L'église Saint-Vincent d'Hendaye profanée

Sud-Ouest
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Vendredi 24 avril 2015, l'église Saint-Vincent de la paroisse de Notre-Dame de la Bidassoa - Hendaye Saint-Vincent a été profanée. Retrouvez ci-dessous l'article de Sud-Ouest intitulé Vols à l'église d'Hendaye : « réagir sans peur », publié le mardi 28 avril. crédits : Sud-Ouest

 

Après l’incursion des voleurs, l’abbé Lavigne prévoit une messe de « réparation »

L'église Saint-Vincent a été profanée, vendredi, à Hendaye. L'abbé Jean-Marc Lavigne, curé de la paroisse Notre-Dame de la Bidassoa, aurait préféré rester discret à ce sujet… Mais les réseaux sociaux se sont emparés de l'information. Aussi, Jean-Marc Lavigne a choisi la transparence, afin d'éviter la propagation de rumeurs.

Mais que s'est-il passé réellement ? Le ciboire et les hosties consacrées ont été volés, ainsi que la lunule et l'hostie de l'ostensoir. Sans aucune dégradation ni effraction, la petite porte du tabernacle, fermée par une simple clé de placard, a quant à elle été ouverte.

« Rarissimes »

Une plainte pour « vol » a été déposée, ce lundi, par le curé, au commissariat de Saint-Jean-de-Luz. Les enquêteurs ne privilégient pas la piste religieuse ou politique, aucune inscription anti-catholique n'ayant été retrouvée sur les lieux. « Les vols dans les églises sont rarissimes dans le secteur. C'est la première fois depuis des années qu'une plainte de ce genre est déposée », explique-t-on du côté de la police. Aucun autre acte de malveillance de ce genre n'a été relevé dans le secteur ces derniers mois. Le ou les auteurs du vol n'ont pas encore été arrêtés.

L'abbé raconte sa mésaventure : « Avec les deux autres prêtres, nous avons procédé à une réparation spirituelle discrète, pour pouvoir célébrer les offices du week-end. Mais en raison de cette profanation, et comme le stipule le droit canonique, l'église restera fermée jusqu'à la messe de réparation, qui sera célébrée ce mercredi 29 avril, à 19 heures, suivie de l'adoration eucharistique jusqu'à 21 h 30. »

D'après l'homme d'église, « le lieu doit être, en quelque sorte, désamorcé avant son ouverture aux fidèles ». Pour cela, Jean-Marc Lavigne invite tout un chacun à entrer déjà dans la prière et le jeûne, « en purifiant nos cœurs et nos lèvres de toutes divagations qui pourraient fragiliser le vivre ensemble. Il faut réagir sans peur, sans repli, avec calme et sérénité, en Christ, vainqueur du mal. »

« On touche au sacré »

« Je ne veux pas banaliser l'acte, mais je ne souhaite viser personne, poursuit-il. Toutes les suppositions sont possibles. Nous sommes tous blessés dans nos convictions et portons ensemble cette douleur. On touche au sacré, ce qui est grave, mais aussi à la vie intime de chacun. L'église accueille des baptêmes, des mariages et des obsèques. C'est une atteinte à la vie cultuelle. »

Le maire d'Hendaye, averti de la situation, se montre tout aussi peiné. « Nous sommes touchés, confie Kotte Ecenarro. Par rapport aux pratiquants, c'est offensant. C'est une profanation, dans un bâtiment public à vocation cultuelle. J'ai demandé au curé la valeur des biens volés. Cela peut être estimé aux alentours de 1 000 euros, mais que pouvons-nous faire, à part attendre les résultats de l'enquête ? C'est décevant. Une sensation de viol, au même titre qu'un vol dans un appartement. Je suis solidaire de mon curé. Les communautés religieuses doivent continuer à vivre comme elles l'entendent. Cela touche la société en général. »

Jusqu'à la messe de réparation, le tabernacle restera ouvert, mais les portes de l'église seront fermées. « D'habitude, elle est toujours ouverte, précise l'abbé. J'y tiens beaucoup. Chacun peut venir la visiter ou se recueillir, en passant. » Cette habitude sera reprise mercredi