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"Pour une Église synodale: communion, participation et mission"

"Pour une Église synodale: communion, participation et mission"

SYNTHÈSE DE LA DÉMARCHE SYNODALE DU DIOCÈSE DE BAYONNE, LESCAR ET OLORON  17 OCTOBRE 2021 - 4 JUIN 2022

La démarche synodale a commencé, comme dans tous les diocèses, le 17 octobre 2021, par une messe solennelle concélébrée en la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne, où l’évêque a rappelé, en reprenant les mots du pape François le 9 octobre, que le Synode n’est ni un parlement ni un sondage d’opinions, mais un moment spirituel qui requiert de se mettre ensemble à l’écoute de l’Esprit Saint : c’est le sens surnaturel de la foi des fidèles qui est convoqué dans cette large consultation du Peuple de Dieu dans toutes ses composantes.

 

Déroulement de la démarche synodale en diocèse

On ne peut pas dire que la démarche ait suscité un grand enthousiasme, sauf peut-être chez une catégorie de fidèles plus âgés et qui avaient déjà participé au synode diocésain, il y a 30 ans. Il faut dire que la démarche a été un peu écrasée par l’actualité (« crise sanitaire », élections présidentielles, guerre russo-ukrainienne…). Il reste que, après une première assemblée diocésaine le 13 novembre 2021, qui a rassemblé 190 participants, en proposant un format-type (lectio divina partagée, groupes de partage bien mélangés sur le questionnaire du synode…), des groupes se sont constitués dans les paroisses, les communautés religieuses, les mouvements et associations de fidèles, des questionnaires individuels ont été adressées largement, et les contributions ont été adressées au Secrétariat diocésain du Synode qui en a fait une première synthèse. L’assemblée synodale conclusive s’est tenue le 4 juin 2022, avec une centaine de participants, selon le format suivant : lectio divina partagée, groupes de partage sur un questionnaire portant sur deux points saillants de la synthèse (la fraternité et l’évangélisation), assemblée générale avec remontées des groupes et alternance entre réactions en petits groupes informels et prises de parole libres, puis conclusion avec la célébration de la Vigile de Pentecôte avec confirmation des adultes du diocèse et envoi en mission du Parcours Cléophas (école diocésaine de formation de disciples missionnaires). Les jeunes étudiants et professionnels ont été difficiles à mobiliser, sauf un peu à l’assemblée diocésaine du 4 juin.

 

Se rencontrer avec bienveillance

Au positif, ce qui ressort de cette démarche, c’est le besoin de se rencontrer et de permettre aux diversités qui se font jour dans le diocèse de s’exprimer. Les mots qui reviennent le plus dans les contributions écrites et les prises de parole lors de l’assemblée conclusive sont : accueil, bienveillance, éviter les jugements. Il semble que l’expérience synodale ait permis des rencontres concrètes entre ces diversités. Même si l’on retrouve encore dans certaines contributions des jugements sévères et excluants sur les sensibilités plus traditionnelles ou liées aux nouvelles réalités ecclésiales… On sent toutefois un plus grand désir de fraternité et de communion.

 

Enfants et jeunes

On porte beaucoup le souci de rejoindre les jeunes pour mieux comprendre leurs attentes, se lamentant de ne plus les voir dans certaines paroisses, mais on peine à comprendre pourquoi ils se retrouvent dans certains lieux qui leur semblent mieux correspondre à leur besoin de spiritualité et de louange, leur recherche de sens du sacré, leur soif d’enseignement, sans exclure une grande appétence pour le service des plus pauvres et l’annonce explicite de l’Évangile. On a conscience toutefois qu’ils se retrouvent plus volontiers dans des temps forts, type JMJ. De même on voudrait qu’une catéchèse soit offerte aux parents, en parallèle de celle qui est aux prodiguée aux enfants du catéchisme. Pour les enfants et les adolescents, on préconise d’introduire davantage la catéchèse au collège et de fonder des patronages… On souligne l’importance de l’initiation à la prière pour les enfants du catéchisme…

 

Importance de la formation

On note en tout cas un désir exprimé de formation, en particulier autour de la Parole de Dieu. Les expériences de lectio divina partagée, lors des assemblées synodales, a été pour beaucoup une révélation positive et suscité un désir de les vivre davantage en paroisse. De même, on préconise de manière générale des temps de catéchèse pour adultes. La teneur de nombreuses contributions sur certains points d’ecclésiologie en particulier (ayant trait au Mystère de l’Église, à la place de chacun, à la gouvernance, à la mission de l’Église…) trahit en effet un certain manque de formation en particulier à l’Ecclésiologie de Communion développée par le Concile Vatican II, dans sa Constitution Lumen Gentium. Pour la formation des futurs prêtres, on souligne l’importance de les ouvrir aux réalités humaines les plus diversifiées…

 

Liturgie et morale

Pour la liturgie, on perçoit un hiatus entre les générations ou les sensibilités : certains demandent avec insistance que l’on dépouille la liturgie de formes jugées trop rituelles et solennelles, jugeant l’adoration eucharistique incompréhensible, appelant à donner aux laïcs la parole à la place de l’homélie du prêtre, insistant sur la convivialité de la liturgie, jusque dans la réorganisation de l’espace liturgique, voire le retour aux absolutions collectives ; quand d’autres demandent que l’on retrouve le sens du sacré, l’importance de l’intériorité et du silence, en particulier avant la messe, le sens de la confession et de la préparation à la communion eucharistique…

Un conflit latent s’exprime aussi autour des questions de morale et de morale sexuelle : on trouve l’Église trop intransigeante en ces matières, on oppose volontiers doctrinal et pastoral, vérité et miséricorde, appelant à repenser la morale sexuelle pour mieux l’adapter aux évolutions du monde ; quand d’autres pensent que l’Église ne doit pas s’aligner sur l’esprit du monde et préconisent que l’Église sorte de sa timidité et soit une force de proposition dans notre société pour promouvoir les familles stables, le mariage, l’accueil de la vie, une politique familiale forte…

 

Mission

Pour la mission, on souhaite que l’Église rejoigne les gens là où ils sont, en trouvant le langage et les gestes qui la rendent proche des gens, en soignant particulièrement l’écoute des personnes et de leur récit de vie. Si l’on insiste sur le témoignage par le service, en particulier par l’attention aux plus pauvres, en lien avec les associations qui en portent le souci, on souligne l’importance de témoigner par l’annonce explicite de l’Évangile. Il y a une conscience missionnaire qui se fait jour chez un nombre croissant de fidèles : on souhaite que l’on parle de Jésus et de Dieu dans les familles et à l’école… On loue le développement des Parcours Alpha, on fait la promotion de l’évangélisation directe, sur les marchés, à la rencontre du tout-venant pour discuter, prier, proposer en respectant la liberté de chacun…

 

Gouvernance

Pour les aspirations concernant la vie de l’Église, s’expriment de manière privilégiée ceux qui remettent en cause plus radicalement le mode de gouvernement dans l’Église : on regrette la minimisation de la place des laïcs dans les fonctionnements tant diocésains que paroissiaux, on reproche aux nouveaux prêtres de faire fuir certains fidèles qui s’insurgent contre un retour en arrière, on s’émeut devant l’éviction supposée des autochtones au profit de fidèles de l’extérieur dans la ligne de l’évêque, on craint la montée des traditionalismes et du cléricalisme ; on propose que les paroisses soient gouvernées par des laïcs, accompagnés par un prêtre, dont le management n’est pas la spécificité, on voudrait des conseils plus décisionnels, un mode de fonctionnement plus démocratique, on insiste sur une plus grande place faite aux femmes dans le gouvernement de l’Église, en particulier à travers l’ordination diaconale et presbytérale. Même si l’on relève aussi, de manière plus nuancée, la nécessité d’une meilleure participation, selon leur formation, leurs compétences et talents, des laïcs, à côté des clercs, pour la construction de la communauté, suggérant de trouver un équilibre entre l’autorité bienveillante du berger et la participation confiante et bienveillante des brebis. D’autres soulignent aussi le risque de confiscation du pouvoir chez certains laïcs en responsabilité.

 

Communication

Un des aspects qui est le plus relevé est celui de la communication intra-paroissiale et intra-diocésaine. Le manque de communication, comme le manque de rencontres entre les diverses composantes du diocèse et les diverses générations (tant entre les prêtres qu’entre les laïcs) pourrait fournir un élément d’explication aux malentendus et aux préjugés tenaces qui persistent entre les uns et les autres, en particulier en matière de gouvernance dans l’Église. On a souligné aussi que pour rejoindre les jeunes générations, on devrait davantage s’appuyer sur réseaux sociaux dont ils sont plus familiers.

 

 

L’Assemblée conclusive du 4 juin 2022, qui s’est déroulée de manière paisible et où la parole libre a été favorisée, a souligné l’importance, moins du fonctionnement que de la mission, en particulier à travers le témoignage des membres du Parcours Cléophas qui ont été envoyés en mission au terme de la célébration eucharistique où une trentaine d’adultes recommençants ont été confirmés. Ces nouveaux confirmés témoignent à eux seuls de la dimension missionnaire de nos communautés paroissiales et aumôneries de grands jeunes lycéens et étudiants. « L’Eglise existe pour évangéliser », comme l’affirmait saint Paul VI dans son exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi.

 

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