Le temps de la mission

Le temps de la mission

Editorial de Mgr Marc Aillet - Notre Église n°60 - juin 2015. 

Le temps ordinaire après la Pentecôte, c’est le temps de l’Eglise, mieux : c’est le temps de l’Esprit Saint dont le renouvellement de l’effusion nous pousse de manière nouvelle sur les chemins de la mission. Pour avoir accompagné l’Eglise, à travers le cycle liturgique, « durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous » (Ac 1), nous avons été choisis, comme Matthias au début de l’Eglise, pour être « témoins de sa résurrection ». C’est le temps des « disciples-missionnaires » qui commence, dans la puissance de l’Esprit Saint qui nous est donné !

Quel beau temps pour être confirmés, comme de nombreux jeunes et adultes dans notre diocèse en cette période. Ce beau sacrement est précisément la confirmation, par le don de l’Esprit Saint, de la grâce du baptême, en vue de prendre pleinement sa part de la mission de l’Eglise : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Evangile à toute la création » (Mc 16). C’est la mission propre de l’Eglise que d’annoncer l’Evangile à tous, sans acception de personne.

C’est la mission des diacres, même si leur institution est liée à la nécessité pour les apôtres de s’adjoindre des hommes, « remplis de l’Esprit et de sagesse » (Ac 6) pour les seconder dans le « service des tables », la table où l’on distribue la nourriture corporelle, lieu aussi de la convivialité où se construit la communauté, d’où aucun frère ne doit être exclu. A telle enseigne que le rite complémentaire, si caractéristique de l’ordination diaconale, après l’imposition des mains et la prière consécratoire, c’est la transmission de l’Evangéliaire : « Recevez l’Evangile que vous avez mission d’annoncer ». Et c’est la première mission du prêtre, même si le sacerdoce ministériel est spécifié par l’offrande du sacrifice eucharistique : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a consacré par l’onction pour porter la bonne nouvelle aux pauvres » (Lc 4).

Nous sommes dans l’action de grâce pour les deux nouveaux diacres ordonnés en l’église d’Espelette le 14 mai dernier, en vue du Sacerdoce, et pour l’ordination sacerdotale d’Amador Vicente qui aura lieu le 28 juin en la cathédrale Notre-Dame de Lescar. L’Eglise a toujours besoin de prêtres : la pénurie des vocations qui continue d’affecter nos communautés chrétiennes ne doit pas nous décourager et nous détourner de ce plan de Dieu pour son Eglise. Il y aura toujours des prêtres, qui assumeront l’identité permanente du sacerdoce, telle que Jésus l’a fixée pour toujours et qui n’a jamais manqué à l’Eglise, dans une ouverture renouvelée aux besoins de notre temps. La béatification de Louis-Edouard Cestac est en cela riche d’enseignement et pleine d’actualité : il fut pleinement prêtre, adonné à la prédication et au ministère de la Réconciliation sacramentelle, centré sur l’Eucharistie et serviteur de Marie, et en même temps pleinement ouvert aux périphéries de son temps. « Identité et ouverture », selon le mot du pape François, c’est l’alchimie de la mission pour aujourd’hui. C’est l’esprit dans lequel nos séminaristes grandissent et je vous invite en ce mois de juin, mois du Sacré-Cœur, à intensifier votre prière pour les vocations sacerdotales, tant il est vrai que le Sacerdoce, comme disait le saint Curé d’Ars, « c’est l’amour du Cœur de Jésus ».

 

+ Marc Aillet