Notre diocèse resplendit dans l'Eglise par la sainteté de ses prêtres : homélie du cardinal Amato

©Olofi Audiovisuel & Discovery Show
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Bienheureux Louis-Édouard Cestac (1801-1868)

Homélie

Angelo Card. Amato, SDB

 

Ecouter l'homélie du Cardinal Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints

1. Le diocèse de Bayonne resplendit dans l’Église par la sainteté de deux de ses prêtres, saint Michel Garicoïts, fondateur de la Congrégation des Prêtres du Sacré Coeur de Jésus de Bétharram, et le bienheureux Louis-Édouard Cestac, fondateur de la Congrégation des Servantes de Marie de vie apostolique et des Bernardines de vie contemplative. Le cardinal Lavigerie, qui avait connu les deux prêtres, les considérait vraiment saints et dignes d’être proposés comme modèles de vertus sacerdotales et de zèle apostolique.  La célébration d’aujourd’hui est donc un don nouveau de la Providence fait au diocèse de Bayonne mais aussi à la ville, bénéficiaire de nombreuses oeuvres sociales du nouveau Bienheureux.

2. La béatification du Serviteur de Dieu Louis-Édouard Cestac en cette fête de la Très Sainte Trinité manifeste le sens de cet évènement: c’est la grâce de Dieu qui guide ses fils vers la sainteté la plus haute, reconnue comme héroïque par l’Église. La sainteté est donc un évènement d’accueil de la grâce divine dans la foi.

Le Bienheureux Louis-Édouard Cestac a aimé et servi Dieu de tout son coeur et de toutes ses forces. Il avait l’habitude de dire: «Ma foi, voilà mon être».  Ses nombreuses oeuvres jaillissaient de la foi, comme l’arbre des racines. Dieu est son tout.

Écrivant à une religieuse, il l’encourageait en disant: «Allons, ma petite, Dieu seul, Dieu seul».  Et à un prêtre il recommandait : «Tout de Dieu, pour Dieu et avec Dieu». 

Il vivait et agissait en présence de Dieu, demeurant fidèle à sa volonté jusqu’au sacrifice. Pour cela il célébrait la sainte Messe avec ferveur et restait longuement en adoration devant le Saint Sacrement de l’autel. A l’empereur Napoléon III, le Père Cestac révélait le secret de la réussite de son apostolat en disant: «Sire, mon secret est là. C’est Notre Seigneur Jésus Christ, présent dans ce tabernacle et distribué chaque matin dans la sainte communion, qui maintient la paix entre tous ces gens».  

3. Notre Bienhereux aimait Jésus Christ, aimait l’Église, aimait le Pape, vicaire du Christ. Il disait souvent qu’une parole du pape vaut plus que toutes les paroles des hommes. Les témoins concordent à affirmer que l’Eucharistie, la Messe, la Bienheureuse Vierge Marie et les Saints étaient ses grandes dévotions.

Le Père Cestac avait aussi l’ambition de répandre la foi chrétienne dans le monde entier par l’instruction des petits et des grands. Il aspirait à l’unité des chrétiens. Par exemple, il instruisit dans la foi catholique une anglicane, Madame  O’Connor, et entretint aussi une correspondance avec la princesse luthérienne d’Oldenbourg, qu’il avait connue lors d’un séjour à Biarritz. Souffrant de la division des chrétiens, il manifestait le désir de la communion dans l’unique foi et dans l’unique Église catholique, à qui le Christ a confié le dépôt de la foi.

4. Une manifestation de sa profonde foi en Dieu et en sa Providence était l’expression de son visage avec les yeux toujours tournés vers le haut, vers la patrie céleste. Il exprimait cette espérance du paradis en encourageant ses soeurs à pratiquer la fidélité et la charité. Son espérance était un hymne à la miséricorde divine, qui le poussait à aimer, à consoler et à pardonner. Il invitait continuellement à se jeter dans le sein maternel de Dieu, réfuge de grâce et de pardon.

Il faisait le bien avec les mains vides de biens matériels mais avec le coeur rempli de confiance en Dieu et en la Bienheureuse Vierge Marie. Espérant de toutes ses forces, il a oeuvré beaucoup, tout en ne possédant rien.

5. Pendant toute sa vie le Seigneur le soutint par sa divine charité, le poussant à aimer la croix, à fuir le péché, à avoir du zèle pour les âmes. Son apostolat en faveur de prostituées commença quand il assista au spectacle pitoyable de la mort d’une jeune fille de vingt ans. Devant son cadavre, notre Bienheureux promit au Seigneur de travailler chaque jour pour préserver les jeunes innocentes et récupérer celles qui étaient perdues. 

Sa charité le portait à instruire les jeunes filles pauvres et les enfants de la campagnes, à donner un toît aux orphélines, à offrir une formation morale sérieuse aux adolescentes en péril. La charité était sa devise et son instrument principal pour sauver les âmes et les conduire vers le bien.

Tout le monde savait qu’il était généreux dans ses offrandes. Il donnait chaque jour une soupe chaude aux pauvres et distribuait des vêtements à ceux qui en avaient besoin. Il avait fondé une “bourse des pauvres”, dans laquelle il mettait l’argent destiné aux aumônes. Il ne voulait pas qu’on la compte et, providentiellement, la bourse ne s’épuisait jamais.  Il aurait voulu accueillir dans sa maison de Notre-Dame du Refuge tous les pauvres rejetés par la société, y compris les lépreux.

Paradoxalement, la pauvreté devenait sa richesse. Il économisait sur tout pour pouvoir être généreux avec tous. Par amour des pauvres, des petits, des humbles, il envoyait ses religieuses dans les campagnes et dans les périphéries des villes, pour offrir uine aide matérielle et spirituelle. Les Servantes de Marie étaient instruites par lui à manifester la charité envers les pauvres dans toutes les directions, même dans les hospices d’aliénés. Il était animé d’un véritable charisme de la charité.

Il accompagnait son amour pour les pauvres par une vie personnelle de pauvreté, par une attitude de pleine dépendance envers la divine Providence et de partage total avec ceux qui étaient dans le besoin. Quand il était vicaire de la cathédrale il se dépouilla de son patrimoine pour secourir un prêtre malheureux. De ce qu’il gagnait, il gardait une partie pour subvenir à ses besoins, le reste était pour les pauvres. Un jour d’hiver, un pauvre mal habillé se présenta à lui. Notre Bienheureux lui fit un paquet avec des vêtements neufs et le couvrit de son manteau de laine.

Il fuyait les éloges et rapportait tout à Dieu et à la bienheureuse Vierge Marie. Il rappelait souvent à ses soeurs la parole de Marie: «Faites tout pour moi et je ferai tout pour vous ». 

6. Le Bienheureux Cestac offre aujourd’hui trois enseignements à notre méditation. D’abord, il nous invite à avoir foi en Dieu et en sa divine Providence, présente dans l’histoire de l’humanité et de l’Église et surtout dans les circonstances de notre vie familiale et personnelle. Nous sommes fils de Dieu, qui nous aime, nous guide, nous pardonne. Remercions le quotidiennement par la prière du Notre Père.

En second lieu, le Bienheureux Cestac nous invite à nous tourner vers notre prochain nécessiteux et exclu, à être accueillant, généreux et miséricordieux.

Enfin, tant à nous qu’à ses Servantes de Marie, il recommande vivement de tendre à la sainteté, but ultime de la vie chrétienne. C’est la sainteté quotidienne faite de fidélité, de travail, d’absence de péché, de correspondance à la grâce, de réception fréquente des sacrements et surtout de communion avec Jésus.

Par nous mêmes nous ne pouvons pas faire beaucoup, mais avec l’aide du Seigneur, avec la protection de la Vierge Marie et avec notre correspondance à la grâce, nous pouvons nous aussi gravir la montagne de la sainteté.

Bienheureux Louis-Édouard Cestac, priez pour nous.  

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