Quelles missions pour aujourd'hui?

 

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1) TOUTE UNE PAROISSE EN MISSION

Le Concile Vatican II ayant insisté sur le rôle prophétique des laïcs (et aussi des paroisses), c’est toute la paroisse qui est invitée à se mettre en mission ... pas seulement le curé et ses vicaires.
La paroisse n’accueille pas des missionnaires extérieurs sans se mettre elle-même en mission. C’est elle qui la suscite, l’organise et la réalise. Les jeunes de l’école ne sont là que pour aider la paroisse à découvrir et exercer la dynamique de l’évangélisation.
Bien sûr, les paroissiens n’ont pas la même disponibilité que des jeunes qui ont spécialement choisis de se mettre pour un an au service de l’Évangile. Par conséquent, la plupart des activités sont prises en mains essentiellement par les missionnaires.

Ce n’est donc ni une mission de l'équipe des missionnaires seule, ni de la paroisse seule, mais c’est une collaboration dont l’initiative revient à la paroisse. L’équipe des missionnaires se mettant au service de la paroisse, s’adapte à la pastorale de la paroisse en lien avec le curé et le conseil paroissial. La paroisse en retour, peut attendre des jeunes un témoignage de foi et une expérience qu’elle aura, elle aussi, à accueillir.

 

2) UNE ÉVANGÉLISATION SIMPLE ET JOYEUSE

En accueillant souvent une équipe de missionnaires jeunes, la paroisse opte pour un type de mission qui ne ressemble guère à celles qui étaient prêchées autrefois par des religieux savants “qui portaient de longues barbes”.
L’arrivée de l’équipe missionnaire, en effet ne passe pas inaperçue, et interroge beaucoup les personnes qui pensent que Jésus-Christ n’intéresse plus que les vieillards. La grande force des jeunes est d’attirer les jeunes. C’est donc le rajeunissement de nos paroisses qui est à attendre dans ce type d’intervention.
De plus, les jeunes de l’école ont une formation antérieure et même pour un certain nombre, une expérience professionnelle conséquente. Ils sont donc “dans le monde” comme tous les paroissiens. Ayant une expérience et une culture proche de celle des jeunes de la paroisse, leur témoignage a un impact non négligeable.

Les missionnaires (paroissiens et jeunes de l’équipe missionnaire) ne sont pas des professionnels de l’évangélisation ni des théologiens de haute volée, mais ils apprennent à écouter, à se faire proches des habitants de la paroisse. N’étant ni prêtres, ni religieux, les missionnaires peuvent discuter plus librement avec toutes les personnes qui ont une mauvaise image de l’Église ou de ses ministres.
C’est souvent par leur intermédiaire que des réconciliations spectaculaires peuvent s’opérer, et que beaucoup de chrétiens pratiquants cessent une critique systématique de leurs pasteurs.

 

3) UN TEMPS DE RETRAITE POUR LA PAROISSE

La mission comporte deux dimensions ; l’une plutôt interne (pour les pratiquants) : ce sera comme un temps de retraite pour la paroisse; l’autre est plutôt externe : ce sera l’évangélisation qui concerne tous les non-pratiquants et les non-croyants.

Comme la mission est un événement “extraordinaire”, les paroissiens (comme les jeunes de l’école) pourront vivre cette semaine de manière particulière. Sans cesser leurs activités de tous les jours, ils prendront un peu plus de temps pour venir à la messe en semaine, prier les laudes ou les vêpres, et venir adorer ne serait-ce que quelques minutes le Saint-Sacrement dans la journée.
Combien de paroissiens ont témoigné que dans ce cœur à cœur régulier avec Jésus vivant, ils ont retrouvé la joie de prier. Pour d’autres ce sera le sens de la messe ou de la confession qu’ils auront redécouvert.

En décidant de participer pleinement à la mission, les paroissiens font cette démarche de laisser Jésus visiter leur vie. Ils acceptent que quelque chose puisse changer dans leurs habitudes, pour faire un “pas” de plus dans la foi. Peut-être pour certains, le “pas” sera de prier en famille ou dans son groupe (ou mouvement) de la paroisse.

 

4) UNE PREMIERE EXPÉRIENCE D’ÉVANGÉLISATION

S’il faut attendre le renouvellement de la vie de foi pour les paroissiens, il est légitime de l’attendre aussi pour ceux qui ont quitté toute pratique religieuse.

La mission est l’occasion de transformer notre regard sur ceux qui nous entourent. Il n’est pas question de prêcher une nouvelle croisade, ni de regarder les autres comme des “êtres à convertir”. Tout au contraire, les jeunes de l’école aiment à considérer leurs interlocuteurs avec respect ; à les écouter, à les comprendre sans chercher à convaincre.
Cependant, ils auront à cœur de susciter l’intérêt de la mission, et se placer résolument dans une position d’ouverture bienveillante. Ils sont aussi prêts à répondre éventuellement à des questions. Dans tous les cas, ils prieront avec ou sans la personne rencontrée.

Pour les paroissiens, les différentes démarches d’évangélisation seront l’occasion de se resituer comme chrétien, dans leurs différentes relations (familiales ou de voisinage). Si mon voisin n’est plus pratiquant, c’est peut-être qu’il y a eu un événement douloureux dans sa vie, et que personne n’a su à ce moment-là répondre à ses questions ou tout simplement “être là” pour écouter. Ne serait-ce pas à moi d’être ce “chaînon manquant” qui permettra une réconciliation, un retour à Jésus et à l’Eglise ?

Comment, en tant que chrétien, puis-je laisser cette personne que la Providence a mise sur mon chemin, et qui a peut-être soif de Dieu (sans qu’il l’avoue lui-même), et qui ne trouve personne pour l’introduire dans cette relation essentielle et vitale ?

C’est ce regard plein de compassion et de charité, bienveillant et respectueux qu’on appelle “évangélisation”.
“A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres.” (Jn 13,35)
Le regard engendre la prière. Et si la prière peut engendrer un acte concret vers le prochain, cela peut aboutir à de véritables conversions, de véritables retours à la vie et à la joie. Pourquoi s’en priverait-on ?