Journée des catéchistes : fête et formation sur thème de l'Initiation Chrétienne

Journée des catéchistes : fête et formation sur thème de l'Initiation Chrétienne

A l’appel de Monseigneur Marc Aillet et du Service diocésain de la Catéchèse du diocèse, 300 catéchistes et animateurs en aumônerie se sont retrouvés jeudi 1er octobre à Salies-de-Béarn, pour une journée de fête et de formation sur le thème : les sacrements de l’Initiation Chrétienne.

La rencontre a commencé par un temps convivial d’accueil où il était offert à chacun « une pochette surprise » contenant des revues, des magazines, des revues et infos diverses pour le catéchiste d’aujourd’hui.
Après la prière des Laudes, Monseigneur Aillet a accueilli par un mot de bienvenue tous les catéchistes présents et a présenté Monseigneur Roland Minnerath, archevêque de Dijon et intervenant principal de cette journée pour nous parler des sacrements de l’Initiation Chrétienne en général et de la place du sacrement de confirmation en particulier.
En effet, dans des orientations pastorales publiées à la Pentecôte 2014, Mgr Roland Minnerath a proposé de conférer aux enfants la confirmation en début de CM1/CM2, juste avant la première communion. Il s’en explique.

Vous proposez de donner le sacrement de confirmation dès le CM1/CM2 et avant la première communion. Pourquoi ?

Mon idée, c’est de retrouver ce qui était la règle il y a environ un siècle, et qui se fait toujours dans les Églises d’Orient. Il s’agit de retrouver le lien entre le baptême, la confirmation et la première communion. Saint Pie X a encouragé la communion des enfants. Mais, en pratique, la baisse de l’âge des premières communions a été accompagnée d’une augmentation de l’âge de la confirmation, donnée de plus en plus systématiquement après la première communion. En 1931, la Congrégation des rites rappelait que la confirmation était normalement donnée avant la première communion, et après la première communion à titre exceptionnel. Or, depuis, l’exception est devenue la règle, avec aujourd’hui un nombre d’enfants toujours plus réduit qui demandent la confirmation. Songez que seuls 5 % des baptisés sont confirmés !

Comment expliquez-vous cette évolution ?

On a eu progressivement tendance à considérer qu’il fallait que l’enfant ait une maturité et une conscience suffisantes pour être confirmé. Or, ce n’est pas l’enfant qui se confirme. L’auteur du sacrement est l’Esprit Saint ! Par ailleurs, un enfant peut avoir une expérience spirituelle très forte et il est parfaitement capable de s’approcher du mystère.

Concrètement, que suggérez-vous ?

Ma proposition consiste à conférer le sacrement de confirmation juste avant celui de la première communion, et sur une même année, en CM1/CM2. La confirmation aurait lieu dans un premier temps, la première communion à la fin de l’année. Les enfants bénéficieraient ainsi très tôt de l’effet des trois sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, confirmation et eucharistie. Ils auraient ainsi plus de moyens pour affronter la vie et faire fructifier ce qu’ils ont reçu. On proposerait également une formation complète durant les années qui suivent, destinée à découvrir toujours plus profondément ce que signifie être disciple du Christ. Autant d’évolutions qui sont assez faciles à mettre en place.

Comment votre proposition a-t-elle été accueillie ?

Vous imaginez bien que cette décision n’est pas tombée du Ciel ! C’est un travail de longue haleine, collectif et de plusieurs années, pensé et mûri. Ce que je constate, c’est un très bon accueil, au niveau du diocèse, j’ai de nombreux échos très positifs. J’ai également eu l’occasion d’évoquer ce sujet auprès de la Conférence des évêques. On est mal à l’aise avec la pratique actuelle, mais il y a une forte inertie. Ce n’est pas évident de secouer les habitudes ! Pourtant, c’est une pratique qui a cours dans d’autre pays ou diocèses. Je suis convaincu que ce que je propose peut redynamiser la confirmation, qui en a grand besoin, et créer un intérêt renouvelé pour ce sacrement.

 

Après une belle messe concélébrée par près de 50 prêtres, les catéchistes ont été bénis et envoyés en mission par Mgr Marc Aillet.
Vint ensuite le moment du déjeuner où chacun put goûter aux délices gastronomiques préparés par les catéchistes de tout le diocèse et partager ses réactions et son expérience dans la préparation aux sacrements des enfants et des jeunes qu’ils accompagnent.

L’après-midi, il était proposé aux catéchistes de choisir parmi 3 ateliers pour les 3 sacrements de l’initiation chrétienne où les catéchistes pouvaient rentrer un peu plus en détails dans chacun de ces 3 sacrements et questionner l’intervenant sur des questions doctrinales ou pastorales :


- Le sacrement du baptême animé par monsieur l’abbé François Bisch (écouter la conférence ci-dessous)


- Le sacrement de confirmation animé par Mgr Roland Minnerath (voir la pièce-jointe en bas de l'article)


- Le sacrement de l’Eucharistie animé par monsieur l’abbé Jean-Bernard Hayet (écouter la conférence ci-dessous ou télécharger la pièce-jointe en bas de l'article)

 

A la fin de la journée, nous nous sommes tous retrouvés dans l’église Saint-Vincent pour un temps de conclusion par Mgr Minnerath :


« L’enjeu est de taille. Comment ne pas s’interroger sur les réformes nécessaires quand seul un pourcentage infime des baptisés reçoit le deuxième sacrement de l’initiation chrétienne ? Comment rester insensible au fait que si peu de personnes demandent ce sacrement, qui pourtant communique « une force spéciale de l’Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action » (LG 11), « la puissance de confesser la foi du Christ publiquement » (saint Thomas d’Aquin) ?


« Avons-nous vraiment le souci que nos enfants, nos jeunes, reçoivent la confirmation ?, demandait le pape François lors de l’audience générale du 29 janvier 2014 consacrée à ce sacrement. Si vous avez chez vous des enfants, des jeunes, qui ne l’ont pas encore reçue et qui ont l’âge pour la recevoir, faites tout votre possible pour qu’ils mènent à bien l’initiation chrétienne et reçoivent la force du Saint-Esprit. C’est important ! » »

Lors de la prière finale, nous avons remis ces réflexions entre les mains du Seigneur.