Enquête sur le Kerygme

Le Kérygme,

synthèse des résultats de l’enquête

Cette enquête sur le Kérygme a été menée dans tout le diocèse à partir du 1er février 2011 et a donné lieu à une quarantaine de réponses (représentant un plus grand nombre de personnes).

 

Rappel des 4 questions de l'enquête:

1. Pour vous, qu'est-ce que le Kérygme?

2. Quelle est votre volonté d'annoncer le Kérygme?

3. Quels sont les moyens que vous mettez en œuvre pour annoncer le Kérygme?

4. Quels sont les fruits que vous en récoltez (témoignages concrets à partager)?

 

On peut distinguer 4 types de sources pour les réponses à cette enquête:

A- Des fidèles laïcs (10)

B- Des groupes de fidèles laïcs (15)

C- Des écoles catholiques et Aumôneries des Ecoles Publiques (7)

D- Des membres du clergé et des communautés religieuses (7)

 

1. Pour vous, qu'est-ce que le Kérygme?

 

a) Un mot dont on se serait bien passé et qui, outre son inutilité, peut être nuisible

Plusieurs réponses émettent des réserves sur le bien-fondé de l'usage-même du mot "Kérygme". En effet les auteurs estiment qu'il s'agit là d'un mot "incompréhensible pour le commun des mortels", d'un "terme technique et pédant", et par conséquent d'un message difficilement audible dans le monde, qui n'est déjà pas très à l'écoute de l'enseignement de l'Eglise. Ces auteurs remettent en question le choix d'un mot grec qui a besoin de spécialistes pour être compris.

Une fois ces réserves de forme émises, sur le fond de la définition, les réponses se recoupent beaucoup, malgré quelques nuances. Les éléments de définition du Kérygme qui en ressortent sont:

 

b) Une annonce de Jésus, mais plus ou moins explicite

Toutes les sources s'accordent à reconnaître le Kérygme comme une annonce, mais son contenu fondamental diffère selon les sources (toutes catégories de réponses confondues).

En effet, pour beaucoup, cette annonce est avant tout proclamation de la Bonne Nouvelle: l'annonce du plan de salut de Dieu pour les hommes, l'espérance que l'Amour est plus fort que la mort; il s'agit alors de "sortir de nos maisons et de nos paroisses pour aller inviter ceux qui ne savent pas" et d'annoncer "le Credo aux non-croyants pour coopérer au salut des âmes".  De plus, le Kérygme est une réalité puisque nous sommes "de plus en plus comme l'Eglise primitive", annonçant le Christ à une société qui ne le connaît pas

 

c) Une annonce fondée sur une expérience personnelle dont on témoigne

La question du témoignage revient dans quasiment toutes les réponses, toutes sources confondues: le Kérygme est avant tout l'annonce de quelque chose que l'on vit soi-même, et non uniquement d'un contenu de Foi. Il s'agit alors de "témoigner que c'est l'adhésion au Christ qui nous pousse à vivre la charité, et pas un "humanisme" tel que le monde l'envisage".

 

d) Un témoignage fondé sur l'exemple

« Je veux que ma vie soit kérygmatique: en me voyant vivre, on doit se dire que Dieu existe et qu'Il est bon »

Le témoignage, pour certains, ne doit pas tant être fondé sur des paroles que sur des actes: le chrétien doit montrer l'exemple, c'est le meilleur moyen de témoigner de sa Foi. Sa vie doit susciter dans son entourage un questionnement qui favorisera le dialogue ouvert à Dieu.

 

e) Une Bonne Nouvelle que l'on connaît grâce aux Ecritures

Certaines réponses évoquent aussi le rôle de la Parole de Dieu: le Kérygme pour eux ne doit pas être une proclamation qui se limiterait à la formulation des faits (la mort de Jésus pour notre salut), mais cette dernière doit se rattacher à la vie du Christ, par les textes évangéliques.

 

2. Quelle est votre volonté d'annoncer le Kérygme?

 

 a) Un désir ardent né d’une rencontre personnelle avec le Christ

"Je suis catéchiste à l'échelon le plus bas mais je désire tant annoncer Jésus-Christ!"

Beaucoup de réponses insistent sur le désir très fort d’annoncer la Bonne Nouvelle : c’est un désir qui s’impose.

Lorsque l’on a la chance de vivre une joie intérieure pareille, on veut la partager. Il y a alors un « désir de Kérygme » qui naît de la rencontre personnelle avec le Seigneur.

 

b) Pas seulement un désir personnel mais aussi un appel du Seigneur

L’idée que la volonté d’annoncer Jésus ne vient pas seulement de nous, mais aussi d’un appel que le Seigneur nous lance, se retrouve dans moins de réponses mais est tout de même présent : notre volonté d’annoncer le Kérygme, c’est surtout notre volonté de répondre à l’appel du Seigneur qui nous envoie devant Lui.

 

c) Le premier devoir des baptisés : le Kérygme comme responsabilité

Le Kérygme n’est pas perçu uniquement comme une volonté propre ou comme un appel, mais également comme un devoir, une responsabilité vis-à-vis du monde : si nous avons beaucoup reçu, alors nous devons beaucoup donner.

L’annonce du Kérygme apparaît donc, surtout parmi les réponses du clergé et des communautés religieuses, comme la première responsabilité du baptisé.

Mais c’est aussi une idée qui apparaît dans les réponses des écoles catholiques, pour lesquelles le Kérygme EST le projet éducatif de l’établissement.

 

d) Les obstacles à la volonté d’annoncer le Kérygme

"Il est parti mais Il n'a pas dit comment faire"

Parmi les réponses de certains laïcs, la volonté d’annoncer le Kérygme n’est nullement niée, mais elle se heurte à l’obstacle des moyens : "j'ai le désir mais je ne sais pas comment faire". La volonté de l’annonce est donc "aussi grande qu'insatisfaite".

 

3. Quels sont les moyens que vous mettez en œuvre pour annoncer le Kérygme ?

 

 a) Les moyens matériels

Les réponses les plus « terre à terre » à cette question des moyens de l’annonce du Kérygme proviennent des écoles catholiques. En effet, la première nécessité pour annoncer le Kérygme dans leur cas est matérielle. Pour annoncer Jésus il faut un lieu (aumônerie, chapelle) et un budget (salarier un animateur pastoral etc.). Une réponse évoque aussi le rôle que peut jouer Facebook pour porter le message du Christ.

 

b) Les signes extérieurs

Plusieurs sources témoignent par ailleurs du rôle des « signes extérieurs » pour pouvoir témoigner et annoncer. Des laïcs disent porter ouvertement croix et médaille, y compris sur leur lieu de travail, afin que les gens sachent qu’ils sont chrétiens, et dans le but que cela suscite chez eux peut-être un dialogue, des questions. Parmi les réponses du clergé, on trouve l’évocation du port de l’habit religieux, qui est aussi perçu comme un témoignage en soi.

 

c) Saisir l’occasion de faire passer un message

Par ailleurs certains laïcs affirment que dans leur travail ou leurs diverses activités, ils tâchent de repérer l’occasion de « faire passer un message ». Un médecin par exemple, dit à ses patients « Que Dieu vous bénisse » en fin de consultation lorsqu’il a senti que la relation avec ce patient le permettait, une fois que des liens de confiance sont tissés.

 

d) La formation personnelle comme point de départ           

Toutes sources confondues, de nombreuses réponses insistent sur l’importance qu’elles donnent à la formation personnelle. Annoncer certes, mais encore faut-il être formé, et ancré en Celui que l’on veut annoncer.

 

e) Les engagements divers et variés

Enfin, bien sûr, les moyens mis en œuvre pour annoncer le Kérygme sont surtout l’engagement dans tel ou tel groupe, qui permet de vivre de sa Foi et d’en témoigner.

 

4. Quels sont les fruits que vous en récoltez (témoignages concrets à partager) ?

 

a) Des fruits qui ne nous appartiennent pas

Deux sources ne souhaitent pas répondre à la question, considérant que cette dernière est malvenue, puisque nous ne « récoltons » pas nous-mêmes.

 

b) « Le temps des semailles plus que des fruits »

La plupart des autres sources évoquent cette idée que nous semons plus que nous ne récoltons, et que nous devons avoir l’humilité de ne pas désespérer si nous ne voyons pas de fruits concrets. Dieu ne calcule pas comme nous, et nous devons lui faire confiance.

 

c) Les fruits du Kérygme

Les premiers fruits visibles, « palpables », dont il est question dans énormément de réponses, sont les fruits chez les personnes à qui l’on annonce le Kérygme : des « visages qui s’éclairent », des conversions, des enfants qui reçoivent les sacrements, des parents non chrétiens qui sont touchés par le chemin de leurs enfants, des « jeunes qui avancent », des prières exaucées ? etc.

Mais outre ce recensement des fruits chez les personnes évangélisées, quasiment 100% des personnes ayant répondu évoquent de très nombreux fruits chez eux-mêmes. Ce sont essentiellement des fruits de « réconfort » personnel, la joie est citée en premier.

En plus de ces grâces spirituelles reçues à travers le Kérygme, les sources évoquent aussi des gratifications humaines : le baiser ou le sourire d’un enfant après le catéchisme, voir que les gens leur font confiance et se confient spontanément à eux, etc…

 

 

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la synthèse des Résultats

de l’Enquête sur le Kérygme

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