Pour une Église synodale: communion, participation et mission

Pour une Église synodale: communion, participation et mission

Éditorial de Mgr Marc Aillet paru dans la revue diocésaine "Notre Église" n° 129 d'octobre 2021

 

Nous allons donc commencer en ce mois d’octobre la démarche synodale diocésaine, souhaitée par le Pape François pour préparer l’Assemblée ordinaire du Synode des évêques convoquée sur le thème : « Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission ».

Les 9 et 10 octobre, le Saint-Père ouvrira cette longue séquence synodale à Rome : la démarche diocésaine qui se déroulera d’octobre 2021 à avril 2022 ; une démarche continentale ; l’Assemblée ordinaire du Synode des évêques qui se tiendra à Rome en octobre 2023.

Il faut bien comprendre le thème : il s’agit d’approfondir la nature de l’Eglise comme « Mystère de communion missionnaire ». Qui dit communion dit unité du Peuple de Dieu tout entier, dans la diversité de ses membres, unité réalisée par l’Esprit Saint que le Christ-Tête communique à tous les membres de son Corps par le sacrement du baptême. L’égale dignité des membres du Peuple de Dieu tient à la grâce du baptême qui nous a tous incorporés au Christ et nous a rendu participants de son Sacerdoce. Les ministres ordonnés, choisis parmi les baptisés, participent en outre au Sacerdoce du Christ d’une manière nouvelle, par le sacrement de l’ordre qui les configure au Christ Tête, Pasteur, Serviteur et Epoux de l’Eglise. A travers les trois charges inséparables qui déclinent leur ministère – l’enseignement, la sanctification et le gouvernement –, ils aident les fidèles laïcs à déployer pleinement la grâce de leur baptême et donc leur participation au Sacerdoce du Christ : offrir leur « personne tout entière en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu » (Rm 12 1), « sans se modeler sur le monde présent » (Rm 12, 2), et qui trouve dans l’Eucharistie sa source et son sommet ; « annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2, 9), en étant « prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous, avec douceur et respect » (1 P 3, 15-16) ; et témoigner d’une vie sainte. Ils travaillent en particulier à former le « sens surnaturel de la foi » des fidèles, sensus fidei qui permet au peuple de Dieu tout entier, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs » d’apporter « aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel. Grâce en effet à ce sens de la foi qui est éveillé et soutenu par l’Esprit de vérité, et sous la conduite du magistère sacré, pourvu qu’il lui obéisse fidèlement, le Peuple de Dieu reçoit non plus une parole humaine, mais véritablement la Parole de Dieu (cf. 1 Th 2, 13), il s’attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes (cf. Jude 3), il y pénètre plus profondément par un jugement droit et la met plus parfaitement en œuvre dans sa vie » (Lumen Gentium n. 12).

Le Synode, qui signifie « marcher ensemble », exprime donc la nature même de l’Eglise-Communion qui marche, dans l’unité de ses membres, vers le Royaume des Cieux, et qui, chemin faisant, annonce l’Evangile du Salut à toute la création. Tous les membres, chacun pour la part d’Esprit Saint qu’il a reçue et dans la diversité de leurs charismes et ministères, sont appelés à participer à l’édification du Corps du Christ et à la mission d’annoncer l’Evangile au monde. La synodalité est structurée par deux pôles : la participation des fidèles et l’exercice de l’autorité des pasteurs. Les pasteurs ont la mission de conduire l’Eglise, mais en écoutant tous les fidèles. Et c’est le sens surnaturel de la foi qui sera sollicité chez les fidèles et non des avis calqués sur les opinions du monde.

C’est pourquoi la démarche synodale commencera par une démarche spirituelle, où l’on se mettra ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu, où l’on témoignera de son désir de conversion par le sacrement de la Réconciliation et où l’on s’exprimera sur le thème retenu à partir du sens surnaturel de la foi et donc en adéquation avec la foi de l’Eglise, sous la conduite du Magistère. Nul doute alors que la consultation des fidèles mettra en lumière des charismes dont l’Eglise est ornée par l’Esprit Saint pour une meilleure participation de tous à la mission présente de l’Eglise qui existe pour évangéliser. C’est dans cet esprit que nous nous mettrons en marche le 17 octobre lors de la messe d’ouverture en la Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne.