L'accueil Louis et Zélie au fil des jours

L'accueil Louis et Zélie au fil des jours

En février 2015, l’idée d’un lieu d’accueil destiné à toutes les personnes en difficulté familiale fut présentée à la Pastorale familiale par notre évêque. Ce projet était alors défini comme celui d’un centre d’orientation familiale, largement ouvert, qui aurait pour vocation d’écouter et d’orienter selon les différentes problématiques les personnes qui se présenteraient.

 

Une première réunion permit de sensibiliser tous les acteurs de l’équipe diocésaine de pastorale familiale à ce projet et de leur proposer, s’ils le désiraient, de s’y engager. La petite équipe constituée (une dizaine de personnes), nous avons rencontré au mois de juin Daniel Desbois, psychologue et formateur au sein des sessions Agape afin d’avoir, de sa part, des conseils et de pouvoir affiner notre projet.

De cette réunion nous avons retenu la notion d’un lieu d’écoute missionnaire et avons noté les points importants à ne pas perdre de vue : nous sommes là au nom de Dieu, le projet initial doit être simple et il s’agit d’avancer lentement comme les pèlerins d’Emmaüs. Une formation commune est nécessaire et il est important d’envisager des temps de relecture entre nous et une supervision. Enfin, il faut être conscient de nos limites en nous basant sur une attitude d’humilité à demander constamment au Seigneur. L’essentiel : l’unité du groupe se fera dans l’Esprit saint.

C’est après avoir bien intégré ces principes fondamentaux que nous avons pu aborder le temps de formation au mois d’octobre 2015. Nous avons passé trois jours ensemble à la maison diocésaine. Cette session était basée essentiellement sur l’apprentissage de l’écoute (humaine et spirituelle) avec une approche théorique et des exercices pratiques.

Deux ans après l’émergence de ce projet, que peut-on dire ?

L’accueil Louis et Zélie se déploie doucement, comme nous l’avait conseillé Daniel Desbois.

Sur le site diocésain et sur les affiches il est annoncé comme « un centre d’orientation familiale qui a pour objectif d'accompagner chacun, homme ou femme, dans toutes les situations délicates et importantes de la vie. »

Des permanences se sont mises en place : trois fois par semaine à Bayonne, une fois par mois à Nay, Orthez et Navarrenx.

Qui avons-nous reçu jusqu’à ce jour ? de nombreuses personnes traversant une difficulté dans leur couple : conjoint violent ou alcoolique, manque de communication, décision de séparation en question. Mais aussi difficultés de relation entre parents et enfants, conflits dans la fratrie, survenue d’une grossesse non désirée, personnes souffrant de solitude, rejet familial dans le cadre d’une maladie psychique….

Ces personnes ont souvent un lien avec l’Eglise, parfois ténu…parfois, elles sont très loin de la foi.

Comment sont-elles arrivées à l’accueil ?par divers chemins : un prêtre, une religieuse les a orientées, une affiche, le bouche à oreille …

Comment ces personnes ont-elles été accueillies ?chacun de nous est responsable d’un créneau de permanence. Parfois la disponibilité de la personne nous oblige à fixer un rendez-vous en dehors des créneaux fixés. Le plus souvent, elles téléphonent au numéro indiqué sur les affiches avant de se présenter.

La simple écoute dont elles ont bénéficié a suffi parfois à les aider (« j’y vois beaucoup plus clair ») ; nous les avons revues deux, trois ou dix fois. Parfois, devant la complexité du problème, nous leur avons conseillé de consulter un conseiller conjugal, un psychologue, une assistante sociale, un médecin, un prêtre. Certaines sont revenues après quelques mois pour refaire le point….

Ces personnes, nous les portons dans la prière. Parfois, quand nous sentons que cela est possible, nous prions avec elles et elles en sont heureuses.

Après quelques mois de participation à ces permanences, je songe à l’hôpital de campagne dont nous a parlé notre pape François et je ne peux m’empêcher de penser que l’accueil Louis et Zélie est, à sa façon, humble et discrète, un petit hôpital de campagne.

Lors de la clôture du jubilé de la miséricorde, notre pape nous a bien dit :

« Ne gardons pas jalousement seulement pour nous tout ce que nous avons reçu. Sachons le partager avec les frères souffrants pour qu’ils soient soutenus par la force de la miséricorde du Père.  Que   nos communautés s’ouvrent pour rejoindre ceux qui vivent sur leur territoire, pour qu’à travers le témoignage des croyants la caresse de Dieu parvienne à tous. »

Très modestement, c’est sur ce chemin que l’accueil Louis et Zélie voudrait s’inscrire.

 

Claire Calen