Le 18 février 2026, avec le Mercredi des Cendres, nous entrons dans la période du Carême pendant 40 jours, jusqu’à la fête de Pâques.
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Quel est le sens de l’imposition des Cendres ?
Le rite de l’imposition des cendres donne son nom au Mercredi des Cendres, premier des quarante jours du temps liturgique du Carême.
Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Gn 2, 16-17). À un certain moment Adam et Ève n’ont plus eu foi dans cette parole. Ils ont écouté le propos du Tentateur et ils ont accordé du crédit à ce qu’il venait de dire. En mangeant le fruit interdit, ils ont rejeté Dieu et se sont donc séparés de leur Créateur.
LA POUSSIÈRE
Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » (Gn 3, 9-10). La première conséquence du péché, c’est la peur, qui ne vient pas de Dieu. Et la conséquence ultime du péché, c’est la mort (Rm 6, 23). Dieu le rappelle à l’homme : « Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. » (Gn 3, 19)
La parole qui accompagne le rite liturgique que nous célébrons a donc été adressée par Dieu à Adam et avant d’arriver jusqu’à nous, elle a été reprise par Abraham, notre père dans la foi, lors de l’un de ses dialogues avec Dieu : « J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre. » (Gn 18, 27)
LE CHRIST NOUS REJOINT
À la plénitude des temps (Ga 4, 4), lorsque le Fils de Dieu se fait homme parmi les hommes, en tout semblable aux hommes à l’exception du péché, Dieu son Père l’a pour nous identifié au péché (2 Co 5, 21) afin qu’il connaisse notre mort pour que nous-mêmes puissions avoir part avec lui à sa résurrection d’entre les morts. Tel est de mystère de la foi, telle est la Pâque du Seigneur, tel est notre Salut. C’est ainsi que nous célébrons le rite de l’imposition des cendres.
LES CENDRES : MOMENT ET ENDROIT
Ce rite est accompli à un moment très précis de la Messe, presque (mais pas tout à fait) à la fin de la liturgie de la Parole, c’est-à-dire après l’homélie et donc avant la prière des fidèles.
Par l’écoute de la Parole de Dieu, nous pouvons ensuite nous adresser à Dieu en tant que corps du Christ, ce que nous faisons avec les intentions de la prière des fidèles qui n’est pas seulement notre prière à nous, mais la prière de toute l’Église. Le moment où est accompli le rite de l’imposition des cendres est important.
C’est peut-être à ce moment précis que nous avons été baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, puis que nous avons été confirmés. C’est aussi à ce moment-là que les époux échangent leurs consentements, que les religieux et les religieuses prononcent leurs vœux, que les diacres, les prêtres et les évêques sont ordonnés. Autant de moments uniques d’une existence humaine quand elle devient communion avec celui qui est le chemin, la vérité et la vie. (Jn 14, 6).
Avec l’imposition des cendres, le Christ nous rejoint donc au cœur de chacun de nos péchés dans le concret de notre existence pour nous faire passer avec lui de notre mort à sa Vie.
GESTE
Pour accomplir le rite, le célébrant impose les cendres sur le front de chaque fidèle en lui disant : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière »
Nous sommes d’abord renvoyés à notre nature humaine : le front protège notre cerveau et notre cerveau a besoin d’être sauvé par la Christ pour qu’il contribue à ce que nous puissions faire en toute liberté le choix de Dieu.
Le Seigneur nous invite ensuite à faire mémoire de notre origine de disciple du Christ : « Reçois sur ton front la croix du Christ. Il te marque lui-même du signe de son amour » est-il dit aux catéchumènes lors de la première étape de leur marche vers le baptême.
Au jour du baptême d’un petit enfant, le célébrant commence par lui dire : « La communauté chrétienne t’accueille avec joie. En son nom, je te marque [sur le front] de la croix, le signe du Christ, notre Seigneur. »
Lors de notre baptême, notre front a été marqué du signe de la croix, mais il a aussi été oint par le célébrant qui a prononcé cette parole : « Dieu te marque de l’huile du salut afin que tu demeures dans le Christ pour la vie éternelle. » Cette onction baptismale annonce l’onction de la confirmation.
SIGNE DE LA CROIX
L’imposition des cendres sur notre front redonne enfin tout son contenu au signe de la croix, que chaque jour nous traçons sur notre front, notre cœur et nos épaules en disant : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen ». Faire le signe de la croix, c’est se présenter devant Dieu tel que nous sommes : faibles, limités, pécheurs.
Faire le signe de la croix, c’est confesser l’amour de Dieu pour nous, l’amour de Dieu qui plus fort que notre péché et plus fort que notre mort.
Faire le signe de la croix, c’est ouvrir notre cœur à la transformation par l’amour de Dieu de tout ce que nous sommes pour que nous devenions de véritables enfants de Dieu.
C’est pourquoi en imposant les cendres, le célébrant trace sur nous le signe de la croix. Nous-mêmes, en réponse à ce geste, il nous faut faire comme Abraham disant à Dieu : « J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre. » (Gn 18, 27). Puis rendre grâce à Dieu pour l’amour qu’il nous manifeste dans son Fils Jésus Christ. Et laisser son amour nous emporter avec Jésus dans la lumière de sa Pâque. Puisse la parole et le geste de l’imposition des cendres porter en nous un premier fruit de conversion en ce temps de grâce du Carême.
Article de M. l’abbé Régis-Marie de la Teyssonnière paru dans Notre Église n° 177 (février 2026)






