pas. Et même, au contraire, nous sommes appelés à être des adultes dans la foi.


Enfant = confiance : L’esprit d’enfance que Jésus nous demande est de nous remettre totalement dans les mains du Père. Nous l’avons vu, Dieu nous fait confiance en nous appelant à la sainteté. Ici, c’est le revers de la médaille, c’est nous qui devons faire confiance en Dieu. Le petit enfant dans les bras de sa mère n’a peur de rien, il s’abandonne totalement. C’est cela l’esprit d’enfance que Jésus demande à ses disciples. Cette simplicité et cette confiance en Dieu.


Enfant = enfant de Dieu : On est toujours l’enfant de quelqu’un, le fils ou la fille de son père. Par le baptême, nous sommes faits enfants de Dieu. Ça change tout.
« N’appelez personne votre Père sur la terre » nous dit Jésus. Pourquoi ? « Car vous n’en avez qu’un, le Père céleste. »(9) C’est devant Dieu que nous sommes enfants. C’est devant lui que nous pouvons nous plaindre et demander de l’aide. C’est entre ses mains que nous remettons notre vie.
Mais sur cette terre, nous sommes des hommes et des femmes responsables qui prennent courageusement leur travail à deux mains comme des adultes.


Enfant = Se laisser faire : L’enfant, c’est celui qui se laisse faire. Laissons-nous faire par Dieu. Il sait ce qu’il fait et il le fait bien ! C’est Dieu qui nous sanctifie, c’est lui qui agit en nous.
C’est d’ailleurs important quand on essaye de transmettre notre foi. On voudrait bien souvent pouvoir donner la foi aux autres. Figurez-vous qu’on ne peut pas donner la foi. Notre boulot, c’est de témoigner. C’est Dieu qui donne la foi. C’est Dieu qui rend saint.


Enfant = amour sans mesure : L’enfant est aussi celui qui aime sans mesure. L’enfant ne calcule pas, il se donne simplement et totalement. Être enfant de Dieu veut donc dire aussi donner à Dieu le meilleur de nous-même.
Être enfant de Dieu c’est donc aussi travailler à notre propre sainteté. C’est là que Dieu nous traite plutôt en adulte. Il attend de nous que nous soyons responsables, en faisant notre travail.

Finalement, Dieu nous demande d’être des enfants mais il nous traite comme des adultes. On ne peut comprendre cela que dans l’amour qui donne tout. L’amour qui est à la fois confiant et responsable (ou fidèle).


La suite de Jésus


Bronzage agricole : Il ne suffit donc pas de se laisser faire par Dieu comme on se laisse bronzer par le soleil dans sa chaise longue. Non ! Il faut prendre son bâton et sa besace et se mettre à la suite du Christ. La sainteté c’est un bronzage agricole !


La tempête apaisée (10) :
- Pierre sort sur l’eau : Jésus laisse ses disciples seuls sur la barque. Survient la tempête et ils ont peur. Lorsque Jésus vient à eux, Pierre sort de la barque pour aller le rejoindre. C’est l’attitude du disciple de Jésus. Il faut que nous allions vers lui. Malgré sa peur première et la taille des vagues, Pierre n’hésite pas à marcher sur l’eau. Il a une confiance totale en Jésus. Il est comme un enfant qui n’hésite pas. C’est remarquable de la part de Pierre de s’avancer vers Jésus.


- Pierre s’enfonce : Puis, Pierre regarde autour de lui. Il coule. Il se regarde lui-même avec ses limites sans plus regarder vers Jésus avec confiance. Si nous nous regardons et que nous ne regardons pas Jésus, nous allons couler.


- Regardez Jésus ! Suivre le Christ, c’est donc se mettre à l’eau en toute confiance en regardant toujours vers lui. Comme pour Pierre, lorsqu’on coule, qu’on n’avance pas, c’est parce qu’on ne regarde plus vers Jésus mais qu’on regarde nos difficultés, nos limites.
Et alors, il faut avoir l’humilité de nous tourner à nouveau vers Jésus pour l’appeler au secours. Nous pouvons alors être certains qu’il nous prendra par la main pour nous sortir de là.


Le suivre sur le chemin de croix :
Mais attention, suivre le Christ ça veut dire le suivre sur son chemin de croix. « Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. »(11). La sainteté n’est pas un chemin facile.
Pour vivre de la vie divine qui nous est proposée, nous devons d’abord mourir. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »(12)
C’est l’appel profond au martyre. Certes, cette grâce n’est pas donnée à tout le monde, mais comme le dit Vatican II : « tous cependant doivent être prêts à confesser le Christ devant les hommes et à le suivre sur le chemin de la croix, à travers les persécutions qui ne manquent jamais à l’Église. »(13)


Conclusion


Vous voyez bien que la sainteté à laquelle nous sommes appelés est bien différente des miracles et des grandes prédications. C’est finalement tout simple, suivre le Christ en se laissant faire par lui tout en y mettant du nôtre. C’est se laisser entrainer là où il veut nous mener, même si ça passe par la croix.

 

III L’appel de la miséricorde


Introduction


Mais voilà, nous sommes pécheurs. Comment pouvons-nous être saints ? Les Actes des Apôtres appellent les chrétiens les « saints ». Et pourtant déjà dans les Actes on voit bien qu’ils ne le sont pas tous. Comment des pécheurs sont-ils saints ?


Marie Madeleine


Jésus appelle des pécheurs : Ici la figure de Marie Madeleine nous vient en aide. Elle est la pécheresse pardonnée par le Christ et appelée par lui à le suivre. Elle devient même la première à annoncer la résurrection à ses propres disciples. Elle est l’apôtre des apôtres. Ce qui veut dire que notre péché, non seulement ne nous empêche pas d’être appelés par le Christ, mais même au contraire, Jésus appelle des pécheurs.
Méditez la vie de Marie Madeleine : Jésus l’aime alors qu’elle est pécheresse, et il la choisie ; Madeleine a été capable d’aimer le Christ se sachant pécheresse. Océan immense de la miséricorde divine !!!


Devise François : C’est le sens de la devise du pape François : « Miserando atque eligendo. »(14) ce qui veut dire : « on lui a fait miséricorde et on l’a choisi ».


Jésus lui-même le dit lorsque les pharisiens lui reprochent de manger avec les pécheurs : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. »(15)


Le chrétien est donc un saint parce qu’il est un pécheur qui aime et qui suit le Christ.


L’Église sainte composée de pécheurs


Tous les dimanches à la messe, nous redisons notre foi. Et nous disons : « Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. »


L’Église est sainte. Mais… Mais ce n’est pas ce que l’on voit tous les jours. Et pourtant, si elle est composée de nous pécheurs, ça ne l’empêche pas d’être sainte. Nous sommes membres de l’Église toute sainte malgré le fait que nous sommes pécheurs. Et même, on peut dire que nous faisons partie de l’Église justement parce que nous sommes des pécheurs appelés à se repentir.


Il y a toujours matière à conversion dans notre coeur. Et ça ne fait pas peur au Christ. Il y a toujours quelque chose de saint en nous qui appartient à l’Église, et quelque chose de l’homme ancien qui ne lui appartient pas encore.


C’est le grand mystère de l’Église. Nous pécheurs, nous appartenons à une Église toute sainte, sans la tacher. C’est plutôt elle qui nous purifie par sa sainteté. L’Église c’est la manière que le Christ a de nous appeler à la sainteté par sa miséricorde.

 

C’est là que l’on touche au plus profond de ce qu’est la miséricorde du Christ. Il vient pour nous sauver sans avoir peur de notre péché. Benoit XVI l’exprime très bien : « C’est dans sa structure paradoxale de sainteté et de péché que l’Église est la forme de la grâce dans ce monde. [...] Dans cette sainteté si peu sainte de l’Église ne voit-on pas se manifester, en face de l’attente humaine de pureté la véritable sainteté de Dieu, qui est amour, un amour qui ne se tient pas à distance dans une pureté intouchable, mais qui se mêle à la boue du monde pour la surmonter ? »(16)


Conclusion


Nous sommes saints parce que nous sommes des pécheurs…, des pécheurs qui aiment le Christ, qui sont pardonnés par lui et qui deviennent ainsi membre de son corps mystique qu’est l’Église.


Être appelé à la sainteté ce n’est donc pas être « parfait », c’est prendre le chemin de l’Église qui nous appelle à la conversion. C’est le chemin de Marie Madeleine : la pécheresse qui a beaucoup aimé et qui a été pardonnée. Le saint, c’est celui qui vit de la miséricorde, pas celui qui est parfait.


IV Un appel personnel ou personnalisé


Des saints très différents : La Samaritaine, les disciples, saint Paul, Marie Madeleine, Marie, mère de Jésus… L’Évangile nous présente beaucoup de saints. Il n’y en a pas deux qui se ressemblent. Chacun est appelé par le Christ de manière unique et personnelle. Et surtout, chacun va suivre le Christ à sa manière.


La Samaritaine : Notre Samaritaine est disciple de Jésus. Et pourtant, elle ne va pas suivre le Christ au jour le jour dans ses déplacements. En revanche, elle va vivre de la vie nouvelle que le Christ vient de lui donner. Elle va aussi partager cette vie autour d’elle, là où elle est. Autrement dit, elle va vivre la sainteté à laquelle le Christ l’a appelée à sa manière. Ou plutôt à la manière dont le Christ l’a appelée qui n’est pas la même que celle de Paul, de Marie Madeleine ou de Jean.


La diversité des dons : Dans la Lettre aux Corinthiens, saint Paul explique que l’Esprit se manifeste en chacun de diverses manières. Mais c’est bien le même Esprit, c’est-à-dire l’Esprit-Saint qui nous sanctifie, celui qui nous rend saints : « Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c'est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur ; diversité d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous. À chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun. »(17)


Le sport : C’est comme pour le sport. Tous peuvent faire du sport. Mais chacun à sa manière. Le grand sportif va courir des kilomètres alors que la personne âgée va faire une petite promenade. Chacun fait du sport à sa mesure. Chacun est saint à sa mesure, selon l’appel du Seigneur.


La charité : Si la manière d’être saint est si personnelle, c’est parce que la sainteté c’est avant tout la charité, c’est-à-dire l’amour du Christ en notre coeur. L’amour est éminemment personnel. Personne n’aime comme j’aime, il n’y a que moi. Personne n’aime le Christ et n’est aimé par le Christ comme moi. Chacun à une relation unique avec lui. Chaque enfant a une relation spéciale avec sa mère, et réciproquement. Et je crois que cela se ressent dans la manière dont nous vivons la sainteté.


Saint Augustin : Saint Augustin l’explique bien. Ce n’est pas le fait de parler en langues, (nous pourrions dire d’être un super catéchiste, un super prédicateur, d’être super pieux, de faire des miracles…), qui est le signe du saint, mais la charité : « Lequel d'entre vous aurait l'esprit assez mal tourné pour dire: ils n'ont pas reçu le Saint-Esprit, car, s'ils l'avaient reçu, ils parleraient en langues comme cela s'est vu jadis? Si donc la présence du Saint-Esprit n'est plus attestée aujourd'hui par des miracles, que faire, à quoi reconnaître qu'on a reçu le Saint-Esprit? Que chacun interroge son coeur! S'il aime son frère, l'Esprit-Saint demeure en lui. »(18) La sainteté c’est donc une sainteté normale.


Et donc, si nous avons commencé par parler « d’appel universel à la sainteté », nous comprenons maintenant que cela ne veut pas uniquement dire la sainteté pour tous, mais plutôt que le Christ m’appelle moi à vivre de sa vie divine. Nous sommes tous appelés personnellement à être saint. La sainteté pour tous, c’est donc la sainteté pour chacun.


Sur les religieux : On croit souvent que les religieux, les religieuses, et même les prêtres… sont des saints. Et non !!! On est comme vous. On sort du même monde et on a les mêmes tentations, les mêmes chutes.
Vous savez, tout ce qui se retrouve dans le monde extérieur se retrouve dans nos monastères, dans nos couvents. Il y a deux raisons à cela. D’abord parce que nous avons grandi dans ce monde et qu’on est donc pétri de sa pensée, qu’on le veuille ou non. Et puis, il y a une seconde raison, plus spirituelle. On entre dans la vie religieuse non pas pour fuir le monde, mais pour combattre. Le combat de l’Église et de ses membres est aussi le nôtre. Évidemment, il prend d’autres formes, mais c’est le même. Sans cela, on ne vivrait pas la vie de l’Église, on en serait coupé. Or notre vie est tout le contraire. Si la vie religieuse est une manière de vivre la vie de l’Église, on ne peut pas être exempt de ses tentations. Magnifique communion des saints !!! On vit la même sainteté que vous, mais à notre manière.


Mais, la sainteté est commune : Et pourtant ! Si cet appel est personnel, personne n’est saint tout seul. Personne n’est chrétien tout seul. Personne ne prie tout seul. Jamais !!! C’est toute l’Église qui prie avec nous. Magnifique communion des saints !!!


Conclusion


Nous sommes tous appelés à être des saints veut dire : Je suis appelé à être un saint.


Nous sommes tous appelés à être des saints veut dire : Dieu travaille en moi pour faire de moi un saint.


Nous sommes tous appelés à être des saints… pas tous à faire de grands miracles ou de grandes prédications.


Je suis un saint veut dire : Je suis un pécheur pardonné par le Christ et qui du coup vit de la vie divine.
 

frère Paul Stevenson, o.p.

Conférence à télécharger ici:

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1 Jn 4, 10.
2 Jn 15, 5-11.
3 CEC 1.
4 Ez 36, 25-28.
5 Jn 15, 16.
6 Lv 19, 2.
7 Mt 5, 47.
8 Mt 18, 3-4.
9Mt 23, 9.
10 Mt 14.
11 Mt 10, 38.
12 Jn 12, 24.
13 LG 41.
14 D’un sermon de Bède le Vénérable parlant de saint Matthieu.
15 Mt 9, 12.
16 Joseph Ratzinger, La foi chrétienne hier et aujourd’hui, Paris, Cerf, 1985, p. 245-246.
17 1Co 12, 4-7
18 St Augustin, Commentaire de la première épitre de St Jean, VI, 10.