Bernadette Soubirous en Béarn

Bernadette, qui a appris le français pour répondre à ses interlocuteurs après les apparitions, décide d’être religieuse et rend visite aux sœurs de Nevers à Pau et à Oloron.

Aqueth dia, ath darrèr dera missa ar Espitau de Lorda, Bernadeta que he saber ara superiora era soa decision de’s har sòr de Nevers. Era soa demanda acceptada, ne podó pas estar postulanta per’mor d’ua recaduda dera malaudia. Restablida, i mercés ath beròi estiu de 1865, que poderà visitar eras maisons de Nevers de Pau i d’Auloron, tant envejosas de la conéisher, davantejada per ua fervor populara creishenta i empashiva.

Par le groupe de liturgie en béarnais, Oloron, pour la revue diocésaine Notre Eglise n°45; février 2014

L’étape de Pau

 

Accompagnée par la supérieure de l’hospice de Lourdes et de sœur Victorine Poux, Bernadette se rendit à Pau le plus discrètement possible.

« Malheureusement, une personne la reconnut au capulet. En un moment, on assiégea notre maison… On dut recourir à la police… Une haie de mères avec leurs enfants se mit dans la cour de nos sœurs. Les agents maintinrent l’ordre. Elle circula en touchant les enfants. Cela lui coûta beaucoup d’ennuis et de fatigue. De Pau, je la menai à Oloron. » Ainsi témoigna sœur Victorine.

 

L’étape d’Oloron-Sainte-Marie

 

Le pensionnat Sainte-Angèle, dirigé par les sœurs de Nevers et abritant une école de filles, accueillit Bernadette.

D’après les notes d’une religieuse, les élèves furent réunies en salle d’étude et Bernadette monta dans la chaire de la maîtresse. Il lui fut demandé de dire un mot sur ses visions. Elle commença par le signe de la croix. « Faites-le toujours de même : c’est ainsi que la Sainte Vierge l’a fait à la première apparition ».

Elle donna de cette apparition un résumé rapide. Puis, prenant son chapelet, elle le récita à haute voix, avec une ferveur qui impressionna élèves et professeurs.

Ce récit est confirmé par sœur Paul Foix, élève du pensionnat en 1865.

Bernadette rencontra ensuite l’aumônier du pensionnat, l’abbé Souviron, qui l’avait connue trois ans auparavant à Lourdes et l’avait mise en garde contre le danger d’être « l’objet de tant de bruits et de visites » (lettre de l’abbé Souviron). Cet aumônier fit état d’une foule dont la curiosité tenait « parfois du délire ».

Cette journée épuisa Bernadette ; la crise d’asthme se déclencha et les religieuses d’Oloron voulurent la garder pour la soigner. Elles firent appel au docteur Casamayor, mais Bernadette refusa et rentra à Lourdes très malade.

 

 

Que demora uei d’aqueth passatge ?

 

Era capèra de Senta Angèla, uei sala municipau de mustra Révol, qu’ensenha un gran veiriau dera purmèra aparicion.

Ena catedrau Senta Maria, qu’i ei ua capèra Noste Dama de Lorda, pintrada en 1924 peras sòrs de Nevers der espitau vesin. Er’estatua de Bernadeta adulta, vestida de monja qu’ei parièra ara de Lorda der « Accueil Notre-Dame ».

 

Era membrança der eveniment

Eth passatge de Bernadeta per Auloron qu’esté conegut d’unsquandes, i transmetut oraument dinc ara mieitat deth sègle vintau per un o aute qui ns’at digó. Mercés ara documentacion deth Servici deths Archius deths Santuaris de Lorda, aquesta hèita qu’ei poduda estar autentificada.

 

Ua gojata de noste

Les dialogues qui eurent lieu entre Bernadette et la « vision » se déroulèrent en « patois » de Lourdes, la seule langue connue de Bernadette, nous dit l’abbé Laurentin. La « vision » fut d’abord désignée par « aquerò », terme gascon sur lequel il fut beaucoup épilogué, alors qu’il s’agit du pronom démonstratif neutre, connu de tout locuteur gascon.

La méconnaissance du français causa à Bernadette bien des désagréments, des suspicions, allant jusqu’à faire dire au curé Peyramale : « Tu me trompes. Je vois viens que tu ne vois rien. La Sainte Vierge ne sait pas parler patois, on ne connaît pas cette langue au ciel. »

Bernadette était la fille aînée d’une famille pauvre. Elle n’alla pas à l’école. Elle récitait le chapelet. Elle était déjà sur le chemin de la sainteté et beaucoup se sont reconnus en elle.

Si Bernadette dut apprendre aussi le français pour s’entretenir avec tous ceux qui souhaitaient obtenir des explications sur son comportement à la grotte, elle n’en resta pas moins bigourdane, imprégnée de la langue gasconne. A Nevers, le 8 juillet 1866, devant 300 religieuses, elle commença le récit des apparitions, « d’abord en patois par réflexe de protection, puis en français… ». « Elle savait aussi rire, taquiner, et même chanter des morceaux en patois pyrénéen. » (Abbé Laurentin).

 

Lourdes nous oblige à regarder les plus pauvres, les exclus comme Dieu les voit : ils sont prioritaires dans le Royaume de Dieu.

« Vous, la Reine du Ciel et de la Terre, vous avez bien voulu vous servir de ce qu’il y a de plus humble selon le monde. » Bernadette, Journal dédié à la Reine du ciel, 1866.