Le baptême des petits enfants

Le baptême des petits enfants

Au terme du temps de Noël, la liturgie fête le Baptême du Seigneur, qui vient exprimer la profonde communion entre Dieu et l'humanité. De même, en faisant baptiser leur petit enfant, les parents décident de le confier à un amour grand et profond, bien plus grand que le leur, celui de Dieu. Par l’abbé Philippe Beitia

Avant que de conférer le baptême aux petits enfants, l’Eglise demande qu’il y ait un temps suffisant pour préparer les parents. C’est bien souvent une catéchèse sur le baptême et sur ce à quoi ces derniers s’engagent en faisant baptiser leurs enfants.

 

Le premier temps de la célébration du baptême des tout petits est l’accueil à la porte de l’église. Le célébrant pose des questions à ceux qui présentent l’enfant au baptême : que demandent-ils à l’Eglise ? Sont-ils conscients des responsabilités qu’ils prennent quant à la formation chrétienne de leur enfant ? Sont-ils prêts à les exercer ? Vient ensuite la signation : l’enfant est marqué du signe de la croix par le célébrant, ses parents, ses parrains. L’Eglise de Dieu l’accueille avec joie.

L’enfant est invité par le célébrant à entrer dans l’Eglise-édifice : ce rite annonce le baptême qui le fera entrer dans la communauté-Eglise, qui en fera un membre du Corps mystique du Christ.

Vient ensuite l’écoute de la Parole de Dieu et son commentaire par le célébrant, destinée à  donner une meilleure compréhension du mystère du baptême. Elle se poursuit par une litanie où, par l’intercession des saints, l’assemblée se confie à la bonté du Christ. Les amis de Dieu prennent le nouveau baptisé en charge. Leur prière et leur inspiration leur permettront de partager avec lui ce qu’ils ont vécu de l’évangile et l’inciteront à vivre en disciple du Christ.

Le célébrant dit la prière d’exorcisme et de délivrance. Tout petit d’homme qui naît dans le monde est marqué par le péché originel, par une mystérieuse solidarité avec le mal. Durant sa vie, il sera tenté par les mensonges de ce monde et devra résister à Satan. L’Eglise demande donc pour lui la force du Christ pour qu’il sache, au long de son existence, se convertir et lutter contre tout ce qui dégrade. L’onction avec l’huile sainte ou l’imposition des mains qui suit signifie le don de cette force du Christ, conférée lors du baptême.

Vient ensuite la bénédiction de l’eau. Plusieurs formulaires sont proposés. L’un d’entre eux, de type plus biblique, est l’antique prière romaine, abrégée et unifiée. Elle montre comment des épisodes scripturaires où l’eau est présente annonçaient le baptême : l’eau primordiale sur laquelle planait l’Esprit symbolisait l’eau baptismale où l’Esprit sanctifie ; celle du déluge préfigurait la fin de tout péché et le début de toute justice initiée par le baptême ; celle qui a jailli du côté transpercé du Crucifié est cette source où l’homme, lavé de ses souillures, renaît pour une vie nouvelle.

Les parents et les parrains, au nom de l’enfant, renoncent ensuite au péché, à ce qui conduit au mal, à Satan, l’auteur du péché. L’enfant, devenu un chrétien conscient, sera appelé à faire passer cela dans sa vie. La profession de foi que font aussi, en son nom, ses parents et ses parrains, il devra plus tard non seulement l’apprendre mais aussi savoir l’approfondir pour en témoigner personnellement.

C’est maintenant le moment du baptême proprement dit : l’enfant est lavé du péché originel. En son âme jaillit la vie nouvelle des enfants de Dieu. La Sainte Trinité habite désormais au plus profond de son être et le fait vivre de sa vie. Cette vie ne se déploiera vraiment que s’il l’accueille avec foi. Il lui faudra passer de l’état de baptisé à celui de chrétien.

Le nouveau baptisé est marqué aussitôt du Saint Chrême : il est devenu par le baptême membre du Corps du Christ. Participant à la dignité du Christ, Prêtre, Prophète et Roi, il est appelé à offrir sa vie à Dieu et aux hommes, à témoigner du Christ et à marquer les réalités de l’existence de l’esprit de l’Evangile. Il est ensuite revêtu de blanc, signe qu’il a revêtu le Christ. Ceux qui l’entourent doivent l’aider à garder intacte la dignité de fils de Dieu. Le célébrant remet à la famille un cierge allumé au cierge pascal, symbolisant le Christ : le feu de la vie de Dieu allumé par le baptême dans le cœur de l’enfant devra être alimenté par le bois de la prière, de la parole de Dieu, des sacrements, de la vie chrétienne.

L’assemblée dit ensuite le Notre Père, la prière des chrétiens qui engage à travailler au Règne de Dieu.

Le baptême est suivi de la consécration à la Vierge. Marie veillera sur cet enfant comme une mère sur son fils. Elle lui partagera son amour du Christ et son engagement au service de Jésus.