Bayonne, le 9 mars 2026
Aux diocésains de Bayonne, Lescar et Oloron
Objet : Urgence prière
Chers diocésains,
L’actualité en France et dans le monde nous invite très particulièrement à la prière.
- La guerre en Iran et au Moyen Orient
La guerre qui embrase depuis quelques jours le Moyen Orient ne laisse pas de nous inquiéter, avec le risque d’une extension mondiale du conflit. Alors que le peuple iranien réclamait à juste titre d’être respecté dans ses droits fondamentaux, des milliers de civils assassinés dans la rue par la république islamique d’Iran ; la menace de destruction de l’Etat d’Israël par l’Iran ; le déplacement forcé de populations entières du sud Liban et le risque qui pèse sur les libanais de la banlieue sud de Beyrouth sous les bombardements d’Israël, en représailles des agressions de l’organisation terroriste du Hezbollah, comme la vie de tant d’autres innocents qui sont toujours les victimes de toutes les guerres, ne peuvent nous laisser indifférents.
A défaut de pouvoir intervenir d’aucune manière dans ces conflits qui nous dépassent, notre seule arme, c’est la prière, comme nous y invite avec insistance le pape Léon XIV, depuis le début de ce conflit meurtrier : « Des nouvelles profondément inquiétantes continuent d’arriver d’Iran et de tout le Moyen-Orient. Aux épisodes de violence et de dévastation, au climat généralisé de haine et de peur, s’ajoute la crainte que le conflit ne s’étende et que d’autres pays de la région, parmi lesquels le cher Liban, ne sombrent à nouveau dans l’instabilité. Nous élevons notre humble prière vers le Seigneur, afin que cesse le bruit des bombes, que les armes se taisent et qu’un espace de dialogue s’ouvre, dans lequel la voix des peuples puisse se faire entendre. Je confie cette supplication à Marie, Reine de la Paix : qu’elle intercède pour ceux qui souffrent à cause de la guerre et qu’elle accompagne les cœurs sur les chemins de la réconciliation et de l’espérance » (Angelus du 8 mars 2026).
Je vous invite donc à prier une neuvaine à sainte Marie de Jésus crucifié, notre petite carmélite de Pau, dont les origines palestiniennes – elle était née en Galilée – et la mort à Bethléem, au cours des travaux du Carmel qu’elle y a fondé, lui ont valu d’être proclamée par le pape François, qui l’a canonisée le 17 mai 2015, « Patronne de la paix en Terre Sainte et au Moyen Orient ».
Je vous propose de faire cette neuvaine du 10 au 19 mars, pour la conclure en la solennité de saint Joseph (Voir neuvaine en pièce jointe).
On se rappellera aussi que la récitation de l’Angelus le midi est historiquement dédiée à la paix en Terre Sainte.
- La proposition de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté
La proposition de loi sur « l’aide à mourir », qui ne dit pas son nom, a été adoptée en seconde lecture par l’Assemblée nationale. C’est une mauvaise nouvelle pour l’avenir de notre civilisation où l’interdit « Tu ne tueras pas » est la garantie de l’amitié sociale, qui est l’objet même de la loi. La bonne nouvelle, c’est qu’il est manifeste que le nombre de députés favorables à cette loi, qui constitue une véritable rupture anthropologique, diminue au fur et à mesure des débats : preuve que la mobilisation des Eglises et des confessions religieuses, en particulier de l’Eglise catholique à travers la voix de ses évêques, des associations de soignants ou d’accompagnement des personnes handicapées ou malades et personnes âgées en fin de vie, finit par provoquer, non seulement dans l’opinion publique, mais chez les élus, un sursaut de conscience. C’est la raison pour laquelle sans doute, les partisans de cette proposition de loi cherchent à accélérer l’agenda.
Rien n’est donc perdu : il faut continuer à sensibiliser les sénateurs et les députés et ne pas hésiter à montrer l’extrême gravité d’une telle loi qui légaliserait l’euthanasie et le suicide assisté dans des proportions plus permissives que dans aucun pays où la ligne rouge a déjà été franchie.
Il faut sortir de l’ambiguïté entretenue par les partisans de l’euthanasie, et largement relayée par les médias, selon laquelle il n’y aurait pas d’autre alternative à la souffrance que la « mise à mort » de celui qui souffre, comme si donner la mort était un soin. Personne en effet ne veut souffrir. Mais il existe une alternative : ce sont les soins palliatifs qui ont fait d’énormes progrès et qui sont garantis par des lois qui ne sont toujours pas appliqués : dans une vingtaine de départements, le droit de tous à accéder aux soins palliatifs n’est toujours pas honoré.
Comment un grand nombre de députés, au nom d’une logique d’intérêt et de parti, ne se sont pas laissés convaincre par le plaidoyer remarquable de M. Philippe Juvin, lui-même médecin, dernier orateur à prendre la parole avant le vote solennel des députés ? Mgr Michel Aupetit, lui-même médecin, a posté sur son compte X, sans concession mais de manière ô combien réaliste : « Ces messieurs qui votent des lois qui obligent les soignants à donner la mort au lieu de servir la vie, devraient eux-mêmes venir pousser la seringue et accomplir le sale boulot, s’ils étaient courageux. Les politiques auraient-ils peur de se salir les mains ? ».
Sans porter de jugement sur les personnes, faut-il que la conscience de nombreux élus soit aveuglée, en particulier sous la pression acharnée de lobbies idéologiques, pour être aussi insensibles à la détresse de tous ceux qui deviendraient ainsi éligibles à la loi ? C’est à se demander si leur liberté de conscience est encore respectée, comme celle des médecins et des instituts de santé qui se verront condamnés pour « délit d’entrave », simplement pour motif de conscience.
Comme Mgr Michel Aupetit, qui partage aujourd’hui la vie de personnes vulnérables dans un Village St-Joseph, nous le disait, lors de la retraite sacerdotale du diocèse, qu’il a prêchée la semaine dernière : « Le refus de la vulnérabilité fait le lit de la barbarie. Au contraire, l’accueil de la vulnérabilité fait le lit de l’humanité ». Seul cet accueil rend à l’homme blessé sa véritable dignité.
Comme cela a déjà été proposé depuis le début du mois de mars, ce mois étant consacré à saint Joseph, patron de la bonne mort et invoqué comme « terreur des démons », je vous propose de dire chaque jour de ce mois de mars, consacré à saint Joseph, la prière de Saint François de Sales.
Confiant que vous saisirez l’urgence de la prière en ces circonstances, suppliant un Dieu qui est toujours prompt à venir au secours de son peuple, comme aux jours de l’Exode où il se manifestait ainsi à Moïse : « J’ai vu, oui j’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu ses cris… Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer… » (Ex 3, 7-8), je vous assure de mes sentiments dévoués et fraternels et de ma prière avec vous.
+Marc Aillet
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Fait à Bayonne, le 9 mars 2026
