Libres propos au seuil de l’été

Libres propos au seuil de l’été

Editorial de Mgr Marc Aillet paru dans la revue diocésaine "Notre Eglise" n° 127 de juillet-août 2021

Avec la réforme de l’ordre des sacrements de l’Initiation chrétienne, alors que de nombreuses paroisses du diocèse l’ont adoptée, nous avons multiplié, ces trois derniers mois, les célébrations de Confirmations : comme Successeur des Apôtres j’ai eu la joie, par moi-même ou par délégation, de répandre l’Esprit Saint en abondance ! C’est l’Esprit de Pentecôte qui peut faire que même des enfants peuvent devenir adultes dans la foi ! La preuve, c’est que l’Eglise béatifie et canonise des enfants et des adolescents. En tout cas, les témoignages abondent en faveur de cet abaissement de l’âge de la Confirmation : il n’est pas rare que des parents demandent pour eux-mêmes ce sacrement ; des curés témoignent que la préparation à la première communion prend une nouvelle tournure quand les enfants ont déjà été confirmés ; il y a aussi la satisfaction que ceux qui arriveront à l’âge adulte, à l’heure des grandes orientations de l’existence, seront plus nombreux à être confirmés ;  je note encore que des enfants de CM1 montrent dans leur lettre de demande à l’évêque qu’ils ont perçu, parfois avec une profondeur spirituelle surprenante, la grandeur de ce sacrement… Reste entière la question d’une pastorale des adolescents qui prenne en compte les attentes de leur âge et propose des outils adaptés pour les aider à grandir dans la foi. Dans ce sens, je remercie le Service diocésain de la Pastorale des jeunes pour toutes les activités organisées cet été à leur intention.

L’Esprit Saint est le protagoniste par excellence de l’Evangélisation. Comme chaque année, des jeunes participeront cet été à quelque démarche de première annonce en direction de ceux qui se tiennent loin de l’Eglise. J’en profite pour vous inviter à participer nombreux, seul ou en groupe, au Congrès Mission qui sera délocalisé cette année dans une dizaine de villes de France, et pour nous à Toulouse, les 1er, 2 et 3 octobre 2021. Le Parcours Cléophas y fera son week-end de rentrée et les membres de l’Observatoire de la Mission en seront les « ambassadeurs » auprès des paroisses et des communautés, tout au long de l’été. Le Congrès Mission a pour but de donner une visibilité à nombre d’initiatives missionnaires portées par des paroisses et des communautés en France, de favoriser la rencontre et les échanges sur la façon d’annoncer l’Evangile dans la culture et la société d’aujourd’hui, de partager des bonnes pratiques. Ce peut être une expérience stimulante pour commencer une nouvelle année pastorale et être rejoint dans les réalités de terrain que nous vivons, en s’inscrivant résolument dans une dynamique de croissance et d’espérance.

Et puis il y a la crise de la COVID 19 qui semble, grâce à Dieu, nous laisser quelque répit. Même si l’on sent un climat pesant, tendu et délétère. S’il ne s’agit pas de se prononcer de manière tranchée, voire dogmatique, pour ou contre le vaccin, il n’est pas moins permis de s’inquiéter d’une campagne vaccinale, où l’incitation pourrait être envahissante, et où l’on ne prend pas beaucoup de recul pour évaluer les données statistiques, scientifiques et éthiques, ni la distance nécessaire pour donner un consentement éclairé. C’est vrai que les médias et les réseaux sociaux nous abreuvent de données tellement contradictoires et souvent si insuffisamment sourcées et argumentées. L’Eglise qui, dans les questions morales et sociales, a toujours su éclairer et former les consciences pour favoriser une prise de décision la plus libre possible, aurait un rôle déterminant à jouer pour aider les fidèles et les citoyens à ne pas céder à la paresse de la réflexion, à la peur et à l’abdication du discernement et du choix. Je plaide pour un retour à une autorité, exercée légitimement par les gouvernants, les scientifiques et les médecins, chacun dans son ordre, qui soit moins « axiologique », frisant l’abus d’autorité, qu’« épistémique », c’est-à-dire qui soit vraiment source de savoir. N’oublions pas que la liberté est essentiellement la faculté de la raison et de la volonté : à ce titre, elle nécessite réflexion et choix libre de toute pression physique ou morale. L’Académie diocésaine pour la vie pourra prendre, dans les prochaines semaines et les prochains mois, des initiatives en ce sens.