Le 31 janvier, Mgr Aillet avait convié, à l’Immaculée Conception de Pau, les fiancés du diocèse se préparant à recevoir le sacrement du mariage. Une journée organisée par la Pastorale de la Famille pour la 3e année consécutive et qui a réuni pas moins de 94 couples de fiancés et 24 couples-parrains venus les accompagner pendant toute cette rencontre.
Certes la journée fut pluvieuse, mais les cœurs rayonnants ! Aucun couple n’imaginait passer une journée avec autant de participants. Se retrouver à 240 personnes dans la Rotonde de l’Immaculée Conception aura certainement facilité les premières prises de contacts.
Tous se sont ensuite dirigés vers l’auditorium pour une matinée qui en aura certainement surpris plus d’un. Oratoire avec un majestueux Christ en croix et Marie priante, scénographie très pro, Claire et Rachel à la louange… tout était là pour donner une vision de l’Église en marge de certains poncifs ! Exit l’image « poussière et bricolage » !
Après un rapide mot d’accueil par Mgr Aillet invitant chacun à « ouvrir les oreilles de votre cœur pour entendre cette Bonne Nouvelle du mariage et qu’elle soit capable de toucher votre cœur et changer votre vie », Caroline et Édouard Bresson, responsables de la Pastorale Familiale, prennent le micro.
Après une présentation du programme de la journée et non sans rappeler que plusieurs communautés religieuses [1] prient dans le même temps pour tous les couples présents, ils rappellent le sens de cette journée : découvrir (ou redécouvrir) la foi chrétienne, laquelle beaucoup plus que des valeurs, est une rencontre vivante avec le Christ Jésus. Une journée présentée comme complémentaire de la préparation faite en paroisses, une journée d’expérimentation de la foi chrétienne. « La foi chrétienne c’est un chemin. C’est un chemin de bonheur pour nos couples, c’est un chemin de bénédiction pour nos familles, pour nos enfants, un chemin où notre amour peut grandir, s’approfondir grâce à Dieu malgré les inévitables épreuves de la vie. »
Et de rentrer dans le vif du sujet : La Bonne Nouvelle du Mariage… « La vocation du couple c’est ce bonheur immense » partage alors Caroline comme première réalité du mariage, même si comme le précise Edouard, la seconde réalité est qu’aujourd’hui un mariage civil sur deux se solde par un divorce. « Mais pourquoi une réalité aussi dramatique ? Comment faire pour que mon couple échappe à cette terrible statistique ? Ce beau programme se fracasse contre nos incapacités. Notre incapacité à aimer comme Dieu nous aime, à cause de notre égoïsme, nos jalousies, notre orgueil, à cause aussi de nos blessures, ce que l’on porte involontairement. Il y a aussi notre société éloignée de Dieu qui cherche à nous détourner de ce beau projet. Et tout ce qui vient pourrir notre vie quotidienne ; ces petits manquements, ces exaspérations à l’encontre de l’autre, ces petites voix intérieures qui râlent, qui critiquent, l’accumulation de silences et de rancœurs qui rendent si difficile les pardons que l’on arrive plus à s’échanger ou les mercis envers l’autre que l’on n’exprime plus. Tout cela finit tôt ou tard par ronger notre amour mutuel. » Le décor est planté !
Mais alors ? Caroline vient – heureusement ! – poser l’essentiel : « Le trésor que l’Église propose : Jésus par le don de sa vie, de son amour, nous permet de réaliser ce à quoi nous aspirons, ce pour quoi nous sommes créés : nous aimer comme Dieu nous aime, rechercher l’harmonie conjugale, nous donner l’un à l’autre dans une intention mutuelle, nous pardonner et ainsi restaurer notre amour au quotidien, continuer à avancer ensemble quelles que soient nos difficultés. C’est ce que vous demandez en vous mariant à l’Église. »
L’attention des couples présents est palpable. Et elle le sera d’ailleurs toute la journée, ce qui est d’autant plus touchant qu’un certain nombre des fiancés présents est éloigné de la foi. Le mariage à l’église ? Une évidence pour le conjoint qui lui a reçu les sacrements… dans sa jeunesse ; un usage culturel ; une évidence… timide malgré tout. Ce n’est bien sûr pas le cas de tous mais tout de même.
Mais si la théorie est intéressante, les témoignages qui vont alors suivre sont explicites ! 3 couples, 3 parcours de vies, 3 histoires totalement différentes mais un point commun : le Christ est présent dans leur couple.
Des témoignages personnels, intimes même dont il ne saurait ici être question de les partager dans leur intégralité.
Le premier couple qui se présente est marié depuis 20 ans, 4 enfants… Deux personnalités différentes, deux chemins de foi différents, des doutes, des questionnements, une même quête chacun de leur côté… et Dieu qui prend pour l’un comme pour l’autre des chemins bien spécifiques « sur-mesure » et qui va leur permettre de se rejoindre pour un projet commun à son service et les amener à changer de vie en deux mois ! Et de conclure ainsi chacun « Nous vivons une aventure familiale extraordinaire, qui nous correspond pleinement. […] Nous sommes à notre place ». « Je suis passé de la vision d’un Dieu écrasant, paralysant à un Dieu proche de mes préoccupations, ce qui donne une autre dimension à mon quotidien. […] Avoir mis Dieu au centre de mon existence et l’y remettre à chaque fois que je m’en éloigne à donner à la vie un caractère plus intense plus joyeux, plus aventureux, plus serein aussi. »
Le second couple nous livre deux parcours heurtés, une rencontre dans le cadre professionnel, des interrogations, des craintes et Jésus qui va les accompagner l’un et l’autre pour leur permettre de former le couple qu’ils sont aujourd’hui et qui leur permet de fêter leurs 6 ans de mariage et 3 enfants. Un parcours certainement pas linéaire pendant lequel ils se sont accordé des temps de réflexion, des temps de retraites et d’accompagnements spirituels pendant lesquels ils reçoivent ces 3 clés : « Consacrez une soirée par semaine exclusivement au couple », « Vivez une retraite de couple chaque année », « Célébrez vos anniversaires de mariage et vous rappelez régulièrement votre oui ».
Mariés depuis 46 ans avec 7 enfants et 17 petits-enfants (le 18ème est en cours !), le troisième couple ne laisse à priori rien voir du parcours qu’ils auront traversé jusqu’à ce qu’ils se livrent avec une sincérité et une humilité bouleversante… Un chemin compliqué pour le moins, des drames, des blessures, de la souffrance, beaucoup de souffrance… et l’Amour du Christ qui, par son soutien inconditionnel, va les mener vers le pardon et la rédemption, vers une nouvelle harmonie de couple où la prière conjugale quotidienne continue chaque jour d’affermir leur union. « Nous expérimentons très fortement que sans la prière conjugale, la prière à deux avec Jésus, sans Jésus qui nous sauve concrètement chaque jour, nous sommes en danger. Avec Lui tout est possible et sans Lui nous sommes perdus. » « Je réalise que sans nos difficultés je n’aurais certainement pas fait ce retour vers Dieu. Nos blessures nous rendent dépendants de Dieu. Il est notre roc sur lequel nous nous appuyons encore et toujours. Je suis persuadée que nous sommes chemin de sainteté l’un pour l’autre. Merci Seigneur d’avoir mis [mon mari] sur ma route ».
Une pause est indispensable ! C’est d’ailleurs ce que prévoit le programme ; une pause entre fiancés avec les couples-parrains… pour digérer, échanger autour de ce qui a été dit et partager sa propre expérience. Un temps également pour pouvoir poser les questions qui seront ensuite abordées lors de la table-ronde de l’après-midi.
Force est de constater qu’ils ont bien compris le principe ! Pas de sujets tabous, toutes les questions sont les bienvenues ! Mgr Marc Aillet, le Père Michel, Chanoine Régulier de la Mère de Dieu, et Cyril et Géraldine vont ainsi pendant plus d’une heure se livrer à l’exercice ! 17 sujets seront ainsi abordés jusqu’à ce qu’une coupure électrique paloise vienne mettre un terme à cet échange.
La première question « Le nombre de divorces est-il le même dans les mariages religieux et les mariages civils ? » permet à Mgr Aillet de rappeler quelques ratios :
- 1 divorce sur 2 mariages civils
- 1 divorce sur 3 à 5 religieux (où le mariage religieux est une formalité)
- 1 divorce sur 50 mariages sacramentels vraiment préparés dans une démarche de foi mais sans être réellement suivi d’une pratique sacramentelle
- 1 divorce sur 1300 mariages sacramentels, lesquels étant vraiment vécus dans la foi et suivis d’une vraie vie de foi, où le Seigneur a vraiment une place dans la vie du couple.
Il sera ensuite question de légitimité et maturité, de la perception de Dieu et du destin, des différences de pratiques religieuses qui ne sont pas forcément partagées, de la place du Seigneur au sein du couple, de « hiérarchisation » de l’amour… conjoint, enfant, Dieu…, des options entre postures sociétales et foi, de sexualité, du pardon bien sûr, mais aussi de mission, de transmission, d’annonce.
Et de terminer sur un dernier conseil offert par le père Michel : « Si vous tenez à ce que votre couple dure, investissez 6 secondes par jour ! Tous les jours ensemble, vous dites « Jésus, je te confie mon couple ». »
La journée tire à sa fin. Les partages ont été riches, les questions précises et les réponses tout autant. Tout le monde se retrouve alors dans la chapelle de l’Immaculée Conception où Mgr Aillet proclame l’évangile de Luc et plus précisément le texte des Noces de Cana à une assistance studieuse, avant de l’éclairer par une courte homélie permettant à chacun de faire le lien entre Parole et réalité de vie. Puis vient le temps de la bénédiction. 5 prêtres et un diacre rejoignent alors Mgr Aillet pour permettre à chaque couple de fiancés de recevoir la bénédiction. Les regards sont timides, enjoués, émerveillés, certains sont debout, d’autres agenouillés, chacun vient avec ce qu’il est mais reçoit ce même Amour. Plusieurs s’en retourneront avec les yeux… humides !
Il semblerait bien que les cœurs étaient suffisamment ouverts « pour entendre cette Bonne Nouvelle du mariage et qu’elle soit capable de toucher votre cœur et changer votre vie » tel que les invitait Mgr Aillet en introduction de cette journée.
Que chacun de ces couples de fiancés soient portés par nos prières pour ce chemin qui s’ouvre devant eux.
[1] Les Franciscaines Missionnaires de Marie à Cambo, les Moniales de l’abbaye Saint-Eustase à Eyres-Moncube et les Membres de la Communautés des Béatitudes de Nay
