La méditation du jour de Mgr Aillet - Jeudi 16 avril 2020

La méditation du jour de Mgr Aillet - Jeudi 16 avril 2020

La consécration de la France : un acte de réparation

Nous poursuivons les récits des apparitions de Jésus ressuscité. Nous sommes au soir du premier jour de la semaine, où il s’est passé tant de choses qui ont bouleversé les saintes femmes et les disciples. Après avoir reconnu Jésus « à la fraction du pain », voilà que les deux disciples d’Emmaüs s’en retournent à Jérusalem où ils retrouvent les onze et leurs compagnons réunis par Simon-Pierre. Et voilà que Jésus ressuscité « fut présent au milieu d’eux » (Lc 24, 36). C’est la première apparition de Jésus aux onze rassemblés, que nous lisons aujourd’hui en saint Luc, et dimanche prochain en saint Jean. Nous entrons plus avant dans le Mystère de la Résurrection. Voyez en effet comment Jésus veut leur faire saisir la réalité de son corps ressuscité : c’est bien le corps qui a été crucifié et mis au tombeau, d’où l’insistance avec laquelle il leur montre ses mains et ses pieds : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! » (Lc 24, 39), ses mains et ses pieds qui portent la marque des clous. Et pourtant, l’apparition est de l’ordre du miracle : le corps de Jésus échappe désormais aux lois physiques, il est sorti de l’espace et du temps, il est entré dans un nouveau mode d’exister qui est divin ; de soi, il n’est plus visible et il n’a plus besoin de manger. Mais pour attester de la réalité de la résurrection de son corps, il se montre et il mange avec eux : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » (Lc 24, 41).

Le plus important, c’est la parole qu’il prononce dès qu’il leur apparaît : « La paix soit avec vous ! » (Lc 24, 36). C’est une parole de pardon, de réconciliation, une parole de miséricorde. C’est très important, car je voudrais que nous nous préparions, jusqu’à dimanche, à cette consécration de la France, que je ferai de manière privée, dimanche, en attendant une Consécration plus officielle plus tard. Il y a trois choses dans une consécration : un acte de réparation, une offrande renouvelée de soi-même à Dieu, dans la ligne du baptême, et un acte de confiance en Jésus et en Marie, en cette période troublée que nous traversons, et qui est une épreuve non seulement personnelle et familiale, mais nationale. C’est notre nation qui est engagée, dans cette consécration. Vous aurez remarqué que Jésus fait allusion aux nations dans l’Evangile d’aujourd’hui. Après nous avoir ramenés à l’Ecriture qu’il nous faut scruter pour accueillir la présence du Ressuscité dans nos vies, il précise tout ce qui a été annoncé, le concernant : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (Lc 24, 46-47). Saint Luc rejoint là le mandat missionnaire en saint Matthieu : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Les nations sont objet de l’annonce de la conversion et du baptême !

C’est ce que suggérait le Pape saint Jean Paul II, le 1er juin 1980, lors de son premier voyage apostolique en France, lorsqu’il nous interpellait en ces termes : « France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Fille de l’Eglise, éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à ton alliance avec la Sagesse éternelle ? ». Aujourd’hui, je voudrais insister sur le premier aspect de la Consécration comme acte de réparation : réparation de nos péchés personnels d’abord, et réparation des péchés de notre nation. Et en même temps que nous demanderons pardon pour toutes ces infidélités, nous aurons à l’esprit ce que dit Pierre aux juifs, en les appelant à se convertir et à se tourner vers Dieu, pour que leurs péchés soient effacés (cf. Ac 3, 19) : en reniant Jésus, en tuant le Prince de la vie, « frères, je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs » (Ac 3, 17). Nous aussi, en demandant pardon, nous implorerons le Père avec les mêmes mots que Jésus : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Et nous le supplierons de faire Miséricorde à la France, lui qui ne cesse de nous dire, en revenant d’entre les morts : « La paix soit avec vous ».