"Cestac n'avait rien mais donnait tout" témoigne Yves Ugalde, adjoint à la culture de la ville de Bayonne

"Cestac n'avait rien mais donnait tout"  témoigne Yves Ugalde, adjoint à la culture de la ville de Bayonne

Yves Ugalde, adjoint à la culture de la ville de Bayonne était présent, dimanche 31 mai 2015, à la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne avec les autres personnalités invitées à l'occasion de la béatification du père Cestac. Sur son profil Facebook, il écrit un témoignage que nous republions ici avec son aimable autorisation.

 

Louis-Edouard Cestac est un Bienheureux depuis hier.

La cérémonie de béatification qui a bondé la cathédrale, le cloître et l'église Saint André, grâce à un dispositif technique de haut niveau, n'a pas écrasé de ses ors la réalité de l'œuvre du prêtre bayonnais.

Les Servantes de Marie, les Bernardines, héritières directes du travail de Cestac, étaient bien au cœur de ce grand moment. Le protocole ne commençait à sévir qu'en deuxième partie de cathédrale pour les laisser en contact direct avec cette consécration enfin obtenue d'une demande qu'elles font depuis si longtemps auprès du saint siège.

Cestac, pour beaucoup aujourd'hui, c'est au mieux le nom d'un rond-point ou d'une rue, à Bayonne comme à Anglet. L'intérêt de la cérémonie d'hier fut de rappeler les grandes étapes de la vie stupéfiante de cet homme qui ouvrit ses portes aux jeunes prostituées de Bayonne pour les conduire vers d'autres perspectives sur le littoral angloy, sur les grands espaces du Refuge.

Les chœurs, les grandes orgues, la présence du nonce pontifical, le Cardinal Angelo Amato, rien n'a entamé la fraîcheur de l'émotion qu'on lisait sur les visages des sœurs d'Anglet. Leur père spirituel, leur pionnier dans l'action visant à mettre les jeunes sur les bons rails de la vie, était enfin reconnu comme un saint homme. La réputation que le Cardinal Lavigerie lui-même lui avait déjà fait de son vivant! 

Les applaudissements nourris et longs qui se sont élevés sous les voûtes séculaires lorsque le voile a été levé sur la toile mystique, mais très humaine, de l'artiste-peintre bayonnais Jean-François Simon, en disaient long sur la reconnaissance de tous. 

Cestac n'avait rien mais donnait tout. Il se sentait bien avec les pauvres et ne recherchait aucune distinction. Le bourdon de la cathédrale, qui n'a pas ménagé hier ses efforts, a su réveiller bien des consciences de l'oubli dans lequel elles avaient placé ce chanoine discret du XIXème siècle.

Lui croyait à la charité, d'autres, aujourd'hui, lui préfèrent la solidarité. Mais tout cela n'est que de la sémantique, au moment où une main doit se tendre...

 

Yves Ugalde

source : profil Faccebook de Yves Ugalde, adjoint à la culture de la ville de Bayonne