La méditation du jour de Mgr Aillet - vendredi 17 avril

La méditation du jour de Mgr Aillet - vendredi 17 avril

La Consécration de la France : un renouvellement de l’Alliance avec Dieu

Nous poursuivons le récit des apparitions de Jésus ressuscité et nous revenons aujourd’hui à saint Jean, qui nous rapporte la troisième manifestation de Jésus à ses disciples rassemblés : la première, au soir de Pâques à Jérusalem, que nous avons lue hier en saint Luc ; la deuxième, huit jours après, toujours à Jérusalem. La troisième se passe en Galilée, sur le bord du Lac de Tibériade. On se souvient de l’insistance de Matthieu et Marc sur la Galilée où Jésus donne rendez-vous à ses disciples : « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » (Mt 28, 10). Il est fort probable qu’entre la Résurrection et l’Ascension, c’est en Galilée que les disciples ont passé le plus clair de leur temps : il ne faisait pas bon rester trop longtemps à Jérusalem après les événements. Ce sera plus facile pour Jésus de se manifester pour continuer à les instruire et à les préparer à leur mission qui commencera après la Pentecôte. Il est évident que Jésus s’est manifesté de nombreuses fois à ses disciples, comme le suggèrent les Actes des Apôtres : « Pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du Royaume de Dieu » (Ac 1, 3). Pendant une trentaine de jours, Jésus a parachevé la formation des apôtres en Galilée. La Galilée est en effet le pays natal des disciples, c’est là que Jésus les a appelés, qu’il les a instruits et institués apôtres, qu’ils ont tissé avec Lui des relations privilégiées. C’est la Galilée des nations, avec cette ouverture à l’universel qui caractérisera leur mission.

Nous retrouvons donc Simon-Pierre, avec les deux fils de Zébédée ses compagnons de pêche, et aussi Nathanaël, dont on apprend qu’il est de Cana de Galilée, et Thomas, dont la si belle profession de foi vient d’être mise en valeur par saint Jean, après un temps d’incrédulité. Ils ont repris leur travail : c’est dans notre vie ordinaire, notre « Galilée à nous » où nous sommes aujourd’hui confinés, que le Seigneur veut se manifester ! Ils ont peiné toute la nuit sans rien prendre, ils ont des raisons d’être découragés et c’est le moment choisi par Jésus pour leur apparaître en devenant pour eux source de fécondité : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez » (Jn 21, 6). Et c’est la pêche miraculeuse qui n’est pas sans rappeler la première du genre, racontée par saint Luc au début du ministère public de Jésus : c’est alors qu’il leur avait lancé leur appel spécifique à devenir pêcheurs d’hommes (cf. Lc 5, 10). A ce signe, Jean est le premier à le reconnaître : « C’est le Seigneur ! » (Jn 21, 7). Mais c’est Simon-Pierre qui se jette à l’eau et qui est le personnage central, comme on le verra par la suite. Jésus les confirme dans leur mission de pêcheurs d’hommes, qui consistera d’abord à rendre témoignage du Christ mort et ressuscité, comme nous le voyons dans la première lecture où, avec assurance, Pierre annonce le Ressuscité devant les grands prêtres et les chefs du Peuple qui veulent le faire taire (cf. Ac 4, 8-10).

Aujourd’hui nous poursuivons notre préparation à l’acte privé de consécration de la France que nous ferons dimanche prochain. Hier, nous disions qu’il s’agit d’abord d’un acte de réparation. Aujourd’hui, nous y voyons un acte d’offrande renouvelée de nous-même à Dieu, dans la ligne de notre consécration baptismale. C’est le sens de la prière d’ouverture de cette messe : « Dieu éternel et tout-puissant, tu as offert aux hommes le sacrement de Pâques pour les rétablir dans ton alliance ». Hier, nous avons vu comment la France peut avoir rompu son Alliance avec la Sagesse éternelle ; aujourd’hui nous voyons que seul Jésus, en-dehors duquel il n’y a pas de salut (cf. Ac 4, 12), peut rétablir la France dans son Alliance. Cela passera par notre engagement renouvelé à faire la volonté de Dieu dans notre vie et à « exprimer par toute notre vie ce mystère que nous célébrons dans la foi » (Prière d’ouverture). Nous célébrons la mort du Christ, ce qui nous invite à combattre le mal dans notre vie et dans le monde qui nous entoure ; nous célébrons sa Résurrection et ainsi nous travaillons à faire le bien, en particulier nous œuvrons de toutes manières au Bien commun.

Et la source de notre combat reste la sainte Eucharistie, à laquelle une fois de plus Jean fait référence ici, en rapportant ce geste de Jésus sur les pains et les poissons. C’était faire mémoire de la multiplication des pains, à partir de cinq pains et deux poissons – ici, Jésus les a déjà à disposition et par sa puissance, les poissons sont multipliés, jusqu’à 153 ! – et donc de l’Eucharistie que ce miracle annonçait, et que Jésus a précisé dans le Discours du Pain de Vie qui suit en saint Jean (cf. Jn 6).