Lancement de l'année de la vie consacrée et de l'année Cestac

Lancement de l'année de la vie consacrée et de l'année Cestac

Dimanche 4 janvier 2015, la messe jubilaire en l'honneur de nombreuses religieuses des Servantes de Marie et des Bernardines (Le Refuge, Anglet) a été l'occasion pour notre évêque de lancer l'année Cestac, qui trouvera son point d'orgue le 31 mai par la béatification de ce dernier, fondateur de ces communautés religieuses. Cette cérémonie s’inscrit naturellement dans le cadre de l’année de la vie consacrée (30 novembre 2014-2 février 2016), le père Louis-Edouard Cestac étant le fondateur de ces deux communautés religieuses.

 

 

Interview de soeur Jacqueline à l'occasion de cette célébration:

 

 

 

"L'année Cestac est l'année préparatoire à la célébration de la béatification de Louis-Edouard Cestac, prêtre du diocèse de Bayonne et notre fondateur. C'est pour nous une grande joie car cette célébration est le point d'aboutissement de longues années d'attentes, de préparation, pour que la sainteté de notre fondateur soit reconnue par l'Eglise, pour nous le donner comme modèle. Nous en attendons aussi une grande grâce de renouvellement pour chacune des Servantes de Marie, un dynamisme renouvellé...et pourquoi une année d'appel pour la vocation de servante de Marie."
 
 

 

Homélie de Mgr Aillet

(Dans l'enregistrement, il manque les premiers mots : "Aujourd'hui, nous sommes"  dans l'action de grâce ...)

 

 

Extrait de l'homélie de Mgr Marc Aillet (début):
 
Dans l'action de grâce, pour l'ordination hier, à la cathédrale de Bayonne, d'un nouveau diacre en vue du sacerdoce originaire d'Hendaye, Amador, qui a fait sa formation à Ars, et d'un nouveau prêtre pour notre diocèse de Bayonne, Paul-Marie Boutin, originaire par sa maman d'Amendeuix, près de Saint Palais, et qui actuellement célèbre sa première messe avec sa famille et les fidèles qui étaient d'ailleurs bien représentés hier pour son ordination, je suis heureux de célébrer cette fête de l'épiphanie 2015 avec vous, chères soeurs Servantes de Marie et en particulier, vous chères soeurs jubilaires.
Nous voulons en effet  jubiler avec vous aujourd'hui dans la louange et l'action de grâce, et nous sommes si bien aidés par le choeur des anges qui s'est élevé dans la nuit de Béthléem et qui a chanté "Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté."  Et nous sommes heureux d'ouvrir ainsi, tant hier par l'ordination d'un nouveau diacre et d'un nouveau prêtre; belle espérance pour le diocèse - je pense que nous le mesurons tous - et aujourd'hui par cette célébration d'action de grâce pour les soeurs jubilaires en cette fête de l'Epiphanie, notre Année Cestac. Puisque Dieu nous fait la grâce de nous donner, à travers ce prêtre de Bayonne et ce fondateur des Servantes de Marie et des Bernardines, un nouveau Bienheureux.
 
Vous savez que Benoît XVI a rapatrié -si l'on peut dire- la célébration des béatifications dans les diocèses se réservant seulement, comme c'était le cas dans la tradition de l'Eglise, les canonisations à Rome, pour bien signifier qu'un Bienheureux c'est d'abord quelqu'un de chez nous. Et qui devient pour l'Eglise locale et pour ses filles en particulier, et pour l'ensemble du diocèse, un nouvel intercesseur dans le Ciel et un modèle à imiter dont il nous faut redécouvrir sans cesse l'actualité de la sainteté, pour nous aujourd'hui. Et si nous avons choisi pour l'ouverture officielle de cette année Cestac - en tout cas pour le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron - cette fête de l'Epiphanie c'est parce que évidemment cette solennité à une importance toute particulière dans la vie du Père Cestac et dans son oeuvre. 
 
Né à Bayonne le 6 janvier 1801, non seulement à la vie de la terre mais aussi à la vie du Ciel puisque c'est à la fois le jour de sa naissance et de son baptême qui marquera aussi les premiers pas des Servantes de Marie puisque c'est un jour d'Epiphanie que ce célébreront les premiers voeux des premières Servantes de Marie.
C'est vrai que dans le coeur de Dieu, il y a plus qu'une occurrence liée à la vie et à l'oeuvre du Père Cestac, parce que cette fête est marquée au coin de l'universalité de l'Eglise et du Salut que le Christ Jésus est venu apporter pour tous. Et nous dépassons notre Eglise locale. Et nous dépassons notre communauté resserrée autour de son fondateur, ici en particulier à Notre-Dame du Refuge d'Anglet d'où tout est parti pour essaimer jusqu'aux extrémités de la terre.
 
Si à Noël, à travers l'Adoration des Bergers, nous avons conscience qu'un peuple en particulier, qui est le peuple d'Israël, accueille son Sauveur promis, son Messie annoncé par les prophètes, à l'Epiphanie à travers ces mages mystérieux venus d'Orient, de très loin, guidés par une étoile mystérieuse jusqu'à la crèche de Béthléem, nous comprenons que ce Jésus - qui est pourtant bien de sa race, bien de sa terre, bien de son peuple - est venu pour tous. Pour le monde entier. Et l'Eglise l'a toujours compris dans sa formidable expansion missionnaire depuis l'époque apostolique où les apôtres sont allés selon le commandement du Christ: "jusqu'aux extrémités de la terre". Le Père Cestac pensait-il que les Servantes de Marie iraient s'implanter en Inde, en Argentine, en Côte d'Ivoire, quasiment sur tous les continents?
 
Mais il y a une nouvelle manière, aujourd'hui, de comprendre l'universalité. Car nous ne sommes plus dans la capacité d'envoyer beaucoup de missionnaires vers les terres lointaines qui sont toujours à évangéliser. Mais cette universalité veut dire aussi accueillir dans nos Eglises locales autrefois puissantes devant Dieu et devant les hommes, des réalités qui viennent d'ailleurs. Des réalités extérieures. C'est difficile à comprendre et à intégrer: Que l'universalité de l'Eglise va jusque là. Pourquoi faut-il que nous ayons, au moins pendant quelques années, des prêtres qui viennent d'Afrique alors qu'il y a cent ans nous envoyions des bataillons de missionnaires, prêtres ou religieuses pour annoncer l'Evangile sur une terre où le Christ n'avait pas encore été proclamé? Pourquoi faut-il que nous ayons besoin, humblement, pauvrement, en regardant l'enfant Jésus dans sa pauvreté, sa fragilité dans la crèche de Béthléem, que nous sommes venus adorer avec les bergers et les mages, accueillir des réalités nouvelles qui viennent d'on ne sait où, que nous n'avions pas prévues, qui ne sont pas dans nos schémas habituels? Et pour qu'après cette adoration nous retournions, comme les mages, dans notre pays par un autre chemin. Par un autre chemin. L'universalité de l'Eglise doit se vivre au quotidien. Et c'est tout un travail de conversion personnel pour chacune et chacun d'entre nous dans nos diocèses de vieille chrétienté, un peu fatigués, mais qui ont encore tellement de ressources; dans le coeur -n'est-ce pas?!
 
Et votre présence ici, vous les soeurs jubilaires (70, 65, 60, 50, 25,...), votre consécration religieuse est le signe de ces ressources pour notre diocèse. Ressources cachées dans le coeur, dans la pauvreté de nos épreuves d'aujourd'hui. Comment accueillir à la crèche de notre Pays basque et de notre Béarn, des réalités nouvelles qui nous aident à vivre cette universalité pour retrouver cette dimension universelle du Salut, et profondément missionnaire de notre vie chrétienne. 
 
Je voudrai souligner le lien que je vois, lien providentiel, entre l'ordination d'un nouveau diacre et d'un nouveau prêtre hier dans la cathédrale de Bayonne pour ouvrir l'année Cestac et cette célébration aujourd'hui. Et se rappeler en effet que le Père Cestac, avant d'être le fondateur des Servantes de Marie, est prêtre diocésain de Bayonne, qui après avoir été pendant 10 ans professeur de philosophie au petit séminaire de Larressore a été vingt années durant simple vicaire à la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne avant de devenir chanoine et de pouvoir se retirer allègrement au milieu de son oeuvre à Notre-Dame du Refuge où il allait de plus en plus souvent. [...] Il y a un lien entre cette ordination, pour souligner la figure sacerdotale et le ministère pastorale particulier de ce Père Cestac dans la cathédrale de Bayonne, et cette ouverture aujourd'hui avec ses filles, les Servantes de Marie, de l'année Cestac. Avec cette oeuvre qu'il a accomplit en suscitant cette congrégation qu'il n'avait pas prévu: les Servantes de Marie, appuyées par la contemplation des Bernardines, et le service des pauvres, des pauvres orphelines, des prostitués pénitentes qui viendront ici dans ce beau lieu de Notre-Dame du Refuge qui lui a été donné de manière tellement providentielle, guidé par Marie...
[...]